Mélodie immortelle

Dans les échos secrets de la nuit, j’ai parfumé ma nuque à l’aide de son odeur restante déposée sur mes draps.

Quand son corps découvre le mien, c’est le monde entier qui s’ouvre à moi, abandonnant ses failles et ses faiblesses. L’amour, je l’ai découvert grâce à lui. Cœur de fille et corps de femme, des flammes se sont emparées de mon ventre pour l’allumer à nouveau. 

J’ai fait l’amour avec lui dans le plus grand des silences pour entendre son cœur battre entre mes jambes. Cette première fois où je l’ai aimé, des tambours ont résonné dans toutes les villes avoisinantes. Comme ça, tout doucement, une douce symphonie est née entre nous.

À parcourir les instruments de musique de sa peau, j’ai gratté les cordes de ses désirs. Renaissance. Découverte. Passion. Mélodie immortelle.

Allumées par le brasier de ses lèvres, mes jambes se sont ouvertes pour le laisser pénétrer dans la cage de mes secrets les mieux gardés. Corps à corps, des bruits de peaux mouillées, je lui ai fait un amour comme on ne lui a jamais fait auparavant. Une première fois à tout, comme les premières notes apprises sur la blancheur vulnérable d’un piano. Les notes graves, je les ai découvertes lorsqu’il a joui en moi.

Je l’ai aimé. Vite. Sauvagement. Amoureusement. 

On ne passe pas assez de temps à apprécier le doux de nos conquêtes, c’est pourquoi peu en font de bons amants. 

On n’écoute pas assez les chansons chuchotées au creux de nos oreilles, c’est pourquoi peu d’entre nous tombent amoureux.

On ne veut pas assez se laisser toucher, c’est pourquoi plus personne ne sait aimer les caresses échangées entre les rayons de lune et les aurores brumeuses du petit matin. 

Au premier contact de sa peau sur la mienne, mon cœur a émis de curieuses vibrations. Gênée, j’ai quand même laissé la tentation de ses mains jouer avec la guitare de mes hanches. Faire l’amour avec lui, c’est voyager partout dans le monde. Les yeux portés vers le ciel, ses lèvres lovées au creux de ma nuque et le sexe poignant d’amour, on a découvert que le passé pouvait rester derrière nous. Et que l’avenir était la seule chose qui nous intéressait. 

Lui, il a ouvert toutes les voies qui m’étaient encore inconnues vers un nouveau monde. Le présent, je le vis au quotidien à ses côtés. Sa main fondue à la mienne.

Lui, il a pansé toutes les blessures que le monde entier a pu laisser sur ma bouche et le bout de mes doigts. Blessée, la fleur de l’entrée de mes cuisses a fleuri à nouveau. 

Lui, c’est le printemps. Et je n’ai plus envie de connaître d’autres saisons maintenant. 

Photo Daniel Spase

Le rêve

Fin de la journée. Je me glisse sous les draps. J’ai sommeil, mais mon esprit vagabonde de droite à gauche essayant de retrouver et de ressentir le souvenir de ta peau sur la mienne. 

Je ferme les yeux, je pense à toi.

Mes mains deviennent les tiennes. Le bout de mes ongles glisse autour des aréoles de mes seins. Je frissonne doucement et ma bouche se remplit de salive. Deux de mes doigts viennent vagabonder près de mes lèvres, je lèche ces derniers. 

Curieux, ils se glissent pas à pas vers mon sexe affamé qui appelle le tien à des centaines de kilomètres. Je respire, j’expire, ils se lovent autour des marées qui se créent entre mes jambes. Ils ont soif de retrouver la raison de leur passion, ils ont faim de redécouvrir un battement de cœur sur leur peau.

Ils entrent doucement tout d’abord, puis plus fortement pour s’agripper contre les parois de mon petit corps en famine pour ta bouche. Ma poitrine se gonfle, mon ventre veut exploser. Je fais des mouvements de va-et-vient et mon autre main vient accompagner sa voisine pour éveiller mon bouton d’or. 

Je me fais l’amour en pensant que c’est toi qui fait bouillir mon corps. Je veux que ce soit toi qui me touches, qui m’emportes, qui me fasses jouir. Je berce ma peau pour la réconforter, je parle à mon sexe pour l’exciter, je flatte l’entrée de mes cuisses pour la câliner. 

Je me retourne sur le ventre et j’allonge tout mon corps, une jambe légèrement relevée. D’une main, je m’accroche à la tête de lit pendant que mon bassin se concentre à vibrer doucement contre l’autre, collée à mon clitoris. Je me colle et m’absorbe envers moi-même, je vais venir et exploser. Je vais plus vite, j’accélère, ma respiration se fait vive, mon sexe commence à s’ouvrir.

