L’éveil d’une vie

Collaboration AUDIO avec Mike Beaudoin

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil naissant. Tes yeux de félin s’éveillent tranquillement. Tu passes une main dans tes cheveux et tu humectes tes lèvres. Tu me souris. Tu me donnes la chair de poule.

Mes doigts naviguent contre la peau sous mes fesses. De mon sexe à mes seins, mes mains caressent les vagues de mon corps. Je soulève des vents, marées et tornades en te regardant dans les yeux. Ma bouche appelle la tienne.

Je m’approche de toi, j’ai envie de te faire l’amour. Comme la première fois, comme un choc électrique, comme un trésor que l’on découvre près des sables blonds et des doux secrets de la mer. Ta peau, tes lèvres, ton ventre, tes seins, tes jambes… ta beauté me chavire et m’absorbe.

L’eau du creux de mon ventre abonde en inondation violente, l’entrée de mes jambes crie pour ta peau. J’ai soif pour ta sueur, faim pour ton corps. Du désir à l’amour, mon sexe bouillant me donne des vertiges. Viens me rejoindre, glisse ton corps près du mien.

Tu es belle. Femme fatale et animale, ma peau sur la tienne, je t’entends ronronner près de mes oreilles. Tu me fais perdre la tête et chatouille tous mes sens. Ton regard de chatte, tes courbes ondulantes, ta bouche fondue à la mienne… J’entre en toi, ton corps avait besoin du mien. Je gémis, toi aussi.

Je t’accueille. Mes jambes enrobent ton bassin, je m’agrippe et m’accroche à toi pour l’éternité. On se regarde dans les yeux, je lèche tes lèvres. Ma langue glisse contre la tienne, serpentant entre l’océan dans lequel tu essaies de nager sans te noyer.

Amour de ma vie, je laisse mes mains me guider vers toi alors que mon corps prend le tien. Je chatouille doucement ton sexe. J’ai envie de laisser les vagues de ta peau engloutir mon visage. Mes yeux suivent naturellement le chemin vers le bas de ton ventre – douce cachette où ma langue trace constamment ses allées et venues comme une carte de chasse au trésor.

Coeur de ma vie, tes lèvres embrassent les miennes – tu sais comment me retrouver. Une onde me glace le sang, mes muscles se contractent, mes ongles pénètrent ton épiderme, un cri, des spasmes, une crampe : je jouis sur toi et dans ta bouche. Tu as trouvé tous les diamants de mon corps.

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil vibrant. La puissance de ton corps après l’amour, ta bouche chaude et asphyxiée, tes yeux qui fondent, le début de tes cuisses humides, tes joues rougies… tu es belle. Et je vais te regarder, t’observer et t’aimer comme ça, longtemps. Toutes les nuits. Tous les matins. Toute ma vie.

Photo JR Korpa

Tempête de mon coeur

Quand tu poses tes mains sur mon corps, une tempête m’habite.

De toutes les vagues que j’ai ressenties, un courant d’air me passe de la colonne vertébrale au ventre lorsque tu possèdes ma peau. Mon cœur en suspens — comme une eau calme, brouille toutes les mers et marées de mon épiderme. 

Tu m’étourdis. Comme une tornade, comme les brumes près des eaux du matin. Tes aurores matinales m’absorbent et m’envoutent comme des sorts jetés. Petite sorcellerie, tu m’aspires et couches toute mon âme sur la tienne.

Quand ton corps entre dans le mien, je sens que le monde arrête de tourner. Ton sexe lové au creux du mien, délicate fleur qui s’ouvre pour tous tes sens, mes jambes ouvertes grandes comme le ciel accueillent ton essence comme les premiers rayons de soleil.

Tu es là, en moi, toujours et du matin jusqu’au soir, je rêve de ta peau, de ton corps, de ton cœur qui bat entre mes jambes. 

T’ai-je déjà dit à quel point ton corps faisait vibrer le mien ?

Quand tes doigts retrouvent leur chemin en moi, à l’entrée de mon sexe, où mon cœur bat en trombe, où je me m’ouvre, fane et renaît à la fois — ce sont toutes les eaux de mon corps qui se rejoignent en un seul et unique océan. 

Tu me réchauffes le sang, printemps et été à la fois entre toutes mes veines. Tu allumes tous les feux dans mon ventre, braisés par tes doigts qui tachent ma peau d’ecchymoses de nos nuits d’amour.  

Je perds la tête. Doucement et lentement quand j’imagine nos peaux réunies. Au fond de ton lit, ton corps ambré qui coule et fond sur le mien. Je jouis sur, dans et avec toi. 

J’ai envie de toi. Tout le temps. Je t’appelle ici et maintenant. Là. Je te supplie.

