Résonances

Je t’écris parce que tu ne veux plus me parler. Je n’ai plus le choix, je n’existe plus nulle part. Pas même dans tes pensées. Tu as effacé nos archives de conversation sur Instagram. C’est la fin.

Je suis tombé en amour avec toi, à coup de doigts qui glissent sur mon écran de cellulaire. J’ai magasiné mon amour pour toi et comme ça, dans le feu de l’action où ma rétine défonçait la porte de mon écran de téléphone intelligent, aucune limite – pas même celles du virtuel ne pouvaient m’arrêter, je suis tombé de haut. Comme un saut en parachute copy paste sur les ailes d’un albatros. L’atterrissage parfait.

J’ai dépensé mon super like sur toi, mon premier envol, comme une colombe lancée dans les airs d’un mariage à la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours. Ce premier cri, joué sur les mêmes notes qu’une chorégraphie de ballerine, je l’ai offert au monde entier, refoulant les limites du raisonnable, dépassant le mercure en rétrograde et en jouissant de recevoir un match parfait avec toi. Enfin, ma belle et douce danseuse, tu viendrais faire glisser le bout de tes pointes la nuit entre deux aurores boréales sur mon plancher de bois déteint craquant sur Beaubien.

Je me suis caché sous ma douillette pour te texter, le visage éclairé par la lumière agressante du logo de Tinder. Un feu allumé, comme celui que tu allais braiser au creux de mon ventre avec tes lèvres, tes hanches et ta bouche en cœur. Enseveli sous la couette, j’ai terminé ma course avec mon propre plaisir, tellement tes mots résonnaient en prose. Je te lisais à voix haute, belle poétesse qui enroulait mes sens et mes délires.

J’étais à vif, une plaie immortelle que tu grattais à distance, tes talons faisant raisonner mon impuissance face à toi. La nuit voulait m’arracher à toi, mais la rapidité de mon flot de débit de parole me retenait de m’endormir à même le téléphone portant. Je t’ai aimé tout de suite, sans fractions, sans arrêt, sans même hésiter une seule seconde. Je savais qui tu étais, je te reconnaissais. Et je t’attendais. Depuis toujours.

On a quitté notre nid Tinder pour aller s’enfouir plus loin dans les horreurs des DMs d’Instagram où l’attente interminable de l’acceptation de mon message privé pesait lourdement sur ma conscience milléniaire. 4-5 likes plus tard de tes becs lancés aux inconnus et moues provocantes en attendant ton fameux comeback d’un réseau à un autre, j’ai eu le temps de m’abandonner à l’imagination de ton corps sur le mien. Comme une anguille glissante et grisante sur nos peaux satinées.

T’inviter chez moi n’aura pris que quelques aléas plus tard, composés sur la musique de ton corps que je voyais en trance, suspendu au-dessus de mon lit à t’imaginer belle comme le jour et fraîche comme une tulipe en plein mois de mai. Ton âme nue, dévêtue devant mes yeux, à la merci de ma bouche sur ton sexe. Belle folie que je caressais déjà en cachette, à m’adonner à mon jeu personnel en attendant l’écho déferlant au loin de tes talons hauts sur ma rue.

Te voir traverser l’antre de ma porte d’entrée m’a renversé, un chamboulement réel et tangible, comme toutes les pierres de mon cœur qui s’affaissaient en vacarme incroyable. Je suis certain que tu as entendu et senti mon cœur se détacher de ma cage thoracique. C’était l’oiseau qui brisait finalement sa cage, le bruit fracassant du métal sous son bec et ses griffes.

Ta bouche s’est collée rapidement à la mienne, mante religieuse dangereuse, tu m’as prise en captivité entre tes jambes infinies. J’y suis resté pris, j’ai longuement agonisé, caché en toi, au creux de la découverte de ta caverne de cristal. Et notre danse à deux a finalement débuté, le tango de notre amour sonnait sa première note. Araignée tissant son cocon d’amour d’une nuit.