Je me frotte plus fortement, je couine, je me mords la lèvre et l’instant d’un souffle j’imagine tes yeux qui disparaissent entre mes jambes. Je te vois là devant moi, à sentir et désirer toute la puissance de mon corps qui appelle le tien avec passion et fougue. Je te vois là à t’approcher et réclamer ta place sur et en moi. Je te vois avancer pour me mordre, m’embrasser, me toucher. 

Tu es devant moi.

Et enfin, tu entres. J’ouvre les yeux, c’est là, je le sens. Je jouis sur ma main, inondant ma peau douce comme de la soie et mouillée comme les eaux de la mer de ton cœur. Je me noie un peu, chambranlant entre le rêve, le sommeil et la réalité…

Est-ce que je rêvais?

Photo Viktor Juric

Premier baiser

Vendredi 17H00, on se retrouve enfin. J’ai envie de dégourdir tous mes sens et mon corps. Tu m’attends chez toi. Ça fait longtemps qu’on s’est vus. Je m’ennuyais de toi.

De ton odeur épicée. De ta peau ambrée. De tes yeux doux qui tombent parfaitement dans les miens. De ta main qui se balade entre mes cheveux. De tes lèvres que tu déposes sur mes épaules dénudées, comme un tatouage sur mon corps. 

On sort prendre un verre. Marchant côte à côte dans la rue, tu t’assures de me garder près de toi. Ton bras s’enroule sur ma nuque. Tu me protèges. Je suis bien près et avec toi. Tu me rassures. Tu es mon refuge de tous les jours.

La soirée est fraîche, l’air aussi. On marche beaucoup, on arrête dans les bars et restaurants à gauche et à droite où l’on prend un verre ou deux. Ma tête tourne tranquillement, mon cœur se berce tout doucement. Je me perds de plus en plus en toi. C’est naturel, c’est doux, c’est vrai.

C’est nous. 

On s’arrête dans un bar qui attire notre œil par sa devanture. On boit, on rit, on effleure nos bras. Tu m’excites. Beaucoup. 

Je me lève un instant pour aller vers la salle de bain, toi aussi. On se dit qu’on s’attend pour quitter. En sortant, je ne te trouve pas, je te cherche. Tu m’attends près de la sortie. Je m’avance vers toi. Confiante.

– Je t’attendais.
– Tu m’aurais attendu combien de temps ?
– Toute ma vie.

Et là, à ce moment même, tu me prends par la taille pour me rapprocher de toi. Comme ça, dans un élan de passion et d’amour, je sens ton cœur battre contre le mien. Ta main glisser près de mon oreille, lovée au creux de ma nuque et tes lèvres fondre aux miennes. Enfin, le monde s’ouvre à moi. 

Un tourbillon, une tornade, un feu. Mon cœur à l’envers et de tous les côtés me chavire et m’emporte. Mes pieds décollent du sol pour atterrir rapidement dans ton lit. Tu me couches et me déposes comme une pierre précieuse. 

Ton corps se glisse dans le mien, les aurores boréales du monde entier apparaissent dans tes yeux. On fait l’amour comme des fous, comme des bêtes, comme des aimants. Nos peaux fondues ensemble, je comprends finalement le vrai sens de l’abandon. Dans un éclat, comme un verre qui se brise au ralenti, je tombe en amour avec le sentiment le plus candide et pur qu’il ne puisse exister : toi.

Je pense toujours à nous. Tes doigts de ma bouche à mon sexe. Tes yeux qui ronronnent en même temps que mon cœur. Tes lèvres cousues à ma peau. Ta sueur qui perle au bas de mes reins. Tes paumes qui marquent mes fesses à jamais. 

Je veux te faire l’amour jour et nuit, comme un papillon qui cherche toujours la lumière. Je veux que mes orgasmes tapissent les murs de ta chambre. Je veux que tes yeux deviennent des appareils photo pour mon corps nu entre tes draps. Je veux jouir dans ta bouche en écho infini. Je veux que ma peau glisse comme une vague contre la tienne tous jours. Pour toujours.

Je vais t’aimer comme un premier baiser. Chaque matin. Chaque soir. Chaque fois que tes yeux croisent les miens. Je vais t’écrire comme un premier amour. Chaque jour. Chaque soir. Chaque fois que je vais sentir mon cœur battre près du tien.

Je t’aime. Chaque instant. Chaque moment. Chaque fois que je pense à toi. 

Photo Mike Lewinski

Retrouvailles

Fin de soirée. Nous sommes encore devant la télévision. Je te regarde du coin de l’œil, tes yeux se ferment constamment — tu essaies de te battre contre le sommeil qui t’envahit. 