Mon amour, rejoins-moi.

Viens calmer la tempête de mon cœur. 

Je t’attends.

Photo Jeremy Bishop


La canicule

Il fait chaud. La canicule m’empêche de respirer. Ça me fatigue.

Je suis dans mon lit, prête à me coucher. Il est tard, mon corps a besoin de repos. Je ferme les yeux, je sombre tranquillement vers un sommeil profond quand mon cellulaire vibre sur ma table de chevet.

Je tends la main, j’ouvre un œil.



Mon corps se dégourdit et s’éveille rapidement. J’habite mes sens et mes envies. Viens, viens ici ; t’attendre est vrai un supplice. 



Tu arrives rapidement. Tu entres dans ma chambre. Tu me regardes.

Je me couche sur le dos et j’ouvre mes jambes grandes comme le ciel pour te faire une place. Tu t’avances comme un animal qui chasse sa proie. Le feu dans tes yeux éveille celui dans mon ventre ; mon sexe bouille pour toi.

Je gémis déjà à te regarder te déshabiller devant moi. Mon corps est en mouvance et mon bassin vibre comme une tempête sur l’océan qui inonde l’entrée de mes jambes. Je te veux tellement. 

Ton corps nu près du mien, je sens ton sexe qui cherche son nid ; tu cherches l’entrée à moi, à nous, à notre cœur. Mais vilaine comme je suis, je me retourne sur le ventre et je cambre mes fesses pour fracasser la peau toute douce de ton bassin.

C’est toi qui gémis. Tu griffes ma peau, tu empoignes mes fesses et tu les claques ; je sais que tu me désires comme je te désire. 

Je m’étends un peu, tu glisses deux doigts en moi ; je leur fais l’amour et mon sexe les engloutit. Une de mes mains trouve son chemin pour t’aider, je jouis rapidement sur nos paumes.

Tu glisses les mêmes doigts que ceux qui étaient cachés en moi dans ma bouche ; je les suce et les lèche doucement. Je tourne ma tête par-dessus mon épaule, tu mouilles ton sexe par ta main et tu entres doucement en moi. Je te regarde toujours alors que tu agrippes mes cheveux pour mieux retenir ma tête. 

J’ai chaud — la chaleur de la canicule se mêle à celle de mon corps ; tu me fais tellement de bien. Mon corps entier est trempé ; le tien aussi. Nos voix déchirent et transpercent le silence de mon appartement. Nous allons jouir en même temps. 

Les spasmes de ton sexe éveillent mon envie pressante de jouir à nouveau ; tu t’accroches à mes hanches, tu râles un peu et moi aussi. Je relâche la tension et je te rejoins, eau à eau, orgasme à orgasme, vibrations à vibrations. 

Tu m’embrasses sur le front, le nez, la bouche. Tu files comme l’air après des amours et des caresses. La canicule revient au galop chercher mon sommeil, mais mon cellulaire vibre encore…



Photo Sascha Matuschak

Passion d’été

Un texto. Un lieu de rencontre. Une soirée.

Rien de plus pour enflammer mes sens et enfiler une robe sans porter de sous-vêtements. Avec toi, je me sens coquine et j’ai cette envie facile d’exciter ton corps, ton esprit et ton cœur. 

Je te rejoins à notre point de rencontre. Tu m’attends déjà à une table. Tu te lèves en me voyant et tu passes ta main sur ma hanche. Tu t’approches de moi et tu embrasses ma joue, près de mes lèvres. Je frissonne. La pointe de mes seins s’éveille et marque le léger tissu de mon vêtement. Tu le vois, je le perçois dans tes yeux. 

On s’assoit l’un en face de l’autre. Les jeux de pieds commencent. Et la valse des mains aussi. Ton regard dans le mien me fait fondre, je me laisse bercer par tes doigts malins qui cherchent l’entrée de mon corps près de mes cuisses.

J’appuie ma main devant ma bouche pour camoufler mes respirations et mes petits râlements. Tu m’excites. Tellement.

Tu ris. Moi aussi. 

On boit un verre, deux et trois. Je te fais des yeux de chatte, je ronronne à distance pour ton corps. Ta peau m’appelle et je veux répondre.

Maintenant.

Tu me demandes si je veux aller chez toi, ce à quoi je réponds : « S’il te plaît. »

On marche rapidement et légèrement alcoolisés, nous rions aisément. Tes doigts se glissent sous ma robe où tu pinces mes fesses sans retenue. On rit encore plus fort — ton sourire se transforme en désir indomptable. 

Ta main glisse contre ma nuque et tes doigts se fondent à la base de mes cheveux. Tous les vents de mon corps se lèvent, c’est une tornade dans mon ventre qui ravage mes sens et mon sexe. Je te désire. Tellement. 

