Les corps du dimanche

Il pleut, c’est un dimanche calme. Le silence de notre chambre éveille mes sens qui se dégourdissent tranquillement. J’observe ton corps dormir, encore douillet et chaud, réfléchissant sous les premiers rayons d’un soleil incertain.

Je repousse le drap, tu grognes doucement. Ta peau frissonne, je vois tes poils se raidir. Ta nudité est splendide ; tes zébrures aux cuisses, tes hanches étirées et tes épaules accueillantes réveillent mon sexe encore couché.

Le bout de mes doigts galope doucement près de ton pubis. Mon souffle s’adapte au tien qui devient de plus en plus rythmé. Réveille-toi mon bel amour, j’ai envie de tout de toi.

Tu ouvres les yeux, ta main glisse contre ma nuque, tu empoignes mes cheveux. Je sais que tu me désires comme je te désire. Tes yeux parlent et je reconnais bien ta langue qui valse sur mes lèvres.

Mes doigts disparaissent, enveloppés par ton sexe qui m’appelle, vibrant d’excitation pour mon propre corps à découvert. Tu gémis dans mes oreilles, je sens que je peux promener mon bassin sur le tien.

Et je monte accroupie, retenant mes mains sur ta poitrine, mon dos arqué comme une guerrière, j’avance et je recule en même temps que tu te dégourdis. Nous sommes puissants ensemble.

Nos sexes s’abreuvent l’un à l’autre, ils ont soif. Ils se reconnaissent rapidement – nos abysses sont connectés par une passion en tornade infinie.

Nous allons vite, plus vite. Nos haleines sont libres, nos peaux transpirantes. Mes ongles s’enfoncent à la peau fragile de ton ventre. Ta bouche s’ouvre, ton regard s’abandonne au mien. Les eaux de ton sexe me font accélérer encore plus. Tu m’excites tellement. Je sais que tu arrives, nos orgasmes sont toujours en même temps : nous nous reconnaissons intuitivement.

Tu t’agrippes à mes hanches généreuses, tu y tatoues tes empreintes. Les pointes de mes seins se durcissent et reluisent de chaleur. Tu me demandes de t’embrasser, tu me dis que tu m’aimes. Tu déclenches la dernière course à l’atteinte de mon orgasme.

Je jouis, toi aussi, tu me fais du bien, tu nous fais du bien.

La pluie s’adoucit, la peau de ton visage aussi. Tu me souris. Le soleil se craque un espace parmi les nuages. Nous relevons les draps, et moi je recommence à taquiner tes hanches ondulantes avec mes doigts qui suivent le rythme des gouttes qui s’achèvent sur la fenêtre de la chambre.

Les jours de pluie sont mes journées favorites. Surtout les dimanches.

Photo Ava Sol

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