C’est la routine de nos soirées d’amour : le retour du boulot, le souper, faire prendre le bain aux enfants et les coucher, la télé, les yeux fermés, les corps éloignés.

Est-ce que notre couple s’est perdu quelque part ? As-tu oublié l’effet de mes lèvres sur les tiennes ? Suis-je devenue un souvenir du passé ? As-tu encore envie de ma peau nue contre ton corps ?

Tu me dis que tu vas te coucher ; tu es trop fatigué. Tu m’embrasses sur le front, je souris. Cinq minutes à peine sont passées que je t’entends déjà ronfler. Du salon, j’entends aussi les enfants respirer tout doucement. Je suis seule, sur le divan, le visage éclairé par la lumière de l’écran de télévision. Je suis un peu fatiguée, mais je n’ai pas envie de me coucher. 

Je change le poste jusqu’à tomber sur un film pornographique. Mes yeux se réveillent, mes sens aussi. Ce n’est pas vraiment mon habitude de regarder ce genre de film, mais… le bas de mon ventre s’agite et se réchauffe rapidement.

J’observe attentivement les caresses et les corps entrelacés. Assise à cheval sur son partenaire et dos à lui, la femme fait serpenter tout doucement son bassin, comme une chatte. Elle aime ce qu’elle lui fait ; ses yeux s’enflamment et ses mains agrippées aux cuisses de l’homme le confirme bien. 

D’une main, il lui agrippe les cheveux, tandis que de l’autre, il claque ses fesses. Elle gémit et se lèche les lèvres, sa propre main va se lover entre ses jambes. La mienne aussi. 

Je m’agenouille sur mon sofa et m’agrippe à un coussin. Mes doigts sont déjà cachés en moi et je compte jouir en même temps qu’elle. J’accélère le rythme et je me frotte sur ma paume de main. 

À l’écran, mademoiselle ouvre la bouche et commence à râler. Je mords le coussin pour enterrer mon souffle – mais tu sors de la chambre à l’instant même. Coït interrompu. 

Je me sens ridicule — tu me souris. Tu ne dis rien et tu t’approches doucement de moi. Tu retires mon bas de pyjama et tu couches mon bassin près du rebord du divan. Tu t’agenouilles et ta tête vient se cacher entre mes cuisses. 

Ta langue au bas de mon ventre connait sa place ; malgré les semaines passées sans se caresser, ta bouche ne peut jamais m’oublier. Elle me sent, elle me goûte, elle me prend, elle me touche ; elle me reconnait. Toujours. 

Je me frotte sur ton visage et retiens ta tête ; je compte jouir sur ta bouche. Tu me fais du bien, tellement de bien. Ta langue navigue sur ma peau, entre et sort et caresse doucement toutes les petites cachettes secrètes. Tu lèves les yeux vers les miens, je jouis instantanément en tentant d’être le plus silencieuse possible. 

Malin comme tu es, tu sors ton sexe de ton pantalon et tu m’étends sur le sofa. Tu agrippes ma gorge et tu viens te lover au creux de cette dernière. Je te prends avec envie et désir. J’agrippe tes fesses pour pousser ton corps à aller plus loin en moi. Tu lâches un léger cri de satisfaction et je sens ton cœur battre sur ma langue. 

Quelques coups de bassin à peine et je sais que tu vas venir ; mes lèvres reconnaissent les pulsations de ton sexe — je sais toujours comment te satisfaire. Tu ouvres encore la bouche afin de râler de plaisir, mais je te pince une fesse pour te rappeler de conserver le silence.

Tu sors et jouis sur mes lèvres, ma nuque et mes seins. On se regarde et on se sourit. Tu viens pour m’embrasser, mais…

« Maman..? »

On rit doucement, tu me fais signe que tu vas t’en occuper. Tu me fais un clin d’œil en sortant du salon. Je lève les yeux vers la télévision et le film est terminé. Je l’éteins et je sors du salon en souriant.  

Photo Nadine Shaabana

Catherine

Fin du week-end, dimanche soir.

La solitude du célibat se fait lourdement ressentir, je m’installe devant un film avec un verre de vin.

Une amie m’écrit, je lis ses messages, mais je ne réponds pas. Elle veut sortir, pas moi. Je regarde la télévision sans vraiment être attentive à cette dernière. J’ai la tête ailleurs. Deuxième verre de vin.

Je déprime et grise un peu ces temps-ci. L’ère moderne n’est pas facile pour tomber en amour. Je ne sais même pas si tomber en amour est encore un terme utilisé. C’est triste. Troisième verre de vin.