L’écume fumait entre les écailles de la peinture défraîchie de mes murs, brumeuse mousse qui s’évadait de nos bouches à nos cœurs. C’était comme un lichen empoissonné, je sombrais dans les découvertes de ta forêt, celle que tu dévoilais seulement à ceux et celles qui s’aventuraient dans les conifères de tes yeux sombres.

Ton corps vibrait au même rythme que le mien, danseuse au corps parfait qui flottait comme un nuage de boucane soufflé à même les narines d’un dragon.

Tu m’as fait l’amour comme une rose éternelle, tapissant chaque moindre petit recoin de mon cœur libéré de tous ses songes noirs. J’étais terminé, couché, faible, fatigué et mort ; agonisant pour ta peau encore et encore, comme une bête horrible et baveuse, à te regarder te rhabiller.

« Ne me quitte pas. »

Mais cet écho lancé sans réfléchir t’a fait sourire, à regarder et observer le pauvre type, ce gamin qui continuait de sommeiller en moi, à brailler et râler comme un chacal affamé. J’ai fini par m’endormir sans toi, au fond de mon lit d’enfant, à pleurer toutes les larmes de mon corps comme un vilain petit canard à la patte cassée.

Mon réveil brutal sans toi m’a projeté à des années-lumière de la réalité et la folie s’est emparée de moi. Devenu funeste personnage, le sang m’a monté à la tête — emplissant les veines de mes yeux injectés de souffrance, je t’ai texté à la rapidité de l’éclair, comme un fou, comme une cloche, comme un harceleur. J’ai vraiment tout gâché, tout craqué, tout scrappé.

Je t’ai écrit aujourd’hui parce que tu ne veux plus me parler. Aucun choix, mon existence est inconnue. Encore moins dans tes pensées. Je sais que tu as effacé nos archives de conversation sur Instagram. Tu ne me réponds plus. Je suis pris avec les résonances de mes doigts en feu qui tapent sur mon écran de cellulaire.

J’ai deleté Tinder. J’ai repeint mes murs.

C’est la fin. Enfin.

Photo Karen Alsop

Les folies des beaux jours

Mon amour,

Si je t’écris aujourd’hui, c’est parce que j’achève de patienter de te parler. Du temps à la distance, mon cœur bat un peu trop fort et de loin.

Je ne sais pas si j’ai toujours les bons mots pour m’exprimer, tant je les ai pleurés à penser à toi.

On pourrait prendre le temps de jouer à la chronologie de nous deux, à se rappeler quand et comment on est tombés si fort en amour l’un pour l’autre. 

J’hésite entre la tendresse de tes yeux et la souplesse de tes mains. Il y a toujours eu quelque chose de magique et de doux entre le mélange de tes prunelles à tes doigts. Comme un ballet, une danse infinie entre le tempo de ta peau et le sauvage de ton regard.

Obsession. Désir. Fantasme.  

Je me souviens de la première nuit d’amour, nécessaire aux battements de mon cœur, comme les artères qui pompent le sang de mon bassin à mon cerveau. Tomber de haut, comme un oiseau qui fend ses ailes frêles en coupant trop carré le coin d’un bâtiment. Je n’ai rien vu.

Aveuglée par tes mots et les vagues formées parmi les draps de ton lit, j’ai nagé les yeux fermés. Je me suis noyée. Les folies des beaux jours. Perdue entre deux ou trois de tes baisers, à ramer à contresens pour te retrouver.

Ton corps. Comme un phare en plein centre des brumes qui placardent les espaces vides de ma vie. Les bateaux qui passent, leurs chants misérables qui fracassent le silence des mers. Noyade.

Je suis triste. Je m’ennuie.

C’est difficile les matins sans tes bras autour de mon corps. J’imprime lentement les souvenirs de tes odeurs laissées chez moi. Reviens. Je ne sais plus comment me lever, comment sortir du lit, comment avancer. 

J’essaie de te faire l’amour de loin. Quand je jouis à l’infini, quand je pianote mes sentiments sur mon sexe, quand mes orgasmes atteignent le ciel et la terre, je pense à toi. Je vis en toi. Visualiser ton corps dans le mien allume toutes les passions qui m’habitent. 

