La canicule

Il fait chaud. La canicule m’empêche de respirer. Ça me fatigue.

Je suis dans mon lit, prête à me coucher. Il est tard, mon corps a besoin de repos. Je ferme les yeux, je sombre tranquillement vers un sommeil profond quand mon cellulaire vibre sur ma table de chevet.

Je tends la main, j’ouvre un œil.



Mon corps se dégourdit et s’éveille rapidement. J’habite mes sens et mes envies. Viens, viens ici ; t’attendre est vrai un supplice. 



Tu arrives rapidement. Tu entres dans ma chambre. Tu me regardes.

Je me couche sur le dos et j’ouvre mes jambes grandes comme le ciel pour te faire une place. Tu t’avances comme un animal qui chasse sa proie. Le feu dans tes yeux éveille celui dans mon ventre ; mon sexe bouille pour toi.

Je gémis déjà à te regarder te déshabiller devant moi. Mon corps est en mouvance et mon bassin vibre comme une tempête sur l’océan qui inonde l’entrée de mes jambes. Je te veux tellement. 

Ton corps nu près du mien, je sens ton sexe qui cherche son nid ; tu cherches l’entrée à moi, à nous, à notre cœur. Mais vilaine comme je suis, je me retourne sur le ventre et je cambre mes fesses pour fracasser la peau toute douce de ton bassin.

C’est toi qui gémis. Tu griffes ma peau, tu empoignes mes fesses et tu les claques ; je sais que tu me désires comme je te désire. 

Je m’étends un peu, tu glisses deux doigts en moi ; je leur fais l’amour et mon sexe les engloutit. Une de mes mains trouve son chemin pour t’aider, je jouis rapidement sur nos paumes.

Tu glisses les mêmes doigts que ceux qui étaient cachés en moi dans ma bouche ; je les suce et les lèche doucement. Je tourne ma tête par-dessus mon épaule, tu mouilles ton sexe par ta main et tu entres doucement en moi. Je te regarde toujours alors que tu agrippes mes cheveux pour mieux retenir ma tête. 

J’ai chaud — la chaleur de la canicule se mêle à celle de mon corps ; tu me fais tellement de bien. Mon corps entier est trempé ; le tien aussi. Nos voix déchirent et transpercent le silence de mon appartement. Nous allons jouir en même temps. 

Les spasmes de ton sexe éveillent mon envie pressante de jouir à nouveau ; tu t’accroches à mes hanches, tu râles un peu et moi aussi. Je relâche la tension et je te rejoins, eau à eau, orgasme à orgasme, vibrations à vibrations. 

Tu m’embrasses sur le front, le nez, la bouche. Tu files comme l’air après des amours et des caresses. La canicule revient au galop chercher mon sommeil, mais mon cellulaire vibre encore…



Photo Sascha Matuschak

Les vagues

Je déferle mon propre escalier pour me rendre au tien. Je traverse le pont en un éclair et déjà, en moins de 15 minutes, mon corps te rejoint comme en agonie. Tu me manquais. Tellement. Terriblement. Tremblement.

Tes yeux, ceux qui m’ouvrent la porte et qui font résonner tous les tambours de mon cœur m’attendaient aussi. Je te prends dans mes bras, ma langue glisse dans ta bouche. Mon corps appelait le tien. Depuis des heures, des jours, des semaines, des mois, des années ; depuis le début de ma vie.

Je t’attire en anguille vers ton lit, j’ai faim et soif pour ta peau. Mes mains contrôlent rapidement ton corps. Je te déshabille en une respiration, le temps que mes doigts fondent et coulent autour de ton sexe. Ce que je veux, ce soir, c’est de te rendre fou de la tête aux pieds.

Je me glisse entre tes jambes, j’ouvre tes cuisses pour retrouver ma place à moi. Ma place que tu partages et confies ailleurs, mais qui retrouve toujours sa vraie et unique chaleur avec moi. Ma place gardée au chaud, qui brûle et tremble quand elle sent et ressent le souffle de mon cœur près de ses racines. Celle qui soulève toutes les mers et les marées de mon corps. Toi, mon seul et unique océan.

