Nous nous aimons

Nous faisons l’amour comme nous écrivons nos vies à deux.

Chaque matin, sur des coins de papiers, nous nous laissons des notes pour nous rappeler du passé et des débuts fébriles de notre amour.

Comme la vie va vite et passe en accéléré, nous oublions parfois pourquoi les rides et les zébrures sur nos peaux parlent de ce qui nous rallie et nous anime depuis des années.

Nous nous aimons. 

Passionnément, fougueusement, doucement. Pour des raisons qui font figer nos souvenirs et nos mémoires. Notre histoire est celle qui nous permet de respirer malgré les tempêtes du quotidien. 

Nous avançons dans une brume imaginaire dans laquelle nos rêves sont tenus en suspens, mais c’est vrai : nous nous aimons. 

Nous faisons encore l’amour comme au début, comme si nous étions toujours à la découverte de l’autre, de la sueur, du corps, des vibrations, des battements de cœur. Est-ce que ceci te fait du bien? Et cela? 

Nous écoutons nos hanches parler lorsque nos corps fusionnent, nous dansons en même temps, à bout de souffle et de peur. Nous nous abandonnons à perte de vue, doigts ficelés et bouches suspendues l’une à l’autre.

Nous attendons patiemment l’orgasme de l’autre pour le rejoindre, un peu en salut, un peu en souffrance. Jouir à deux, c’est mieux respirer. 

Nous nous aimons. 

Envers et contre tous, malgré les jeux de l’amour et les espoirs qui doivent parfois encore dormir un peu. Nous nous apprivoisons encore, nous savons qu’il faut parfois chuchoter pour éviter que nos cœurs se brisent.

Chaque jour, nous réécrivons le monde à deux, comme si les alentours n’existaient pas. 

Abandonnés à nous, nous nous enterrons sous les piles de secrets que nous nous promettons, créant un avenir que seuls nous pouvons réaliser. 

Nous avons deviné les réflexes de l’autre, mimant chaque mouvement avec la plus belle et grande des délicatesses.

Nous nous mouvons devant toute la tendresse que nos yeux se partagent même lorsque la noirceur nous empêche de retrouver une parcelle de lueur.  

Chaque soir, nos mains disparaissent sous les draps, réalisant tous les souhaits que nos bassins espèrent. C’est notre manière à nous de se parler. 

Mais c’est bien vrai, nous le savons, nous le ressentons, nous le disons :

Nous nous aimons. 

Photo Baran Lotfollahi

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