Mais tu n’es pas là. Je cherche. Les deux bras plongés dans la houle de ta peau, je colle les algues vagabondes à mon ventre qui explose. Mirage. Aquaculture. Littoral. J’explore les limites et je ne trouve pas l’entre-deux. Myope du cœur. 

Sensation du vide. Tout le temps. Quand tu es à l’autre bout du monde. 

On se lasse et on se prélasse via les centaines de kilomètres. Te perdre. Pourquoi ? Non. Jamais.

Mon amour, si je t’écris aujourd’hui, c’est parce que je sais que je t’aime. Et que toi aussi. Je sais aussi que les folies des beaux jours sont les préludes aux nouveaux matins avec toi.

Je sais que t’aimer, c’est de ne plus jamais fermer les yeux la nuit. Et foncer vers l’inconnu, mon corps fondu au tien. Pour toujours. 

Photo Andrew Charney

250 kilomètres d’amour

C’est le temps des neiges nocturnes et des pluies fines.

La nuit, parmi les étoiles des sapins et des brillants des cadeaux, mon cœur s’emballe et s’excite au même rythme que sa peau qui me respire à distance.

Je pense à lui constamment, comme une galaxie infinie et des secrets chuchotés aux oreilles, mes lèvres sont un tambour qui claque et frissonne sous les coups de ses paumes collées à mon ventre.

Je l’aime.

Comme une anguille qui serpente toutes les mers du monde, s’abreuvant aux vertèbres des autres animaux marins, cherchant sans cesse et sans relâche un sable chaud pour se reposer.

Un soleil brûlant m’habite quand il dit mon nom. Les flammes s’alimentent de mon sang. Le cœur de ce dernier se loge au creux du mien pour ne former qu’un et faire battre toutes les grandes chaleurs de mon sexe. 

Mélodie qui résonne et rayonne au creux de mes tympans, comme les plus merveilleuses symphonies jouées du bout des doigts ; c’est sa chanson à lui que je répète et fredonne du bout de la langue. 

Son corps dans le mien transporte et berce toutes les misères que mon cœur a supporté. Cachée au creux de ses bras, habillée par sa peau humide et chaude, je ronronne et réveille mes propres abysses quand son odeur se tatoue près de ma bouche.

Je le goûte à distance, doux souvenir de sa peau de septembre qui scintille dans la folie de mes draps. Quand je ferme les yeux, je peux retrouver ses yeux parmi toutes mes mémoires. Les oreilles grandes ouvertes, l’écho de son rire transperce les millions de kilomètres qui nous séparent. 

Mes propres doigts qui effleurent les courbes de mes hanches aux eaux de mes cuisses sont mon sacrilège et un sort que je me jette pour retrouver un semblant d’effet de ses mains. Je me fais l’amour en pensant à lui, mes jouissances deviennent les siennes et je crie en puissance pour que ses sens s’éveillent en même temps que les miens.

Le temps est immortel à ses côtés et les heures deviennent des secondes quand je sens son cœur battre contre le mien. Rien à voir avec les sensations de montagnes russes ordinaires, lui, il est plus que capable de faire vibrer et briller mon corps au-delà des vertiges de toutes les galaxies.

Cet homme est la raison pour laquelle mes yeux sont ouverts sur toutes les ambitions, les désirs, les envies, les possibilités et les passions dont mon âme rêve.

Ces paroles que je chante et récite sont les refrains infinis fredonnés au cœur de toutes les villes de la planète entière pour que son nom soit connu de tous et chacun. Homme d’une vie, mémorable et inoubliable, c’est lui qui habite mes pensées et qui mérite toutes les louanges espérées d’un cœur amoureux.

Je n’ai pas assez de temps pour lui dire à quel point et comment je l’aime, mais j’ai tous les mots du monde pour lui écrire tous les jours, et ce, jusqu’à la fin des temps. 