Tu me pousses doucement vers la ruelle derrière nous. On rit encore, je regarde à gauche et à droite — tu ne regardes que mes yeux. Tu me colles doucement contre la brique d’un bâtiment. Tes mains se baladent sur mon corps, de mes seins à mon ventre. Tu respires fort, tu lèches ma bouche et mordilles mes joues. Je n’en peux plus. Je te veux. Je te veux en moi. Tellement.

Une de tes mains disparaît entre mes jambes où deux doigts viennent pianoter une mélodie d’amour en moi. Je mords une de tes lèvres afin de retenir mon souffle. Tu me regardes toujours dans les yeux, ma respiration s’accélère, mon bassin se cambre, mes cuisses se serrent, mon sexe vibre…

J’essaie de ne pas trop faire de bruit, de rester silencieuse, de cacher ma douceur, mais tu me dis : « Laisse-toi aller, amour de mon cœur. Jouis. »

Et comme ça, mes yeux dans les tiens, mon haleine qui se mélange à la tienne la bouche grande ouverte comme le ciel, je jouis sur tes doigts, sur toi, en pensant à toi, avec toi, grâce à toi.

On rit encore. Aux éclats. Tu m’embrasses le nez. Tu lèches tes doigts. Je t’embrasse sur la bouche. Tes doigts viennent encore pincer une de mes fesses.

Un regard. On sait. Alors on se met à courir pour se diriger chez toi.

Pour se faire l’amour. Parce qu’on s’aime. Tellement.

Photo Justin Luebke

Les vagues

Je déferle mon propre escalier pour me rendre au tien. Je traverse le pont en un éclair et déjà, en moins de 15 minutes, mon corps te rejoint comme en agonie. Tu me manquais. Tellement. Terriblement. Tremblement.

Tes yeux, ceux qui m’ouvrent la porte et qui font résonner tous les tambours de mon cœur m’attendaient aussi. Je te prends dans mes bras, ma langue glisse dans ta bouche. Mon corps appelait le tien. Depuis des heures, des jours, des semaines, des mois, des années ; depuis le début de ma vie.

Je t’attire en anguille vers ton lit, j’ai faim et soif pour ta peau. Mes mains contrôlent rapidement ton corps. Je te déshabille en une respiration, le temps que mes doigts fondent et coulent autour de ton sexe. Ce que je veux, ce soir, c’est de te rendre fou de la tête aux pieds.

Je me glisse entre tes jambes, j’ouvre tes cuisses pour retrouver ma place à moi. Ma place que tu partages et confies ailleurs, mais qui retrouve toujours sa vraie et unique chaleur avec moi. Ma place gardée au chaud, qui brûle et tremble quand elle sent et ressent le souffle de mon cœur près de ses racines. Celle qui soulève toutes les mers et les marées de mon corps. Toi, mon seul et unique océan.

Je bave et salive sur toi en te regardant dans les yeux. La houle se lève. Tu râles un peu, mes griffes sillonnent tous les périmètres de tes fesses. Tu entres dans ma bouche, ta respiration s’accélère ; la cadence du creux de ma gorge aussi. Les vagues se lèvent, tout doucement. 

Tu me dis de ralentir en repoussant ma tête, je vais plus loin et je lève mes yeux vers les tiens. Ta bouche en asphyxie, les perles de sueur de sexe au bout du nez et ton regard timide et désarmé me supplient d’arrêter. Je me cambre et mon bassin serpente tout doucement jusqu’au tien. Tempête.

Tu es là, au bout de moi, à cogner à l’entrée de mon corps, aspirant la chaleur et les respirations de mon sexe tout près du tien. Je vibre doucement au-dessus de ton être, c’est maintenant toi qui agonises pour retrouver ta place en moi. Celle qui a toujours été tienne.

M’attendre pour que tu entres te fait mal, ça brûle, ça chauffe en dedans. Avec peine et misère, tu essaies de retenir mon bassin :

« Laisse-moi entrer. S’il te plaît. Laisse-moi. »

Mais l’attente, l’attente de moi, l’attente de nous est meilleure que d’exaucer tes vœux. J’écarte l’entrée de mon sexe que je frotte sur toi en te regardant dans les yeux. Les vagues reprennent leurs remous de plus belle. Tu respires à t’en évanouir, ton corps a besoin du mien.

Je le sais, je le sens, je l’entends.

En retenant mon souffle, j’écarte mes jambes et je te laisse entrer, loin, le plus loin que tu peux aller. Des frissons se créent sur la peau de ton ventre et les poils de ton pubis se hérissent.

C’est ce que je veux. Tout le temps. Toi avec moi. Toi sur moi. Toi dans moi.

