Tatouage

Il fait déjà nuit. J’ai passé la journée entre les boîtes de déménagement et le rangement. J’ai l’impression de ne pas voir le bout du tunnel à tout ce fouillis, j’ai envie de dormir et de ne pas me réveiller pour trois mois.

Notre séparation est difficile, tellement difficile. Je ne mange pas, je ne dors pas, je ne respire pas. Ne plus t’avoir dans ma vie est un vrai calvaire infernal.

Je m’assois sur le divan nonchalamment, mon cellulaire vibre dans ma poche arrière. C’est toi. Mon cœur se serre. Tu m’écris pour savoir comment je vais, comment ça s’est passé, comment je me sens.

Mal. Mal. Mal.

Je te veux, je te désire encore. De tout mon être. Je pense à toi constamment, le temps ne veut jamais passer ; tout est figé. Comme une toile, une vague qui m’engloutit, un trou infini.

Tes mains sur mon corps, ma peau, mon être tout entier. Tes doigts qui glissent sur mon ventre, ma nuque, mes lèvres. Ta langue qui chatouille mes épaules, ma bouche, mon sexe.

Je veux te retrouver, me souvenir de toi et de nous deux.

Tu me faisais l’amour doucement, avec passion, tendresse et délicatesse. Tu me baisais comme un animal, une chatte hurlante, un fauve sensuel et érotique. Tu me prenais comme je voulais, en écoutant ma peau et mon sexe et en faisant vibrer mon corps, mon esprit et mon cœur.

Je verse une larme.

« Tu veux que je passe te voir ? »

Ce à quoi je m’empresse de répondre « oui » avec un emoji content et gêné. Je me sens stupide, mais je suis dans une spirale éternelle entre le virtuel, l’imaginaire et le réel ; je veux que mes pensées deviennent réalité. Je dois te sentir près de moi encore. À tout prix.

Ça cogne à la porte, c’est toi. J’ouvre, mon cœur se serre. Je ressens encore et toujours la même chose ; ta beauté me frappe et m’absorbe. Un vertige s’empare de moi lorsque tu t’approches pour m’embrasser sur la joue.

Une fraction de seconde ne suffit que pour transformer un bec amical en baiser passionnel. Ta langue s’entortille à la mienne, nos salives deviennent raz-de-marée et nos lèvres tempête à la mer. Le temps s’arrête et fige, enfin. Je sens que je peux respirer à nouveau.

Je tente ma chance et glisse une main confiante dans ton pantalon. Ton sexe mouillé répond à mes doigts et je plonge vers toi.

Tu me secondes et enlèves mes vêtements, tu m’étends sur le sofa et cache ta tête entre mes jambes. Ta langue sculpte mon sexe avec précision, comme tu sais si bien le faire. Des mois ont passé sans ta bouche sur mon corps, mais cette dernière a une mémoire et les souvenirs font rapidement surface lorsque le contact de nos peaux se fait.

Je jouis rapidement. Tu m’excites tellement. Mon sexe qui barbouille ton visage ne t’arrête pas, tu reprends ton rythme. Tu me connais et tu sais que je peux venir plusieurs fois. Alors tu continues en me regardant dans les yeux, en mordant tes lèvres et en les léchant. Pour m’exciter, me tenter, me faire flancher.

Et je jouis encore sur toi, sur tes mains et dans ta bouche.

« Veux-tu que j’arrête ? »

Non, n’arrête jamais. Je te veux toujours, partout, et tout le temps. Prends-moi ici, prends-moi là, je veux jouir dans et sur tes bras. Dans la chaleur de ton lit, dans le feu de mes draps. Je veux inonder tes doigts et ta bouche. Engourdir ta langue et tes lèvres. Je veux que ton sexe crie pour ma peau, pour mon cœur. Comme une bête agonisante, comme un loup devant la lune.