Photo Sarah Dorweiler

Mélodie immortelle

Dans les échos secrets de la nuit, j’ai parfumé ma nuque à l’aide de son odeur restante déposée sur mes draps.

Quand son corps découvre le mien, c’est le monde entier qui s’ouvre à moi, abandonnant ses failles et ses faiblesses. L’amour, je l’ai découvert grâce à lui. Cœur de fille et corps de femme, des flammes se sont emparées de mon ventre pour l’allumer à nouveau. 

J’ai fait l’amour avec lui dans le plus grand des silences pour entendre son cœur battre entre mes jambes. Cette première fois où je l’ai aimé, des tambours ont résonné dans toutes les villes avoisinantes. Comme ça, tout doucement, une douce symphonie est née entre nous.

À parcourir les instruments de musique de sa peau, j’ai gratté les cordes de ses désirs. Renaissance. Découverte. Passion. Mélodie immortelle.

Allumées par le brasier de ses lèvres, mes jambes se sont ouvertes pour le laisser pénétrer dans la cage de mes secrets les mieux gardés. Corps à corps, des bruits de peaux mouillées, je lui ai fait un amour comme on ne lui a jamais fait auparavant. Une première fois à tout, comme les premières notes apprises sur la blancheur vulnérable d’un piano. Les notes graves, je les ai découvertes lorsqu’il a joui en moi.

Je l’ai aimé. Vite. Sauvagement. Amoureusement. 

On ne passe pas assez de temps à apprécier le doux de nos conquêtes, c’est pourquoi peu en font de bons amants. 

On n’écoute pas assez les chansons chuchotées au creux de nos oreilles, c’est pourquoi peu d’entre nous tombent amoureux.

On ne veut pas assez se laisser toucher, c’est pourquoi plus personne ne sait aimer les caresses échangées entre les rayons de lune et les aurores brumeuses du petit matin. 

Au premier contact de sa peau sur la mienne, mon cœur a émis de curieuses vibrations. Gênée, j’ai quand même laissé la tentation de ses mains jouer avec la guitare de mes hanches. Faire l’amour avec lui, c’est voyager partout dans le monde. Les yeux portés vers le ciel, ses lèvres lovées au creux de ma nuque et le sexe poignant d’amour, on a découvert que le passé pouvait rester derrière nous. Et que l’avenir était la seule chose qui nous intéressait. 

Lui, il a ouvert toutes les voies qui m’étaient encore inconnues vers un nouveau monde. Le présent, je le vis au quotidien à ses côtés. Sa main fondue à la mienne.

Lui, il a pansé toutes les blessures que le monde entier a pu laisser sur ma bouche et le bout de mes doigts. Blessée, la fleur de l’entrée de mes cuisses a fleuri à nouveau. 

Lui, c’est le printemps. Et je n’ai plus envie de connaître d’autres saisons maintenant. 

Photo Daniel Spase

Le rêve

Fin de la journée. Je me glisse sous les draps. J’ai sommeil, mais mon esprit vagabonde de droite à gauche essayant de retrouver et de ressentir le souvenir de ta peau sur la mienne. 

Je ferme les yeux, je pense à toi.

Mes mains deviennent les tiennes. Le bout de mes ongles glisse autour des aréoles de mes seins. Je frissonne doucement et ma bouche se remplit de salive. Deux de mes doigts viennent vagabonder près de mes lèvres, je lèche ces derniers. 

Curieux, ils se glissent pas à pas vers mon sexe affamé qui appelle le tien à des centaines de kilomètres. Je respire, j’expire, ils se lovent autour des marées qui se créent entre mes jambes. Ils ont soif de retrouver la raison de leur passion, ils ont faim de redécouvrir un battement de cœur sur leur peau.

Ils entrent doucement tout d’abord, puis plus fortement pour s’agripper contre les parois de mon petit corps en famine pour ta bouche. Ma poitrine se gonfle, mon ventre veut exploser. Je fais des mouvements de va-et-vient et mon autre main vient accompagner sa voisine pour éveiller mon bouton d’or. 