Nos corps dansent ensemble, comme une valse sans fin. La musique de nos corps, c’est le rythme de nos peaux qui résonne dans le vide de ta chambre. Je suis bien, toi aussi. On est bien.

La tempête se calme tranquillement. Tu me dis que tu vas jouir, mais c’est impossible sans m’entendre en premier. Tu me retournes et m’étends sur le lit, à plat ventre. Tu relèves mes hanches et tu entres. Fort.

Ton corps berce le mien. Je suis cambrée, le plus haut possible. À te recevoir et à te laisser m’envahir. Au complet. Je me retiens en tirant le drap. Ton corps devient le mien. Tu claques une de mes fesses. Je vibre tout doucement une première fois et inonde l’intérieur de mes cuisses. Ton corps est mien.

Tu respires plus fort. Tu accélères la valse. Tu t’accroches à mon bassin plus fermement.
Les vagues reprennent de plus belle. Nos sexes mouillés coulent ensemble et deviennent mers, marées et océans. On jouit ensemble. Tout près. Ton corps dans le mien.

Tu respires pour de vrai, enfin. Et moi aussi.

Je sais que tu pars encore, que tu me quittes un instant, que ton corps va flotter ailleurs. Le mien aussi, fleur libre que je suis.

Mais dans l’ivresse de toi, de moi, de nous, il n’y a jamais rien de plus beau que de se retrouver enfin ensemble.

Et ce, chaque fois que les vagues se lèvent dans nos corps.

Photo Ross Sokolovski

Musique de nos coeurs

Je sors du bureau, il est passé 21 : 00. Je suis exténuée, mon corps veut se coucher en même temps que le soleil. Je marche tranquillement vers ma voiture et du coin de l’œil, j’aperçois un nouveau petit bar de quartier qui vient tout juste d’ouvrir. 

J’hésite à ouvrir la porte de ma voiture. Allez, un verre et je rentre à la maison par la suite. Je traverse la rue rapidement et me dirige vers le bar aux allures quelque peu obscures. Je suis intriguée — une affiche indique un spectacle ce soir. Un chanteur et sa guitare acoustique. Bon, encourageons les artistes locaux, que je me dis.

J’entre, c’est sombre et feutré. L’ambiance est lourde, mais calme. Il y a plusieurs personnes sans que ce soit étouffant. Je me sens bien. Je m’installe au bar et je commande un verre de vin. 

Je prends une gorgée à peine de mon verre que ledit chanteur embarque sur la scène. Je m’étouffe un peu — je suis hypnotisée par sa beauté. J’essuie ma bouche avec le revers de ma manche et je souris à un inconnu à mes côtés qui me demande si je vais bien. 

Il commence à chanter, à gratter sa guitare. Une boule de chaleur m’envahit et grossit au creux de ventre. Je ressens un drôle de vertige — je suis à la fois captivée et fascinée par ses lèvres, sa voix, ses yeux, ses doigts sur les cordes, son corps qui bouge avec sa propre musique. Je ferme doucement les yeux, je me laisse bercer par les notes, les paroles et ce que tout mon être ressent dans le moment présent. 

Je me sens vibrer, comme mon âme qui décolle et vole. Je frissonne, mon cœur bat à la vitesse de l’éclair. Un mal de cœur s’empare de moi tellement je suis étourdie par lui. 

Le temps passe vite, son spectacle est déjà fini. Un étrange sentiment m’habite, comme un vide, une absence. Je termine mon verre et je scrute l’arrière-scène. Je trouve facilement comment m’y rendre subtilement. Je pousse quelques rideaux et je l’aperçois au fond d’une petite pièce. La porte est à moitié fermée, il boit une bière tranquillement. Je m’approche, il entend mes talons et lève les yeux. Je lui souris, lui aussi. Je me présente, il me dit d’entrer. Il est très attirant oui, mais c’est le timbre de sa voix qui me fait perdre tous les sens de mon corps. Je suis en transe pour sa bouche. 

On rit, on parle, il chante encore pour moi. Je m’approche de lui et je lui dis : « Tu sais comment venir me chercher, toi. ».

Il me regarde droit dans les yeux et me dit : « Ce serait plate de chercher pour te faire venir, en effet. »

La boule dans mon ventre explose. Mon corps s’élance vers le sien comme un aimant et ses mains se collent automatiquement à mes hanches. Il me retient fort, fermement, et penche sa tête vers la mienne pour m’embrasser.

Sa langue dans ma bouche réveille toutes les mers et les vagues endormies dans mon corps. J’ai le mal de mer ; je navigue entre les eaux de sa bouche. Mon cœur en coquillage lance un cri : c’est un écho éternel qui se crée entre nous deux.

