L’amour au temps du confinement

Déjà plusieurs jours et semaines que je suis prise entre les quatre murs de mon appartement. Je regarde parfois par la fenêtre pour respirer un peu l’air et le soleil et je souhaite bientôt voir quelqu’un d’autre que mon propre reflet au quotidien. 

Je me sens seule, c’est difficile.

Difficile de ne pas sentir des mains sur ma peau, un corps contre le mien, des doigts curieux qui parcourent les courbes de mes hanches.  

Je suis fatiguée, je m’allonge. Silence total. Puis entre le sommeil et l’éveil, j’entends des gémissements. J’ouvre les yeux, j’écoute. C’est mon voisin d’à côté. Je me lève, je suis curieuse, j’avance près du mur.

Prudemment, doucement, un peu à tâtons. Apprivoiser l’inconnu. Ressentir. Vivre un peu. 

Je l’entends plus fort, je colle mon oreille contre le mur. On dirait qu’il le sent, qu’il le sait, car ses gémissements résonnent encore plus fort. Et il jouit. Fort, très fort. J’ai des petits courants électriques qui résonnent dans le bas de mon ventre. Je me couche le sourire aux lèvres.

Le lendemain matin, je le croise à l’extérieur alors qu’il part travailler et que je sors prendre un peu l’air. Il me sourit. Je fais pareil.

Le soir arrivé, je m’installe au même endroit que la veille. Et les gémissements reprennent de plus belle, ses gémissements à lui. Le manège recommence, je m’approche du mur — plus vite, pour mieux l’entendre et les chocs électriques s’intensifient dans mon corps. 

La jouissance. Le sommeil, l’éveil. Le croiser le matin. Le même jeu chaque soir, plus fort. Mes mains collées au mur, l’oreille tendue à lui. 

Mon corps ouvert et réceptif à ses bruits de peau et d’amour. Notre jeu persiste comme ça durant des jours, jusqu’à mon abandon à moi. À le rejoindre aussi dans ses touchers, ses découvertes, les bruits de bouche, les gémissements et les jouissances à deux.

Les sourires au coucher et à l’éveil. On commence à s’envoyer la main. Le soir, on jouit de plus en plus fort. Doucement, mais ardemment en même temps.

Et les fins de nous se transforment en rire, puis un soir en un message sur un de mes réseaux sociaux. Le matin, un sourire, le soir, un rendez-vous à deux mètres de distance, promis.

J’entre dans son appartement, on se regarde, on se déshabille lentement. Une douceur calculée entre chacun de ses mouvements, son corps en transe, comme figé dans le temps. Et il est beau, un mélange de sauvage et de vrai. Des bras à me prendre pour l’éternité, une peau qui caramélise l’été, des yeux sombres qui creusent le bas de mes reins.

Ensemble, comme ça, à bout de doigts, d’étreinte et de souffle, nos mains connaissent la chorégraphie apprise depuis des semaines au-delà du mur. À se saouler de nous qui jouissons, à baver d’envie et de désir, à être étourdis par les vertiges provoqués du corps de l’autre.

Plus rien d’inconnu dans nos mouvements, on se regarde dans les yeux, on se touche, on s’apprivoise à même un vrai deux mètres de distance respecté. 

Un index qui disparait entre mes jambes, un majeur aussi. Les muscles de son avant-bras qui se serrent et contractent. Il faut chaud, on se regarde, c’est là. Plus besoin de coller mon oreille au mur, plus besoin d’imaginer sa peau nue, plus besoin de penser à nous l’un sur l’autre. On jouit ensemble, en même temps, à se regarder et à se vouloir comme ce n’est pas possible. 

Une promesse, des rendez-vous tous les soirs jusqu’au déconfinement permit. Jusqu’au droit de pouvoir s’apprivoiser et s’embrasser.

En attendant, les jeux d’ombres et de lumière entre les murs et les sourires. Et les orgasmes. 

Photo Toa Heftiba

Un corps de miel d’été

Les heures sont interminables.

Dans l’attente forcée par le manque de liberté imposé, toutes les secondes qui passent se redirigent vers toi.

Constamment, dès que mon esprit est permis à l’égarement ou à des pauses d’angoisse incontrôlables, tu reviens vers moi en courant. 