Je me fais l’amour en pensant que c’est toi qui fait bouillir mon corps. Je veux que ce soit toi qui me touches, qui m’emportes, qui me fasses jouir. Je berce ma peau pour la réconforter, je parle à mon sexe pour l’exciter, je flatte l’entrée de mes cuisses pour la câliner. 

Je me retourne sur le ventre et j’allonge tout mon corps, une jambe légèrement relevée. D’une main, je m’accroche à la tête de lit pendant que mon bassin se concentre à vibrer doucement contre l’autre, collée à mon clitoris. Je me colle et m’absorbe envers moi-même, je vais venir et exploser. Je vais plus vite, j’accélère, ma respiration se fait vive, mon sexe commence à s’ouvrir.

Je me frotte plus fortement, je couine, je me mords la lèvre et l’instant d’un souffle j’imagine tes yeux qui disparaissent entre mes jambes. Je te vois là devant moi, à sentir et désirer toute la puissance de mon corps qui appelle le tien avec passion et fougue. Je te vois là à t’approcher et réclamer ta place sur et en moi. Je te vois avancer pour me mordre, m’embrasser, me toucher. 

Tu es devant moi.

Et enfin, tu entres. J’ouvre les yeux, c’est là, je le sens. Je jouis sur ma main, inondant ma peau douce comme de la soie et mouillée comme les eaux de la mer de ton cœur. Je me noie un peu, chambranlant entre le rêve, le sommeil et la réalité…

Est-ce que je rêvais?

Photo Viktor Juric

Premier baiser

Vendredi 17H00, on se retrouve enfin. J’ai envie de dégourdir tous mes sens et mon corps. Tu m’attends chez toi. Ça fait longtemps qu’on s’est vus. Je m’ennuyais de toi.

De ton odeur épicée. De ta peau ambrée. De tes yeux doux qui tombent parfaitement dans les miens. De ta main qui se balade entre mes cheveux. De tes lèvres que tu déposes sur mes épaules dénudées, comme un tatouage sur mon corps. 

On sort prendre un verre. Marchant côte à côte dans la rue, tu t’assures de me garder près de toi. Ton bras s’enroule sur ma nuque. Tu me protèges. Je suis bien près et avec toi. Tu me rassures. Tu es mon refuge de tous les jours.

La soirée est fraîche, l’air aussi. On marche beaucoup, on arrête dans les bars et restaurants à gauche et à droite où l’on prend un verre ou deux. Ma tête tourne tranquillement, mon cœur se berce tout doucement. Je me perds de plus en plus en toi. C’est naturel, c’est doux, c’est vrai.

C’est nous. 

On s’arrête dans un bar qui attire notre œil par sa devanture. On boit, on rit, on effleure nos bras. Tu m’excites. Beaucoup. 

Je me lève un instant pour aller vers la salle de bain, toi aussi. On se dit qu’on s’attend pour quitter. En sortant, je ne te trouve pas, je te cherche. Tu m’attends près de la sortie. Je m’avance vers toi. Confiante.

– Je t’attendais.
– Tu m’aurais attendu combien de temps ?
– Toute ma vie.

Et là, à ce moment même, tu me prends par la taille pour me rapprocher de toi. Comme ça, dans un élan de passion et d’amour, je sens ton cœur battre contre le mien. Ta main glisser près de mon oreille, lovée au creux de ma nuque et tes lèvres fondre aux miennes. Enfin, le monde s’ouvre à moi. 

Un tourbillon, une tornade, un feu. Mon cœur à l’envers et de tous les côtés me chavire et m’emporte. Mes pieds décollent du sol pour atterrir rapidement dans ton lit. Tu me couches et me déposes comme une pierre précieuse. 

Ton corps se glisse dans le mien, les aurores boréales du monde entier apparaissent dans tes yeux. On fait l’amour comme des fous, comme des bêtes, comme des aimants. Nos peaux fondues ensemble, je comprends finalement le vrai sens de l’abandon. Dans un éclat, comme un verre qui se brise au ralenti, je tombe en amour avec le sentiment le plus candide et pur qu’il ne puisse exister : toi.