Une de ses mains fait vibrer le rythme de ses doigts vers mon pantalon, je sens qu’il va jouer de moi et de mon corps comme d’un instrument. Sa main enveloppée entre mes jambes est inondée par la rivière de la boule de chaleur explosée. Je suis tellement excitée que j’ai peine et misère à retenir mon souffle.

Je jouis sur ses doigts qu’il vient ensuite porter à ma bouche. Mes mains coquines sentent qu’il est excité lui aussi. Je m’agenouille devant lui et je le prends dans ma bouche. Son sexe vient se lover au creux de ma gorge, comme les paroles de ses chansons. La musique de son corps résonne dans mon palais ; je veux l’ensorceler comme il a jeté un sort à mon ventre.

Il respire fort et souffle mon nom entre ses lèvres : « Petite grande tornade, tu me fais capoter. »

Et moi, affamée pour son corps, son sexe, sa voix, son odeur, son cœur et tout son être, je me relève devant lui et me penche vers l’avant pour le laisser entrer en moi. Je sens la tempête, les remous et la pluie infinie nous envahit tous les deux. Nos sexes mouillent et se mêlent en douce alchimie.

Bercés par l’excitation, nous jouissons en même temps, ses mains accrochées à mon bassin relevé pour lui laisser toute la place dont il a besoin pour me prendre, me pénétrer, se cacher dans les abysses de mon…

J’ouvre les yeux en sursaut, le gars à mes côtés me redemande si je vais bien : « Tu t’es endormie, on dirait… comme si tu étais dans la lune, ou je ne sais trop quoi. » Je lui souris et lui demande où est passé le chanteur qui n’est plus sur la scène. Il me fait signe qu’il est sorti derrière les rideaux. 

Je me lève et confiante, je sais exactement où porter mon corps pour le retrouver. Pour le retrouver comme une mélodie à mes oreilles, à ma bouche, à mes mains. Pour jouer la chanson de nos peaux, de nos cœurs, de notre vie. 

Photo Sebastian Kanczok

Retrouvailles

Fin de soirée. Nous sommes encore devant la télévision. Je te regarde du coin de l’œil, tes yeux se ferment constamment — tu essaies de te battre contre le sommeil qui t’envahit. 

C’est la routine de nos soirées d’amour : le retour du boulot, le souper, faire prendre le bain aux enfants et les coucher, la télé, les yeux fermés, les corps éloignés.

Est-ce que notre couple s’est perdu quelque part ? As-tu oublié l’effet de mes lèvres sur les tiennes ? Suis-je devenue un souvenir du passé ? As-tu encore envie de ma peau nue contre ton corps ?

Tu me dis que tu vas te coucher ; tu es trop fatigué. Tu m’embrasses sur le front, je souris. Cinq minutes à peine sont passées que je t’entends déjà ronfler. Du salon, j’entends aussi les enfants respirer tout doucement. Je suis seule, sur le divan, le visage éclairé par la lumière de l’écran de télévision. Je suis un peu fatiguée, mais je n’ai pas envie de me coucher. 

Je change le poste jusqu’à tomber sur un film pornographique. Mes yeux se réveillent, mes sens aussi. Ce n’est pas vraiment mon habitude de regarder ce genre de film, mais… le bas de mon ventre s’agite et se réchauffe rapidement.

J’observe attentivement les caresses et les corps entrelacés. Assise à cheval sur son partenaire et dos à lui, la femme fait serpenter tout doucement son bassin, comme une chatte. Elle aime ce qu’elle lui fait ; ses yeux s’enflamment et ses mains agrippées aux cuisses de l’homme le confirme bien. 

D’une main, il lui agrippe les cheveux, tandis que de l’autre, il claque ses fesses. Elle gémit et se lèche les lèvres, sa propre main va se lover entre ses jambes. La mienne aussi. 

Je m’agenouille sur mon sofa et m’agrippe à un coussin. Mes doigts sont déjà cachés en moi et je compte jouir en même temps qu’elle. J’accélère le rythme et je me frotte sur ma paume de main. 

À l’écran, mademoiselle ouvre la bouche et commence à râler. Je mords le coussin pour enterrer mon souffle – mais tu sors de la chambre à l’instant même. Coït interrompu. 

Je me sens ridicule — tu me souris. Tu ne dis rien et tu t’approches doucement de moi. Tu retires mon bas de pyjama et tu couches mon bassin près du rebord du divan. Tu t’agenouilles et ta tête vient se cacher entre mes cuisses. 

Ta langue au bas de mon ventre connait sa place ; malgré les semaines passées sans se caresser, ta bouche ne peut jamais m’oublier. Elle me sent, elle me goûte, elle me prend, elle me touche ; elle me reconnait. Toujours. 