Je bave et salive sur toi en te regardant dans les yeux. La houle se lève. Tu râles un peu, mes griffes sillonnent tous les périmètres de tes fesses. Tu entres dans ma bouche, ta respiration s’accélère ; la cadence du creux de ma gorge aussi. Les vagues se lèvent, tout doucement. 

Tu me dis de ralentir en repoussant ma tête, je vais plus loin et je lève mes yeux vers les tiens. Ta bouche en asphyxie, les perles de sueur de sexe au bout du nez et ton regard timide et désarmé me supplient d’arrêter. Je me cambre et mon bassin serpente tout doucement jusqu’au tien. Tempête.

Tu es là, au bout de moi, à cogner à l’entrée de mon corps, aspirant la chaleur et les respirations de mon sexe tout près du tien. Je vibre doucement au-dessus de ton être, c’est maintenant toi qui agonises pour retrouver ta place en moi. Celle qui a toujours été tienne.

M’attendre pour que tu entres te fait mal, ça brûle, ça chauffe en dedans. Avec peine et misère, tu essaies de retenir mon bassin :

« Laisse-moi entrer. S’il te plaît. Laisse-moi. »

Mais l’attente, l’attente de moi, l’attente de nous est meilleure que d’exaucer tes vœux. J’écarte l’entrée de mon sexe que je frotte sur toi en te regardant dans les yeux. Les vagues reprennent leurs remous de plus belle. Tu respires à t’en évanouir, ton corps a besoin du mien.

Je le sais, je le sens, je l’entends.

En retenant mon souffle, j’écarte mes jambes et je te laisse entrer, loin, le plus loin que tu peux aller. Des frissons se créent sur la peau de ton ventre et les poils de ton pubis se hérissent.

C’est ce que je veux. Tout le temps. Toi avec moi. Toi sur moi. Toi dans moi.

Nos corps dansent ensemble, comme une valse sans fin. La musique de nos corps, c’est le rythme de nos peaux qui résonne dans le vide de ta chambre. Je suis bien, toi aussi. On est bien.

La tempête se calme tranquillement. Tu me dis que tu vas jouir, mais c’est impossible sans m’entendre en premier. Tu me retournes et m’étends sur le lit, à plat ventre. Tu relèves mes hanches et tu entres. Fort.

Ton corps berce le mien. Je suis cambrée, le plus haut possible. À te recevoir et à te laisser m’envahir. Au complet. Je me retiens en tirant le drap. Ton corps devient le mien. Tu claques une de mes fesses. Je vibre tout doucement une première fois et inonde l’intérieur de mes cuisses. Ton corps est mien.

Tu respires plus fort. Tu accélères la valse. Tu t’accroches à mon bassin plus fermement.
Les vagues reprennent de plus belle. Nos sexes mouillés coulent ensemble et deviennent mers, marées et océans. On jouit ensemble. Tout près. Ton corps dans le mien.

Tu respires pour de vrai, enfin. Et moi aussi.

Je sais que tu pars encore, que tu me quittes un instant, que ton corps va flotter ailleurs. Le mien aussi, fleur libre que je suis.

Mais dans l’ivresse de toi, de moi, de nous, il n’y a jamais rien de plus beau que de se retrouver enfin ensemble.

Et ce, chaque fois que les vagues se lèvent dans nos corps.

Photo Ross Sokolovski

Retrouvailles

Fin de soirée. Nous sommes encore devant la télévision. Je te regarde du coin de l’œil, tes yeux se ferment constamment — tu essaies de te battre contre le sommeil qui t’envahit. 

C’est la routine de nos soirées d’amour : le retour du boulot, le souper, faire prendre le bain aux enfants et les coucher, la télé, les yeux fermés, les corps éloignés.

Est-ce que notre couple s’est perdu quelque part ? As-tu oublié l’effet de mes lèvres sur les tiennes ? Suis-je devenue un souvenir du passé ? As-tu encore envie de ma peau nue contre ton corps ?