Je pense toujours à nous. Tes doigts de ma bouche à mon sexe. Tes yeux qui ronronnent en même temps que mon cœur. Tes lèvres cousues à ma peau. Ta sueur qui perle au bas de mes reins. Tes paumes qui marquent mes fesses à jamais. 

Je veux te faire l’amour jour et nuit, comme un papillon qui cherche toujours la lumière. Je veux que mes orgasmes tapissent les murs de ta chambre. Je veux que tes yeux deviennent des appareils photo pour mon corps nu entre tes draps. Je veux jouir dans ta bouche en écho infini. Je veux que ma peau glisse comme une vague contre la tienne tous jours. Pour toujours.

Je vais t’aimer comme un premier baiser. Chaque matin. Chaque soir. Chaque fois que tes yeux croisent les miens. Je vais t’écrire comme un premier amour. Chaque jour. Chaque soir. Chaque fois que je vais sentir mon cœur battre près du tien.

Je t’aime. Chaque instant. Chaque moment. Chaque fois que je pense à toi. 

Photo Mike Lewinski

L’éveil d’une vie

Collaboration AUDIO avec Mike Beaudoin

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil naissant. Tes yeux de félin s’éveillent tranquillement. Tu passes une main dans tes cheveux et tu humectes tes lèvres. Tu me souris. Tu me donnes la chair de poule.

Mes doigts naviguent contre la peau sous mes fesses. De mon sexe à mes seins, mes mains caressent les vagues de mon corps. Je soulève des vents, marées et tornades en te regardant dans les yeux. Ma bouche appelle la tienne.

Je m’approche de toi, j’ai envie de te faire l’amour. Comme la première fois, comme un choc électrique, comme un trésor que l’on découvre près des sables blonds et des doux secrets de la mer. Ta peau, tes lèvres, ton ventre, tes seins, tes jambes… ta beauté me chavire et m’absorbe.

L’eau du creux de mon ventre abonde en inondation violente, l’entrée de mes jambes crie pour ta peau. J’ai soif pour ta sueur, faim pour ton corps. Du désir à l’amour, mon sexe bouillant me donne des vertiges. Viens me rejoindre, glisse ton corps près du mien.

Tu es belle. Femme fatale et animale, ma peau sur la tienne, je t’entends ronronner près de mes oreilles. Tu me fais perdre la tête et chatouille tous mes sens. Ton regard de chatte, tes courbes ondulantes, ta bouche fondue à la mienne… J’entre en toi, ton corps avait besoin du mien. Je gémis, toi aussi.

Je t’accueille. Mes jambes enrobent ton bassin, je m’agrippe et m’accroche à toi pour l’éternité. On se regarde dans les yeux, je lèche tes lèvres. Ma langue glisse contre la tienne, serpentant entre l’océan dans lequel tu essaies de nager sans te noyer.

Amour de ma vie, je laisse mes mains me guider vers toi alors que mon corps prend le tien. Je chatouille doucement ton sexe. J’ai envie de laisser les vagues de ta peau engloutir mon visage. Mes yeux suivent naturellement le chemin vers le bas de ton ventre – douce cachette où ma langue trace constamment ses allées et venues comme une carte de chasse au trésor.

Coeur de ma vie, tes lèvres embrassent les miennes – tu sais comment me retrouver. Une onde me glace le sang, mes muscles se contractent, mes ongles pénètrent ton épiderme, un cri, des spasmes, une crampe : je jouis sur toi et dans ta bouche. Tu as trouvé tous les diamants de mon corps.

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil vibrant. La puissance de ton corps après l’amour, ta bouche chaude et asphyxiée, tes yeux qui fondent, le début de tes cuisses humides, tes joues rougies… tu es belle. Et je vais te regarder, t’observer et t’aimer comme ça, longtemps. Toutes les nuits. Tous les matins. Toute ma vie.

Photo JR Korpa

Tempête de mon coeur

Quand tu poses tes mains sur mon corps, une tempête m’habite.