Et bête fatale que tu es, tu me vois ronronner et m’agiter, alors tu me tournes et relèves mon bassin. Tu entres en moi facilement, parce que je t’attendais. Comme je t’ai toujours attendu.

Rapidement on se rejoint, dans l’excitation du moment qu’on attendait de vivre ensemble à nouveau. L’orgasme sur lequel je jouissais en cachette depuis des mois sans toi à penser à ton corps, ta peau et ton sexe.

Tu as éveillé tes sens et les miens comme au tout début. Tu as retrouvé les flammes du feu braisé au fond de ton ventre. Tu nous as unis à nouveau, enfin.

Tu m’embrasses. Je te retourne le baiser.

« Je n’ai pas envie de m’en aller. »

Moi non plus. Alors je te demande de rester et je te donne une clé. Tu pourras venir te blottir dans mes bras sur mon sofa de mon nouvel appartement où tu as laissé ta marque.

La même que je porte déjà au cœur, sur la peau, dans mon corps, à tout jamais.

Comme un tatouage. 😊

Photo feliperizo.co

Flashback

🖤 Audio de Flashback 🖤

J’arrive chez toi, j’ai chaud. Mon cœur bat vite et fort ; je suis nerveuse. Je reste un peu dans ma voiture et j’essaie de me calmer.

Tout est arrivé si vite, flashback d’il y a 10 ans où ma peau coule sur la tienne.

J’ai un drôle de vertige.
J’entre dans ton appartement, mes mains sont moites. Tes yeux tombent directement dans les miens ; tu sais ce que tu veux. Tu me souris, j’ai une boule de chaleur au ventre.

Tu t’approches de moi et tu glisses ta main sous mon oreille, en prenant soin de la lover dans ma nuque. Tu es si près, je peux sentir ton souffle de ta poitrine à la mienne. Mes jambes ramollissent, je me sens fondre devant toi.

Ta langue entre dans ma bouche, tu mords mes lèvres et les lèchent – la boule de chaleur dans mon ventre grossit de plus en plus. Tu me prends dans tes bras et tu m’étends sur le lit. Tu me regardes dans les yeux, tu me déshabilles lentement. Tu détaches ton pantalon et tu entres en moi sans même me toucher.

Mais je respire avec et en même temps que toi et ton corps sur le mien me fait du bien : je m’abandonne complètement.

Tu sors et tu recules, ta tête vient se cacher entre mes jambes. Tu me retournes. Tu lèves mon bassin, tu mords mes fesses et les claques. Mon cœur bat si fort. Mais animale comme je suis, je reprends ma confiance et je me cambre comme une chatte devant toi. Tu t’excites toi aussi, je suis capable de te déshabiller à mon tour. À genoux devant toi, je te prends dans ma bouche où tu vas te cacher le plus loin possible.

Ton corps est en sueur.
Je sens ton cœur battre au bas de ton ventre, tu repousses ma tête et tu me tires vers toi. Je te chevauche de dos. Mais je te regarde par-dessus mon épaule et ma bouche en cœur et mes yeux de féline te portent à accélérer le rythme. Tu me dis d’arrêter de te regarder comme ça, avec mon regard de supplication, mais je veux te faire jouir.

Je ne t’écoute pas et je m’agrippe à tes cuisses où mes ongles entrent dans ta peau. Tu me demandes de me faire jouir, je te dis oui, mais seulement si tu jouis en moi. Et à ce moment, où je t’entends te lamenter sous mon bassin, mes yeux roulent vers le ciel et ma bouche infinie relâche un cri de jouissance qui te passe dans tout le corps comme un choc électrique.

La boule de chaleur dans mon ventre explose.
J’ouvre les yeux, je suis toujours dans ma voiture, je transpire abondamment et je suis incroyablement excitée.
J’arrive devant ta porte. Tu m’ouvres. Tu n’as pas changé. Encore une boule de chaleur au ventre, mais celle-là, j’ai envie de la partager avec toi – dans la réalité, encore une fois de plus.

Photo Jon Tyson