Tu me dis que tu vas te coucher ; tu es trop fatigué. Tu m’embrasses sur le front, je souris. Cinq minutes à peine sont passées que je t’entends déjà ronfler. Du salon, j’entends aussi les enfants respirer tout doucement. Je suis seule, sur le divan, le visage éclairé par la lumière de l’écran de télévision. Je suis un peu fatiguée, mais je n’ai pas envie de me coucher. 

Je change le poste jusqu’à tomber sur un film pornographique. Mes yeux se réveillent, mes sens aussi. Ce n’est pas vraiment mon habitude de regarder ce genre de film, mais… le bas de mon ventre s’agite et se réchauffe rapidement.

J’observe attentivement les caresses et les corps entrelacés. Assise à cheval sur son partenaire et dos à lui, la femme fait serpenter tout doucement son bassin, comme une chatte. Elle aime ce qu’elle lui fait ; ses yeux s’enflamment et ses mains agrippées aux cuisses de l’homme le confirme bien. 

D’une main, il lui agrippe les cheveux, tandis que de l’autre, il claque ses fesses. Elle gémit et se lèche les lèvres, sa propre main va se lover entre ses jambes. La mienne aussi. 

Je m’agenouille sur mon sofa et m’agrippe à un coussin. Mes doigts sont déjà cachés en moi et je compte jouir en même temps qu’elle. J’accélère le rythme et je me frotte sur ma paume de main. 

À l’écran, mademoiselle ouvre la bouche et commence à râler. Je mords le coussin pour enterrer mon souffle – mais tu sors de la chambre à l’instant même. Coït interrompu. 

Je me sens ridicule — tu me souris. Tu ne dis rien et tu t’approches doucement de moi. Tu retires mon bas de pyjama et tu couches mon bassin près du rebord du divan. Tu t’agenouilles et ta tête vient se cacher entre mes cuisses. 

Ta langue au bas de mon ventre connait sa place ; malgré les semaines passées sans se caresser, ta bouche ne peut jamais m’oublier. Elle me sent, elle me goûte, elle me prend, elle me touche ; elle me reconnait. Toujours. 

Je me frotte sur ton visage et retiens ta tête ; je compte jouir sur ta bouche. Tu me fais du bien, tellement de bien. Ta langue navigue sur ma peau, entre et sort et caresse doucement toutes les petites cachettes secrètes. Tu lèves les yeux vers les miens, je jouis instantanément en tentant d’être le plus silencieuse possible. 

Malin comme tu es, tu sors ton sexe de ton pantalon et tu m’étends sur le sofa. Tu agrippes ma gorge et tu viens te lover au creux de cette dernière. Je te prends avec envie et désir. J’agrippe tes fesses pour pousser ton corps à aller plus loin en moi. Tu lâches un léger cri de satisfaction et je sens ton cœur battre sur ma langue. 

Quelques coups de bassin à peine et je sais que tu vas venir ; mes lèvres reconnaissent les pulsations de ton sexe — je sais toujours comment te satisfaire. Tu ouvres encore la bouche afin de râler de plaisir, mais je te pince une fesse pour te rappeler de conserver le silence.

Tu sors et jouis sur mes lèvres, ma nuque et mes seins. On se regarde et on se sourit. Tu viens pour m’embrasser, mais…

« Maman..? »

On rit doucement, tu me fais signe que tu vas t’en occuper. Tu me fais un clin d’œil en sortant du salon. Je lève les yeux vers la télévision et le film est terminé. Je l’éteins et je sors du salon en souriant.  

Photo Nadine Shaabana

Tatouage

Il fait déjà nuit. J’ai passé la journée entre les boîtes de déménagement et le rangement. J’ai l’impression de ne pas voir le bout du tunnel à tout ce fouillis, j’ai envie de dormir et de ne pas me réveiller pour trois mois.

Notre séparation est difficile, tellement difficile. Je ne mange pas, je ne dors pas, je ne respire pas. Ne plus t’avoir dans ma vie est un vrai calvaire infernal.

Je m’assois sur le divan nonchalamment, mon cellulaire vibre dans ma poche arrière. C’est toi. Mon cœur se serre. Tu m’écris pour savoir comment je vais, comment ça s’est passé, comment je me sens.

Mal. Mal. Mal.