De toutes les vagues que j’ai ressenties, un courant d’air me passe de la colonne vertébrale au ventre lorsque tu possèdes ma peau. Mon cœur en suspens — comme une eau calme, brouille toutes les mers et marées de mon épiderme. 

Tu m’étourdis. Comme une tornade, comme les brumes près des eaux du matin. Tes aurores matinales m’absorbent et m’envoutent comme des sorts jetés. Petite sorcellerie, tu m’aspires et couches toute mon âme sur la tienne.

Quand ton corps entre dans le mien, je sens que le monde arrête de tourner. Ton sexe lové au creux du mien, délicate fleur qui s’ouvre pour tous tes sens, mes jambes ouvertes grandes comme le ciel accueillent ton essence comme les premiers rayons de soleil.

Tu es là, en moi, toujours et du matin jusqu’au soir, je rêve de ta peau, de ton corps, de ton cœur qui bat entre mes jambes. 

T’ai-je déjà dit à quel point ton corps faisait vibrer le mien ?

Quand tes doigts retrouvent leur chemin en moi, à l’entrée de mon sexe, où mon cœur bat en trombe, où je me m’ouvre, fane et renaît à la fois — ce sont toutes les eaux de mon corps qui se rejoignent en un seul et unique océan. 

Tu me réchauffes le sang, printemps et été à la fois entre toutes mes veines. Tu allumes tous les feux dans mon ventre, braisés par tes doigts qui tachent ma peau d’ecchymoses de nos nuits d’amour.  

Je perds la tête. Doucement et lentement quand j’imagine nos peaux réunies. Au fond de ton lit, ton corps ambré qui coule et fond sur le mien. Je jouis sur, dans et avec toi. 

J’ai envie de toi. Tout le temps. Je t’appelle ici et maintenant. Là. Je te supplie.

Mon amour, rejoins-moi.

Viens calmer la tempête de mon cœur. 

Je t’attends.

Photo Jeremy Bishop


La canicule

Il fait chaud. La canicule m’empêche de respirer. Ça me fatigue.

Je suis dans mon lit, prête à me coucher. Il est tard, mon corps a besoin de repos. Je ferme les yeux, je sombre tranquillement vers un sommeil profond quand mon cellulaire vibre sur ma table de chevet.

Je tends la main, j’ouvre un œil.



Mon corps se dégourdit et s’éveille rapidement. J’habite mes sens et mes envies. Viens, viens ici ; t’attendre est vrai un supplice. 



Tu arrives rapidement. Tu entres dans ma chambre. Tu me regardes.

Je me couche sur le dos et j’ouvre mes jambes grandes comme le ciel pour te faire une place. Tu t’avances comme un animal qui chasse sa proie. Le feu dans tes yeux éveille celui dans mon ventre ; mon sexe bouille pour toi.

Je gémis déjà à te regarder te déshabiller devant moi. Mon corps est en mouvance et mon bassin vibre comme une tempête sur l’océan qui inonde l’entrée de mes jambes. Je te veux tellement. 

Ton corps nu près du mien, je sens ton sexe qui cherche son nid ; tu cherches l’entrée à moi, à nous, à notre cœur. Mais vilaine comme je suis, je me retourne sur le ventre et je cambre mes fesses pour fracasser la peau toute douce de ton bassin.

C’est toi qui gémis. Tu griffes ma peau, tu empoignes mes fesses et tu les claques ; je sais que tu me désires comme je te désire. 

Je m’étends un peu, tu glisses deux doigts en moi ; je leur fais l’amour et mon sexe les engloutit. Une de mes mains trouve son chemin pour t’aider, je jouis rapidement sur nos paumes.

Tu glisses les mêmes doigts que ceux qui étaient cachés en moi dans ma bouche ; je les suce et les lèche doucement. Je tourne ma tête par-dessus mon épaule, tu mouilles ton sexe par ta main et tu entres doucement en moi. Je te regarde toujours alors que tu agrippes mes cheveux pour mieux retenir ma tête. 