Je me frotte sur ton visage et retiens ta tête ; je compte jouir sur ta bouche. Tu me fais du bien, tellement de bien. Ta langue navigue sur ma peau, entre et sort et caresse doucement toutes les petites cachettes secrètes. Tu lèves les yeux vers les miens, je jouis instantanément en tentant d’être le plus silencieuse possible. 

Malin comme tu es, tu sors ton sexe de ton pantalon et tu m’étends sur le sofa. Tu agrippes ma gorge et tu viens te lover au creux de cette dernière. Je te prends avec envie et désir. J’agrippe tes fesses pour pousser ton corps à aller plus loin en moi. Tu lâches un léger cri de satisfaction et je sens ton cœur battre sur ma langue. 

Quelques coups de bassin à peine et je sais que tu vas venir ; mes lèvres reconnaissent les pulsations de ton sexe — je sais toujours comment te satisfaire. Tu ouvres encore la bouche afin de râler de plaisir, mais je te pince une fesse pour te rappeler de conserver le silence.

Tu sors et jouis sur mes lèvres, ma nuque et mes seins. On se regarde et on se sourit. Tu viens pour m’embrasser, mais…

« Maman..? »

On rit doucement, tu me fais signe que tu vas t’en occuper. Tu me fais un clin d’œil en sortant du salon. Je lève les yeux vers la télévision et le film est terminé. Je l’éteins et je sors du salon en souriant.  

Photo Nadine Shaabana

Dernier envol

🖤 Audio de Dernier envol 🖤

Mon amour, mon hirondelle, ma reine des quatre saisons,

Si je t’écris aujourd’hui, c’est pour m’imprégner une dernière fois de toi et de nous. Mon cœur en sang, mes mots doux, ma colombe qui s’envole sans vœux exaucés, je me crève les yeux juste à penser que tu m’as échappé, que tu as glissé entre mes doigts fragiles et frêles.

Tu es partie au début du printemps, quand les tulipes commençaient à se pointer le bout du nez et que les journées s’allongeaient. Ton corps s’est dégourdi, comme ton cœur s’est alourdi. Je me suis affaibli.

Je me souviens de nos mains entremêlées dans ton lit. Tous deux nus, les peaux collées et avides de plus et jamais de moins. Quand tu me faisais l’amour, c’est le monde entier qui se dévoilait et s’ouvrait à moi. Comme tous les petits recoins des pétales d’une rose immortelle.

Ton corps.

Une œuvre d’art que je caresse encore en silence et en cachette, à distance, à m’imaginer ta peau glisser sur la mienne laissant son odeur entre mes pauvres doigts faibles et mes draps. Encore et encore. Mon ange d’une vie, ma femme fatale, mon âme qui vole et s’envole. Loin.

Tu me manques.

Ta façon de me regarder le matin. Le bout de tes seins qui pointent vers le ciel sous ton chandail. Les marques zébrées de ta peau, sous tes fesses, qui démontrent le corps d’une vraie et belle femme. Ton rire qui perce le silence du corridor de mon appartement vide sans toi. Tes yeux plongés dans les miens quand tu glisses ta langue sur mon sexe. Tes mains fines qui pianotent les notes de notre histoire d’amour sur mon ventre frissonnant. Ton esprit tout doux qui tourmente le mien. Ton intelligence qui me déstabilise. Ta fougue incroyable. Ton ambition sans fin et sans limites.

Je t’aime.

Notre amour, nous deux me manque.

Tes doigts dans ma bouche. Tes jambes qui emprisonnent mon corps. Tes fesses qui claquent sur mes hanches. Ton sexe qui mouille le mien. Tes orgasmes qui rejoignent les racines et l’essence même de mon âme. Ta langue qui frétille et dessine son chemin au travers mon esprit. Le bruit de nos corps parfaitement en communion qui fait trembler toutes les terres de la ville et du monde entier.

L’été va arriver, la finesse de tes jambes va se dévoiler. Ton corps allégé par la perte du mien. Ton âme légère et frivole qui va semer son cœur auprès d’autres papillons. Je resterai là, dans le cocon de notre amour à tisser et à pleurer nos beaux jours.

Je resterai là à t’attendre ma belle et douce amour d’une vie. De l’automne à l’hiver et au renouveau du printemps et des abeilles d’été, je t’attendrai ma beauté, ma douceur, ma princesse.

Je t’attendrai pour m’envoler auprès de toi une dernière fois.

Photo Sharon McCutcheon

Professeur B.

Je suis assise au fond de la classe. Je n’ai aucune envie d’être ici, ça fait des années que je n’ai pas mis les pieds à l’université. L’horreur.