Ce confinement, nécessaire à te retrouver, me fait nager entre les souvenirs et les mémoires de mon corps couché contre le tien. Je regrette tous ces moments où je n’ai pas tenu ta main plus longtemps. Où je n’ai pas porté mon ouïe à se souvenir de la mélodie des battements de ton cœur. Où je ne me suis pas assez perdue dans tes yeux.

Entre les frénésies de vouloir sortir, crier, muer mon corps à quelque chose qui n’est pas captif, je retiens tout cet amour qui m’habite pour toi en rêvant aux beaux jours d’été à tes côtés.

Et quand, la nuit, mes grands esprits font la paix pour sombrer vers le sommeil, ce sont les parties sensibles de mon corps qui s’éveillent.

Mes envies, mes désirs, mes passions. Les fantasmes nocturnes qui envahissent l’étendue de mon ventre contre des vagues en ondes se multiplient à l’infini. Ma peau devient mer et courants d’eau ravageurs, comme ceux qui raflent les icebergs et les plaquettes glacées du Nord de mon cœur.

Je fonds, je divague, je disparais. Comme mes doigts entre mes jambes, comme les secrets que je tente de retenir de me brûler vivante, comme ces mots que je t’ai déjà murmurés aux oreilles quand les beaux jours existaient encore. 

Mon corps fond et creuse le centre de mon matelas ; je deviens draps et édredon tant je m’abandonne. Une fleur qui s’ouvre, le pollen des pétales qui tachent mes doigts, la sève qui coule lentement contre la peau intérieure de mes cuisses. Des ailes me poussent contre les flancs, j’ai des frissons qui parcourent tout mon petit corps : je m’envole.

Petite abeille devient reine des apoïdes. Vengeresse quittant la ruche pour retrouver son nid. Son nid à l’autre bout du monde qui l’attend, qui attend, qui reste là à espérer le soleil et un nectar porteur de réconfort. Du miel collant contre les doigts, des soirées à boire aux lèvres des alvéoles, des pattes qui se frottent pour s’appeler.  

Comme le temps n’est pas mon allié, je fais de mes mots un compagnon pour oublier que la distance est difficile. Et que même les yeux fermés, je suis capable de te retrouver. 

On passera le printemps enfermé, mais on passera l’été à s’aimer.

Photo Vivek Doshi

Vendredi 17:00

Soirée qui s’annonce banale comme beaucoup d’autres, je dois aller travailler. On m’attend pour 17:00 et malgré le froid à se casser les os, il y a toujours une canicule durant la soirée parmi la foule de clients.

Tout se passe bien, je suis distraite. J’aurais préféré rester à la maison. Le bar est silencieux, peu de gens sont présents. Les heures passent lentement, mais sûrement. Les habitués passent faire un tour, comme d’habitude. Mes collègues sont prêts pour la soirée. 

Alors que je prépare un cocktail, je lève les yeux. Sur toi. C’est la première fois que je te vois. Tu me souris, mes jambes deviennent molles. Ma grande confiance habituelle se transforme en drôle gêne qui me déstabilise complètement. Tu es accompagné de quelques-uns de tes amis. J’essaie de regarder ailleurs, mais la carrure de ta mâchoire, la finesse de tes lèvres, l’abondance de tes cheveux, la cicatrice près de ton front, le feu dans tes yeux… j’ai une bouffée de chaleur qui me cloue au sol. 

Je respire et je reprends mes sens peu à peu. Je m’approche de toi, j’expire. Je dois te servir. Je prends ta commande, celle de tes amis. Santé, cheers, un shooter, deux shooters, trois shooters… mes jambes sont encore plus molles. 

Le temps défile sous mes yeux. C’est le moment de la soirée où tout le monde abonde autour du bar. Malgré le rush dans lequel je suis prise, chaque fois que je regarde vers toi, je te prends à découper finement mes hanches et mes fesses du regard. Et tu sais que je te vois. Ça t’excite.

Moi aussi.

Je bois d’autres shooters avec toi. On rit, nos mains s’effleurent, nos cœurs aussi. Il y a quelque chose de doux qui nous anime et qui habite soudainement nos corps. Tu me fais signe d’approcher mon oreille vers toi. Tu passes une main au creux de ma nuque. Je frissonne.

– Viens avec moi.
– Où..?
– Où tu veux.