J’ai chaud — la chaleur de la canicule se mêle à celle de mon corps ; tu me fais tellement de bien. Mon corps entier est trempé ; le tien aussi. Nos voix déchirent et transpercent le silence de mon appartement. Nous allons jouir en même temps. 

Les spasmes de ton sexe éveillent mon envie pressante de jouir à nouveau ; tu t’accroches à mes hanches, tu râles un peu et moi aussi. Je relâche la tension et je te rejoins, eau à eau, orgasme à orgasme, vibrations à vibrations. 

Tu m’embrasses sur le front, le nez, la bouche. Tu files comme l’air après des amours et des caresses. La canicule revient au galop chercher mon sommeil, mais mon cellulaire vibre encore…



Photo Sascha Matuschak

Passion d’été

Un texto. Un lieu de rencontre. Une soirée.

Rien de plus pour enflammer mes sens et enfiler une robe sans porter de sous-vêtements. Avec toi, je me sens coquine et j’ai cette envie facile d’exciter ton corps, ton esprit et ton cœur. 

Je te rejoins à notre point de rencontre. Tu m’attends déjà à une table. Tu te lèves en me voyant et tu passes ta main sur ma hanche. Tu t’approches de moi et tu embrasses ma joue, près de mes lèvres. Je frissonne. La pointe de mes seins s’éveille et marque le léger tissu de mon vêtement. Tu le vois, je le perçois dans tes yeux. 

On s’assoit l’un en face de l’autre. Les jeux de pieds commencent. Et la valse des mains aussi. Ton regard dans le mien me fait fondre, je me laisse bercer par tes doigts malins qui cherchent l’entrée de mon corps près de mes cuisses.

J’appuie ma main devant ma bouche pour camoufler mes respirations et mes petits râlements. Tu m’excites. Tellement.

Tu ris. Moi aussi. 

On boit un verre, deux et trois. Je te fais des yeux de chatte, je ronronne à distance pour ton corps. Ta peau m’appelle et je veux répondre.

Maintenant.

Tu me demandes si je veux aller chez toi, ce à quoi je réponds : « S’il te plaît. »

On marche rapidement et légèrement alcoolisés, nous rions aisément. Tes doigts se glissent sous ma robe où tu pinces mes fesses sans retenue. On rit encore plus fort — ton sourire se transforme en désir indomptable. 

Ta main glisse contre ma nuque et tes doigts se fondent à la base de mes cheveux. Tous les vents de mon corps se lèvent, c’est une tornade dans mon ventre qui ravage mes sens et mon sexe. Je te désire. Tellement. 

Tu me pousses doucement vers la ruelle derrière nous. On rit encore, je regarde à gauche et à droite — tu ne regardes que mes yeux. Tu me colles doucement contre la brique d’un bâtiment. Tes mains se baladent sur mon corps, de mes seins à mon ventre. Tu respires fort, tu lèches ma bouche et mordilles mes joues. Je n’en peux plus. Je te veux. Je te veux en moi. Tellement.

Une de tes mains disparaît entre mes jambes où deux doigts viennent pianoter une mélodie d’amour en moi. Je mords une de tes lèvres afin de retenir mon souffle. Tu me regardes toujours dans les yeux, ma respiration s’accélère, mon bassin se cambre, mes cuisses se serrent, mon sexe vibre…

J’essaie de ne pas trop faire de bruit, de rester silencieuse, de cacher ma douceur, mais tu me dis : « Laisse-toi aller, amour de mon cœur. Jouis. »

Et comme ça, mes yeux dans les tiens, mon haleine qui se mélange à la tienne la bouche grande ouverte comme le ciel, je jouis sur tes doigts, sur toi, en pensant à toi, avec toi, grâce à toi.

On rit encore. Aux éclats. Tu m’embrasses le nez. Tu lèches tes doigts. Je t’embrasse sur la bouche. Tes doigts viennent encore pincer une de mes fesses.

Un regard. On sait. Alors on se met à courir pour se diriger chez toi.

Pour se faire l’amour. Parce qu’on s’aime. Tellement.

Photo Justin Luebke