Je suis une des seules femmes de mon âge présentes et ça ne me plait pas particulièrement. Je suis forcée à obtenir ces crédits pour le travail. Un peu frustrant la nouvelle réforme.

Le professeur n’est pas encore arrivé, il a 10 minutes de retard. J’ouvre un document relié au boulot, je vais travailler durant ce temps.

Je lève les yeux, un gars assis dans la première rangée se lève.

« Bonjour, je suis doctorant et je travaille pour le professeur du cours, ce dernier semble en retard et fort probablement absent pour aujourd’hui. Je vais commencer et donner le cours. Questions ? Non ? Vous pouvez m’appeler professeur B. et maintenant, fermez vos appareils électroniques. »

Je lâche un petit rire perçant, tout le monde me regarde. Non, mais, on est à la maternelle ou quoi ?

« Vous avez un problème, mademoiselle ? »

De me répondre le doctorant en je ne sais trop quoi. Je ne réponds pas, mais je le fixe droit dans les yeux jusqu’à ce qu’il quitte mon regard. Définitivement mon problème, c’est lui.

Le cours passe lentement, beaucoup trop lentement. C’est d’une lourdeur incroyable. Un cours de 18H00 à 21H00… quel cauchemar interminable. La fin arrive finalement, tout le monde ramasse ses choses rapidement.

« Mademoiselle au fond, vous restez, je vous prie ? J’ai à vous parler. »

J’attends que la classe se vide, je descends ensuite lentement avec mes trucs. Il est assis à son bureau et trie nonchalamment des copies qu’il range ensuite dans son sac. Plus je m’approche, plus je ressens une sorte de magnétisme émaner de lui.

Il a les cheveux en bataille, des yeux fatigués malgré son jeune âge et des lunettes qui cadrent parfaitement son visage. Je m’approche, son odeur se colle automatiquement à ma peau. Il est vraiment beau. Son arrogance d’il y a 3 heures m’avait empêchée de remarquer son charme particulier et unique. J’ai un drôle de vertige, il me déstabilise un peu.

Il lève les yeux, direct dans les miens. Mon cœur se serre, je dépose ma main sur son bureau. Je respire tranquillement. Il sourit.

« Tu veux aller prendre un verre ? On passe dans mon bureau ramasser mon manteau et on y va. »

Son ton de voix qui change me fend les jambes en deux. D’un air un peu niais, j’acquiesce — comme hypnotisée par la confiance qu’il dégage sans bon sens. Je le suis, on se dirige vers son bureau.

Espace minimaliste, légèrement éclairé par une fenêtre qui mène vers le cœur du Centre-Ville et ses mille lumières d’édifices. Son odeur est étalée partout dans son bureau. Je ferme les yeux à peine 1 seconde qu’une main confiante se glisse autour de ma taille.

J’ai chaud, tellement chaud.

Sa main coquine serpente vers mon pantalon et elle s’y glisse aisément. Je sens des doigts confiants disparaître en moi. Ça se fait tout doucement, automatiquement. Comme si je l’attendais depuis toujours. Je pousse un petit cri.

Il se place ensuite devant moi et je redirige sa main curieuse dans ma bouche. Je le regarde droit dans les yeux. Il respire fort.

Il me retourne face à son bureau, je le regarde derrière mon épaule. Il baisse mes pantalons et se rend compte que je ne porte pas de culottes.

« T’es vilaine, toi. »

Il lèche sa main et vient pour mouiller son sexe. Je mords ma lèvre. Je le regarde droit dans les yeux.

« Tu n’as pas besoin de faire ça. »

Il lâche un râlement de satisfaction et s’agrippe à mes hanches. Il entre en moi. Fort.

Mes ongles pénètrent dans le bois de son bureau. Il entoure son poignet de mes cheveux et me claque une fesse. Il me chuchote doucement à l’oreille :

« Allez, jouis. »

Alors je glisse ma main entre mes cuisses et je lui demande d’accélérer le rythme. Mon sexe se serre contre le sien, il le sent et ses doigts qui s’enfoncent dans la peau de mes hanches me font comprendre qu’il va jouir lui aussi.

Nos lamentations de jouissance déchirent le silence de son bureau plongé dans le noir. Je sens que je respire enfin, comme pour la première fois de ma vie. On s’habille doucement, il m’embrasse tendrement en lovant sa main au creux de ma nuque. J’ai une boule de chaleur au ventre.

« Alors ce verre mademoiselle, on le prend ? »

Et on quitte son bureau, main dans la main en souriant.

Photo Andrew Schultz

Catherine

Fin du week-end, dimanche soir.

La solitude du célibat se fait lourdement ressentir, je m’installe devant un film avec un verre de vin.