Je te fais signe de me suivre près du couloir menant vers la salle des employés. Le feutre du rideau fait frissonner ma peau, tu accroches ta main à mon poignet. Tu m’attires vers toi et me colles au mur. Ta langue vient explorer tous les repères de ma bouche en cœur ouverte pour ton corps et tous tes sens. 

J’ai chaud. Très chaud. Ton corps se colle au mien, je détache tes pantalons. Ma main fouineuse vient chatouiller ton sexe excité. Tu respires fort dans mes oreilles. Je mords la peau délicate entre ton cou et ton épaule. Tu relèves ma jupe et une de mes jambes. Je sens tes doigts qui découvrent impatiemment mon sexe déjà humide. Tu râles près de ma bouche, je mords une de tes lèvres. Tu repousses mes hanches plus haut contre le mur. Et tu entres en moi. Fort.

Je frotte ma peau contre la tienne et m’agrippe à toi. Mes ongles marquent doucement tes épaules et tes reins. Je te demande d’accélérer. Je vais jouir rapidement, car tu m’excites énormément. Toi aussi, je le sens. Je te regarde droit dans les yeux.

– Viens avec moi.
– Quand ?
– Maintenant. 

Je resserre mon étreinte encore plus fort et je t’embrasse pour masquer nos cris mélangés à la musique qui fait vibrer le plancher sous nos pieds. Le corps encore en transe, je défroisse ma jupe et retrouve les sens que tu m’as tout doucement volés. Tu me pinces une fesse. Je ris. Toi aussi. 

On se rejoint au bar, tu me fais un clin d’œil, je te souris. Je t’offre un verre. Tu penches ta tête vers la mienne.

– Viens avec moi.
– Encore ?
– Oui encore. Et pour toujours.

Photo Christopher Burns

Le rêve

Fin de la journée. Je me glisse sous les draps. J’ai sommeil, mais mon esprit vagabonde de droite à gauche essayant de retrouver et de ressentir le souvenir de ta peau sur la mienne. 

Je ferme les yeux, je pense à toi.

Mes mains deviennent les tiennes. Le bout de mes ongles glisse autour des aréoles de mes seins. Je frissonne doucement et ma bouche se remplit de salive. Deux de mes doigts viennent vagabonder près de mes lèvres, je lèche ces derniers. 

Curieux, ils se glissent pas à pas vers mon sexe affamé qui appelle le tien à des centaines de kilomètres. Je respire, j’expire, ils se lovent autour des marées qui se créent entre mes jambes. Ils ont soif de retrouver la raison de leur passion, ils ont faim de redécouvrir un battement de cœur sur leur peau.

Ils entrent doucement tout d’abord, puis plus fortement pour s’agripper contre les parois de mon petit corps en famine pour ta bouche. Ma poitrine se gonfle, mon ventre veut exploser. Je fais des mouvements de va-et-vient et mon autre main vient accompagner sa voisine pour éveiller mon bouton d’or. 

Je me fais l’amour en pensant que c’est toi qui fait bouillir mon corps. Je veux que ce soit toi qui me touches, qui m’emportes, qui me fasses jouir. Je berce ma peau pour la réconforter, je parle à mon sexe pour l’exciter, je flatte l’entrée de mes cuisses pour la câliner. 

Je me retourne sur le ventre et j’allonge tout mon corps, une jambe légèrement relevée. D’une main, je m’accroche à la tête de lit pendant que mon bassin se concentre à vibrer doucement contre l’autre, collée à mon clitoris. Je me colle et m’absorbe envers moi-même, je vais venir et exploser. Je vais plus vite, j’accélère, ma respiration se fait vive, mon sexe commence à s’ouvrir.

Je me frotte plus fortement, je couine, je me mords la lèvre et l’instant d’un souffle j’imagine tes yeux qui disparaissent entre mes jambes. Je te vois là devant moi, à sentir et désirer toute la puissance de mon corps qui appelle le tien avec passion et fougue. Je te vois là à t’approcher et réclamer ta place sur et en moi. Je te vois avancer pour me mordre, m’embrasser, me toucher. 

Tu es devant moi.

Et enfin, tu entres. J’ouvre les yeux, c’est là, je le sens. Je jouis sur ma main, inondant ma peau douce comme de la soie et mouillée comme les eaux de la mer de ton cœur. Je me noie un peu, chambranlant entre le rêve, le sommeil et la réalité…

Est-ce que je rêvais?