Je te veux, je te désire encore. De tout mon être. Je pense à toi constamment, le temps ne veut jamais passer ; tout est figé. Comme une toile, une vague qui m’engloutit, un trou infini.

Tes mains sur mon corps, ma peau, mon être tout entier. Tes doigts qui glissent sur mon ventre, ma nuque, mes lèvres. Ta langue qui chatouille mes épaules, ma bouche, mon sexe.

Je veux te retrouver, me souvenir de toi et de nous deux.

Tu me faisais l’amour doucement, avec passion, tendresse et délicatesse. Tu me baisais comme un animal, une chatte hurlante, un fauve sensuel et érotique. Tu me prenais comme je voulais, en écoutant ma peau et mon sexe et en faisant vibrer mon corps, mon esprit et mon cœur.

Je verse une larme.

« Tu veux que je passe te voir ? »

Ce à quoi je m’empresse de répondre « oui » avec un emoji content et gêné. Je me sens stupide, mais je suis dans une spirale éternelle entre le virtuel, l’imaginaire et le réel ; je veux que mes pensées deviennent réalité. Je dois te sentir près de moi encore. À tout prix.

Ça cogne à la porte, c’est toi. J’ouvre, mon cœur se serre. Je ressens encore et toujours la même chose ; ta beauté me frappe et m’absorbe. Un vertige s’empare de moi lorsque tu t’approches pour m’embrasser sur la joue.

Une fraction de seconde ne suffit que pour transformer un bec amical en baiser passionnel. Ta langue s’entortille à la mienne, nos salives deviennent raz-de-marée et nos lèvres tempête à la mer. Le temps s’arrête et fige, enfin. Je sens que je peux respirer à nouveau.

Je tente ma chance et glisse une main confiante dans ton pantalon. Ton sexe mouillé répond à mes doigts et je plonge vers toi.

Tu me secondes et enlèves mes vêtements, tu m’étends sur le sofa et cache ta tête entre mes jambes. Ta langue sculpte mon sexe avec précision, comme tu sais si bien le faire. Des mois ont passé sans ta bouche sur mon corps, mais cette dernière a une mémoire et les souvenirs font rapidement surface lorsque le contact de nos peaux se fait.

Je jouis rapidement. Tu m’excites tellement. Mon sexe qui barbouille ton visage ne t’arrête pas, tu reprends ton rythme. Tu me connais et tu sais que je peux venir plusieurs fois. Alors tu continues en me regardant dans les yeux, en mordant tes lèvres et en les léchant. Pour m’exciter, me tenter, me faire flancher.

Et je jouis encore sur toi, sur tes mains et dans ta bouche.

« Veux-tu que j’arrête ? »

Non, n’arrête jamais. Je te veux toujours, partout, et tout le temps. Prends-moi ici, prends-moi là, je veux jouir dans et sur tes bras. Dans la chaleur de ton lit, dans le feu de mes draps. Je veux inonder tes doigts et ta bouche. Engourdir ta langue et tes lèvres. Je veux que ton sexe crie pour ma peau, pour mon cœur. Comme une bête agonisante, comme un loup devant la lune.

Et bête fatale que tu es, tu me vois ronronner et m’agiter, alors tu me tournes et relèves mon bassin. Tu entres en moi facilement, parce que je t’attendais. Comme je t’ai toujours attendu.

Rapidement on se rejoint, dans l’excitation du moment qu’on attendait de vivre ensemble à nouveau. L’orgasme sur lequel je jouissais en cachette depuis des mois sans toi à penser à ton corps, ta peau et ton sexe.

Tu as éveillé tes sens et les miens comme au tout début. Tu as retrouvé les flammes du feu braisé au fond de ton ventre. Tu nous as unis à nouveau, enfin.

Tu m’embrasses. Je te retourne le baiser.

« Je n’ai pas envie de m’en aller. »

Moi non plus. Alors je te demande de rester et je te donne une clé. Tu pourras venir te blottir dans mes bras sur mon sofa de mon nouvel appartement où tu as laissé ta marque.

La même que je porte déjà au cœur, sur la peau, dans mon corps, à tout jamais.

Comme un tatouage. 😊

Photo feliperizo.co