Une amie m’écrit, je lis ses messages, mais je ne réponds pas. Elle veut sortir, pas moi. Je regarde la télévision sans vraiment être attentive à cette dernière. J’ai la tête ailleurs. Deuxième verre de vin.

Je déprime et grise un peu ces temps-ci. L’ère moderne n’est pas facile pour tomber en amour. Je ne sais même pas si tomber en amour est encore un terme utilisé. C’est triste. Troisième verre de vin.

Mon écran de cellulaire s’allume encore. Je roule les yeux, voulant éviter de plus belle à répondre à mon amie, mais c’est une demande de message privé sur Instagram.

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Je suis déstabilisée, mais amusée. Est-ce le vin qui me monte à la tête ? Je ne sais pas. Mais je me sens attirée comme un aimant.

J’ai envie d’entamer la conversation. Je le fais.

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Mon cœur bat vite, fort. Et je m’emporte facilement.

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Me voilà donc engagée à rejoindre une personne que je ne connais pas. Jugement basé sur des photos. Des sourires. Des mots. Des moments qui semblent déjà doux.

Je m’habille rapidement, j’attrape ce qui me tombe sous la main. Je ne pense à rien. Mais mon cœur lui, oui. Lui, il pense tout le temps. Le pauvre, le gentil, le soyeux. Un petit bijou révélé au monde entier.

Je termine mon quatrième verre de vin. Je file vers le métro.

J’arrive, je ne la trouve pas. Je me fais clairement des attentes, malgré moi. Je soupire et je me retourne vers les marches pour m’en aller ; elle monte.

Mon cœur se serre, se craque et se déchire.

Mes yeux tombent dans les siens. La sensualité et la confiance qui émanent de son corps me fendent les jambes en deux.

Elle s’approche de moi et m’embrasse. Sur la bouche. Avec sa langue qui sillonne tout doucement chaque mètre vers mon cœur. Je suis en transe. Elle me prend par la main et me fait signe de la suivre, on reprend le métro. En silence. À s’observer et se lécher de loin, à distance. À se désirer comme ça ne fait aucun sens. Je transpire, le bas de mon ventre se réchauffe et j’ai l’impression que je vais perdre connaissance.

Elle est tellement belle. Son regard perce tous les murs vers mes sens. Animale rebelle, vilaine et sexuelle. C’est horrible comme j’ai déjà mal.

On arrive devant chez elle après une marche rapide sortant du métro. On entre et on s’embrasse. Vivement. Intensément. Passionnément.

Elle glisse ses mains sous mon chandail et pince doucement mes seins. Je mords sa lèvre inférieure. Elle me pousse sur le divan et me déshabille. Elle retire ses propres vêtements. Elle allonge son corps sur le mien et va cacher sa main entre mes jambes. Je sens ses doigts disparaitre à l’intérieur de mon sexe. Je jouis très vite, elle sourit. Elle me tourne et m’installe à quatre pattes. Elle mord mes fesses et lèche l’intérieur de celles-ci. Sa main amoureuse vient retrouver sa place en moi. Je jouis encore.

Je me tourne et la pousse sur le dos, ma langue glisse de sa bouche à sa nuque, à son ventre à ses seins, jusqu’à son sexe. Je la goûte, je l’aspire, je la sens. Son corps m’appartient. Elle se cambre comme une chatte, tire mes cheveux et retenant ma tête afin de jouir sur mes lèvres.

J’accélère le rythme, j’épouse son sexe avec ma bouche et mes lèvres, ma langue love l’entièreté de ce dernier. Je lève les yeux, elle me regarde. Elle se mord une lèvre et lâche un cri mêlant une rage d’excitation à de la satisfaction. Je viens m’installer à cheval sur elle, nos mains trouvent leur place.

On se regarde, on se comprend. Nos corps ne font qu’un, la lave de nos volcans se mélange et se réchauffe. Il suffit de peu pour jouir encore, mais ensemble cette fois-ci.

On finit par s’étendre un peu, en silence et enlacées. Je ferme un peu les yeux et me retrouve près d’elle le lendemain matin. Je me lève, elle ouvre les yeux et me sourit. Je la quitte en silence.

J’arrive chez moi, saoulée par elle, son odeur, son sexe, ses yeux, ses hanches.

Le souvenir de son corps sur le mien. Le goût de sa cyprine. L’odeur de son haleine.

Les vibrations de son cœur qui bat entre mes lèvres.

L’écran de mon cellulaire s’allume. Je le regarde.

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Je tiens mon téléphone près de mon cœur. Je lui réponds.

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Je souris. L’amour existe encore.

Et je l’ai trouvé dans les bras de Catherine.

Photo Sandro Katalina