Photo Viktor Juric

Étoiles infinies

Ma belle, ma douce et ma sauvage. Ondule, roule et brille sur ma peau comme un mirage. Ta bouche affamée pour mon corps et mon sexe bave d’envie devant tes yeux remplis d’étoiles infinies.

J’avance comme une chatte devant toi, cambrée comme un fauve qui chasse et guette ton cœur de gazelle.

Allez, avance, c’est ça. Embarque sur moi. Fais-moi vibrer, encore et encore. Prends-moi, possède-moi. Mon corps t’appartient. Amour d’une vie.

Je m’assois sur toi. Rien ne peut m’arrêter, je me donne à toi. J’ai envie de nos corps en un seul.

Je te sens et te lèche. À distance comme devant, ton corps je le sens partout et dans les ailleurs. Je te cherche constamment. Odorat aiguisé à frotter ma bouche sur ta peau pour tatouer mon odeur au creux de ton épiderme à tout jamais.

Je courbe mes hanches, serpentant sensuellement sur ta peau chaude et mouillée. Et je te fais entrer comme ça, sans crier gare. Mes doigts glissent dans ta bouche.

Oui, ma beauté. Femme fatale que tu es, sexuelle et sensuelle. À frotter tes sens et ton sexe sur mon bassin. Je touche tes seins, je laisse couler ma salive entre tes cuisses. Fais bouger mon corps au rythme du tien.

Je te contrôle. Je veux me faire jouir sur toi. J’ai besoin de jouir sur toi. Tu m’excites, comme ça ne fait pas de sens. Ma tête en 360, une toupie en alchimie, mon cœur rempli de tornades, des vertiges plein le ventre, mon corps en vagues ondulantes… tu me fais vivre.

Ton sexe se contracte sur le mien. Les vagues se lèvent entre mes cuisses, toute la houle du monde se balance et se berce en un seul océan qui rejoint les tempêtes de ton corps. Je veux jouir en toi. Maintenant.

Allez, viens, c’est ça. Jouis en moi. Redécouvre-moi, mon corps, mon cœur. Fais crier tous les sens et les odeurs de ma peau reluisante et saignante pour ta bouche en agonie.

Jouir te fait jouir. Tu me rejoins en une seule et unique symphonie. Nous deux qui perçons et déchirons le silence de la pièce. Nos cris de jouissance en harmonie, comme un chœur infini. Toi et moi, ensemble et pour toujours.

Mon âme qui s’ouvre sur la tienne, mes yeux qui valsent et s’échappent dans le courant de nos chocs électriques. Vibrations. Naufrage. Harmonie. Douceur. Vrai. Sensualité. Amour. 

Toi et moi, encore et toujours. 

Photo Fabrizio Verrecchia

Premier baiser

Vendredi 17H00, on se retrouve enfin. J’ai envie de dégourdir tous mes sens et mon corps. Tu m’attends chez toi. Ça fait longtemps qu’on s’est vus. Je m’ennuyais de toi.

De ton odeur épicée. De ta peau ambrée. De tes yeux doux qui tombent parfaitement dans les miens. De ta main qui se balade entre mes cheveux. De tes lèvres que tu déposes sur mes épaules dénudées, comme un tatouage sur mon corps. 

On sort prendre un verre. Marchant côte à côte dans la rue, tu t’assures de me garder près de toi. Ton bras s’enroule sur ma nuque. Tu me protèges. Je suis bien près et avec toi. Tu me rassures. Tu es mon refuge de tous les jours.

La soirée est fraîche, l’air aussi. On marche beaucoup, on arrête dans les bars et restaurants à gauche et à droite où l’on prend un verre ou deux. Ma tête tourne tranquillement, mon cœur se berce tout doucement. Je me perds de plus en plus en toi. C’est naturel, c’est doux, c’est vrai.

C’est nous. 

On s’arrête dans un bar qui attire notre œil par sa devanture. On boit, on rit, on effleure nos bras. Tu m’excites. Beaucoup. 

Je me lève un instant pour aller vers la salle de bain, toi aussi. On se dit qu’on s’attend pour quitter. En sortant, je ne te trouve pas, je te cherche. Tu m’attends près de la sortie. Je m’avance vers toi. Confiante.

– Je t’attendais.
– Tu m’aurais attendu combien de temps ?
– Toute ma vie.

Et là, à ce moment même, tu me prends par la taille pour me rapprocher de toi. Comme ça, dans un élan de passion et d’amour, je sens ton cœur battre contre le mien. Ta main glisser près de mon oreille, lovée au creux de ma nuque et tes lèvres fondre aux miennes. Enfin, le monde s’ouvre à moi. 

Un tourbillon, une tornade, un feu. Mon cœur à l’envers et de tous les côtés me chavire et m’emporte. Mes pieds décollent du sol pour atterrir rapidement dans ton lit. Tu me couches et me déposes comme une pierre précieuse. 

Ton corps se glisse dans le mien, les aurores boréales du monde entier apparaissent dans tes yeux. On fait l’amour comme des fous, comme des bêtes, comme des aimants. Nos peaux fondues ensemble, je comprends finalement le vrai sens de l’abandon. Dans un éclat, comme un verre qui se brise au ralenti, je tombe en amour avec le sentiment le plus candide et pur qu’il ne puisse exister : toi.

Je pense toujours à nous. Tes doigts de ma bouche à mon sexe. Tes yeux qui ronronnent en même temps que mon cœur. Tes lèvres cousues à ma peau. Ta sueur qui perle au bas de mes reins. Tes paumes qui marquent mes fesses à jamais. 

Je veux te faire l’amour jour et nuit, comme un papillon qui cherche toujours la lumière. Je veux que mes orgasmes tapissent les murs de ta chambre. Je veux que tes yeux deviennent des appareils photo pour mon corps nu entre tes draps. Je veux jouir dans ta bouche en écho infini. Je veux que ma peau glisse comme une vague contre la tienne tous jours. Pour toujours.

Je vais t’aimer comme un premier baiser. Chaque matin. Chaque soir. Chaque fois que tes yeux croisent les miens. Je vais t’écrire comme un premier amour. Chaque jour. Chaque soir. Chaque fois que je vais sentir mon cœur battre près du tien.

Je t’aime. Chaque instant. Chaque moment. Chaque fois que je pense à toi. 

Photo Mike Lewinski

L’éveil d’une vie

Collaboration AUDIO avec Mike Beaudoin

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil naissant. Tes yeux de félin s’éveillent tranquillement. Tu passes une main dans tes cheveux et tu humectes tes lèvres. Tu me souris. Tu me donnes la chair de poule.

Mes doigts naviguent contre la peau sous mes fesses. De mon sexe à mes seins, mes mains caressent les vagues de mon corps. Je soulève des vents, marées et tornades en te regardant dans les yeux. Ma bouche appelle la tienne.

Je m’approche de toi, j’ai envie de te faire l’amour. Comme la première fois, comme un choc électrique, comme un trésor que l’on découvre près des sables blonds et des doux secrets de la mer. Ta peau, tes lèvres, ton ventre, tes seins, tes jambes… ta beauté me chavire et m’absorbe.

L’eau du creux de mon ventre abonde en inondation violente, l’entrée de mes jambes crie pour ta peau. J’ai soif pour ta sueur, faim pour ton corps. Du désir à l’amour, mon sexe bouillant me donne des vertiges. Viens me rejoindre, glisse ton corps près du mien.

Tu es belle. Femme fatale et animale, ma peau sur la tienne, je t’entends ronronner près de mes oreilles. Tu me fais perdre la tête et chatouille tous mes sens. Ton regard de chatte, tes courbes ondulantes, ta bouche fondue à la mienne… J’entre en toi, ton corps avait besoin du mien. Je gémis, toi aussi.

Je t’accueille. Mes jambes enrobent ton bassin, je m’agrippe et m’accroche à toi pour l’éternité. On se regarde dans les yeux, je lèche tes lèvres. Ma langue glisse contre la tienne, serpentant entre l’océan dans lequel tu essaies de nager sans te noyer.

Amour de ma vie, je laisse mes mains me guider vers toi alors que mon corps prend le tien. Je chatouille doucement ton sexe. J’ai envie de laisser les vagues de ta peau engloutir mon visage. Mes yeux suivent naturellement le chemin vers le bas de ton ventre – douce cachette où ma langue trace constamment ses allées et venues comme une carte de chasse au trésor.

Coeur de ma vie, tes lèvres embrassent les miennes – tu sais comment me retrouver. Une onde me glace le sang, mes muscles se contractent, mes ongles pénètrent ton épiderme, un cri, des spasmes, une crampe : je jouis sur toi et dans ta bouche. Tu as trouvé tous les diamants de mon corps.

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil vibrant. La puissance de ton corps après l’amour, ta bouche chaude et asphyxiée, tes yeux qui fondent, le début de tes cuisses humides, tes joues rougies… tu es belle. Et je vais te regarder, t’observer et t’aimer comme ça, longtemps. Toutes les nuits. Tous les matins. Toute ma vie.

Photo JR Korpa

Tempête de mon coeur

Quand tu poses tes mains sur mon corps, une tempête m’habite.

De toutes les vagues que j’ai ressenties, un courant d’air me passe de la colonne vertébrale au ventre lorsque tu possèdes ma peau. Mon cœur en suspens — comme une eau calme, brouille toutes les mers et marées de mon épiderme. 

Tu m’étourdis. Comme une tornade, comme les brumes près des eaux du matin. Tes aurores matinales m’absorbent et m’envoutent comme des sorts jetés. Petite sorcellerie, tu m’aspires et couches toute mon âme sur la tienne.

Quand ton corps entre dans le mien, je sens que le monde arrête de tourner. Ton sexe lové au creux du mien, délicate fleur qui s’ouvre pour tous tes sens, mes jambes ouvertes grandes comme le ciel accueillent ton essence comme les premiers rayons de soleil.

Tu es là, en moi, toujours et du matin jusqu’au soir, je rêve de ta peau, de ton corps, de ton cœur qui bat entre mes jambes. 

T’ai-je déjà dit à quel point ton corps faisait vibrer le mien ?

Quand tes doigts retrouvent leur chemin en moi, à l’entrée de mon sexe, où mon cœur bat en trombe, où je me m’ouvre, fane et renaît à la fois — ce sont toutes les eaux de mon corps qui se rejoignent en un seul et unique océan. 

Tu me réchauffes le sang, printemps et été à la fois entre toutes mes veines. Tu allumes tous les feux dans mon ventre, braisés par tes doigts qui tachent ma peau d’ecchymoses de nos nuits d’amour.  

Je perds la tête. Doucement et lentement quand j’imagine nos peaux réunies. Au fond de ton lit, ton corps ambré qui coule et fond sur le mien. Je jouis sur, dans et avec toi. 

J’ai envie de toi. Tout le temps. Je t’appelle ici et maintenant. Là. Je te supplie.

Mon amour, rejoins-moi.

Viens calmer la tempête de mon cœur. 

Je t’attends.

Photo Jeremy Bishop


La canicule

Il fait chaud. La canicule m’empêche de respirer. Ça me fatigue.

Je suis dans mon lit, prête à me coucher. Il est tard, mon corps a besoin de repos. Je ferme les yeux, je sombre tranquillement vers un sommeil profond quand mon cellulaire vibre sur ma table de chevet.

Je tends la main, j’ouvre un œil.



Mon corps se dégourdit et s’éveille rapidement. J’habite mes sens et mes envies. Viens, viens ici ; t’attendre est vrai un supplice. 



Tu arrives rapidement. Tu entres dans ma chambre. Tu me regardes.

Je me couche sur le dos et j’ouvre mes jambes grandes comme le ciel pour te faire une place. Tu t’avances comme un animal qui chasse sa proie. Le feu dans tes yeux éveille celui dans mon ventre ; mon sexe bouille pour toi.

Je gémis déjà à te regarder te déshabiller devant moi. Mon corps est en mouvance et mon bassin vibre comme une tempête sur l’océan qui inonde l’entrée de mes jambes. Je te veux tellement. 

Ton corps nu près du mien, je sens ton sexe qui cherche son nid ; tu cherches l’entrée à moi, à nous, à notre cœur. Mais vilaine comme je suis, je me retourne sur le ventre et je cambre mes fesses pour fracasser la peau toute douce de ton bassin.

C’est toi qui gémis. Tu griffes ma peau, tu empoignes mes fesses et tu les claques ; je sais que tu me désires comme je te désire. 

Je m’étends un peu, tu glisses deux doigts en moi ; je leur fais l’amour et mon sexe les engloutit. Une de mes mains trouve son chemin pour t’aider, je jouis rapidement sur nos paumes.

Tu glisses les mêmes doigts que ceux qui étaient cachés en moi dans ma bouche ; je les suce et les lèche doucement. Je tourne ma tête par-dessus mon épaule, tu mouilles ton sexe par ta main et tu entres doucement en moi. Je te regarde toujours alors que tu agrippes mes cheveux pour mieux retenir ma tête. 

J’ai chaud — la chaleur de la canicule se mêle à celle de mon corps ; tu me fais tellement de bien. Mon corps entier est trempé ; le tien aussi. Nos voix déchirent et transpercent le silence de mon appartement. Nous allons jouir en même temps. 

Les spasmes de ton sexe éveillent mon envie pressante de jouir à nouveau ; tu t’accroches à mes hanches, tu râles un peu et moi aussi. Je relâche la tension et je te rejoins, eau à eau, orgasme à orgasme, vibrations à vibrations. 

Tu m’embrasses sur le front, le nez, la bouche. Tu files comme l’air après des amours et des caresses. La canicule revient au galop chercher mon sommeil, mais mon cellulaire vibre encore…



Photo Sascha Matuschak

Passion d’été

Un texto. Un lieu de rencontre. Une soirée.

Rien de plus pour enflammer mes sens et enfiler une robe sans porter de sous-vêtements. Avec toi, je me sens coquine et j’ai cette envie facile d’exciter ton corps, ton esprit et ton cœur. 

Je te rejoins à notre point de rencontre. Tu m’attends déjà à une table. Tu te lèves en me voyant et tu passes ta main sur ma hanche. Tu t’approches de moi et tu embrasses ma joue, près de mes lèvres. Je frissonne. La pointe de mes seins s’éveille et marque le léger tissu de mon vêtement. Tu le vois, je le perçois dans tes yeux. 

On s’assoit l’un en face de l’autre. Les jeux de pieds commencent. Et la valse des mains aussi. Ton regard dans le mien me fait fondre, je me laisse bercer par tes doigts malins qui cherchent l’entrée de mon corps près de mes cuisses.

J’appuie ma main devant ma bouche pour camoufler mes respirations et mes petits râlements. Tu m’excites. Tellement.

Tu ris. Moi aussi. 

On boit un verre, deux et trois. Je te fais des yeux de chatte, je ronronne à distance pour ton corps. Ta peau m’appelle et je veux répondre.

Maintenant.

Tu me demandes si je veux aller chez toi, ce à quoi je réponds : « S’il te plaît. »

On marche rapidement et légèrement alcoolisés, nous rions aisément. Tes doigts se glissent sous ma robe où tu pinces mes fesses sans retenue. On rit encore plus fort — ton sourire se transforme en désir indomptable. 

Ta main glisse contre ma nuque et tes doigts se fondent à la base de mes cheveux. Tous les vents de mon corps se lèvent, c’est une tornade dans mon ventre qui ravage mes sens et mon sexe. Je te désire. Tellement. 

Tu me pousses doucement vers la ruelle derrière nous. On rit encore, je regarde à gauche et à droite — tu ne regardes que mes yeux. Tu me colles doucement contre la brique d’un bâtiment. Tes mains se baladent sur mon corps, de mes seins à mon ventre. Tu respires fort, tu lèches ma bouche et mordilles mes joues. Je n’en peux plus. Je te veux. Je te veux en moi. Tellement.

Une de tes mains disparaît entre mes jambes où deux doigts viennent pianoter une mélodie d’amour en moi. Je mords une de tes lèvres afin de retenir mon souffle. Tu me regardes toujours dans les yeux, ma respiration s’accélère, mon bassin se cambre, mes cuisses se serrent, mon sexe vibre…

J’essaie de ne pas trop faire de bruit, de rester silencieuse, de cacher ma douceur, mais tu me dis : « Laisse-toi aller, amour de mon cœur. Jouis. »

Et comme ça, mes yeux dans les tiens, mon haleine qui se mélange à la tienne la bouche grande ouverte comme le ciel, je jouis sur tes doigts, sur toi, en pensant à toi, avec toi, grâce à toi.

On rit encore. Aux éclats. Tu m’embrasses le nez. Tu lèches tes doigts. Je t’embrasse sur la bouche. Tes doigts viennent encore pincer une de mes fesses.

Un regard. On sait. Alors on se met à courir pour se diriger chez toi.

Pour se faire l’amour. Parce qu’on s’aime. Tellement.

Photo Justin Luebke