Mon écran de cellulaire s’allume encore. Je roule les yeux, voulant éviter de plus belle à répondre à mon amie, mais c’est une demande de message privé sur Instagram.

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Je suis déstabilisée, mais amusée. Est-ce le vin qui me monte à la tête ? Je ne sais pas. Mais je me sens attirée comme un aimant.

J’ai envie d’entamer la conversation. Je le fais.

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Mon cœur bat vite, fort. Et je m’emporte facilement.

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Me voilà donc engagée à rejoindre une personne que je ne connais pas. Jugement basé sur des photos. Des sourires. Des mots. Des moments qui semblent déjà doux.

Je m’habille rapidement, j’attrape ce qui me tombe sous la main. Je ne pense à rien. Mais mon cœur lui, oui. Lui, il pense tout le temps. Le pauvre, le gentil, le soyeux. Un petit bijou révélé au monde entier.

Je termine mon quatrième verre de vin. Je file vers le métro.

J’arrive, je ne la trouve pas. Je me fais clairement des attentes, malgré moi. Je soupire et je me retourne vers les marches pour m’en aller ; elle monte.

Mon cœur se serre, se craque et se déchire.

Mes yeux tombent dans les siens. La sensualité et la confiance qui émanent de son corps me fendent les jambes en deux.

Elle s’approche de moi et m’embrasse. Sur la bouche. Avec sa langue qui sillonne tout doucement chaque mètre vers mon cœur. Je suis en transe. Elle me prend par la main et me fait signe de la suivre, on reprend le métro. En silence. À s’observer et se lécher de loin, à distance. À se désirer comme ça ne fait aucun sens. Je transpire, le bas de mon ventre se réchauffe et j’ai l’impression que je vais perdre connaissance.

Elle est tellement belle. Son regard perce tous les murs vers mes sens. Animale rebelle, vilaine et sexuelle. C’est horrible comme j’ai déjà mal.

On arrive devant chez elle après une marche rapide sortant du métro. On entre et on s’embrasse. Vivement. Intensément. Passionnément.

Elle glisse ses mains sous mon chandail et pince doucement mes seins. Je mords sa lèvre inférieure. Elle me pousse sur le divan et me déshabille. Elle retire ses propres vêtements. Elle allonge son corps sur le mien et va cacher sa main entre mes jambes. Je sens ses doigts disparaitre à l’intérieur de mon sexe. Je jouis très vite, elle sourit. Elle me tourne et m’installe à quatre pattes. Elle mord mes fesses et lèche l’intérieur de celles-ci. Sa main amoureuse vient retrouver sa place en moi. Je jouis encore.

Je me tourne et la pousse sur le dos, ma langue glisse de sa bouche à sa nuque, à son ventre à ses seins, jusqu’à son sexe. Je la goûte, je l’aspire, je la sens. Son corps m’appartient. Elle se cambre comme une chatte, tire mes cheveux et retenant ma tête afin de jouir sur mes lèvres.

J’accélère le rythme, j’épouse son sexe avec ma bouche et mes lèvres, ma langue love l’entièreté de ce dernier. Je lève les yeux, elle me regarde. Elle se mord une lèvre et lâche un cri mêlant une rage d’excitation à de la satisfaction. Je viens m’installer à cheval sur elle, nos mains trouvent leur place.

On se regarde, on se comprend. Nos corps ne font qu’un, la lave de nos volcans se mélange et se réchauffe. Il suffit de peu pour jouir encore, mais ensemble cette fois-ci.

On finit par s’étendre un peu, en silence et enlacées. Je ferme un peu les yeux et me retrouve près d’elle le lendemain matin. Je me lève, elle ouvre les yeux et me sourit. Je la quitte en silence.

J’arrive chez moi, saoulée par elle, son odeur, son sexe, ses yeux, ses hanches.

Le souvenir de son corps sur le mien. Le goût de sa cyprine. L’odeur de son haleine.

Les vibrations de son cœur qui bat entre mes lèvres.

L’écran de mon cellulaire s’allume. Je le regarde.

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Je tiens mon téléphone près de mon cœur. Je lui réponds.

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Je souris. L’amour existe encore.

Et je l’ai trouvé dans les bras de Catherine.

Photo Sandro Katalina

Tatouage

Il fait déjà nuit. J’ai passé la journée entre les boîtes de déménagement et le rangement. J’ai l’impression de ne pas voir le bout du tunnel à tout ce fouillis, j’ai envie de dormir et de ne pas me réveiller pour trois mois.

Notre séparation est difficile, tellement difficile. Je ne mange pas, je ne dors pas, je ne respire pas. Ne plus t’avoir dans ma vie est un vrai calvaire infernal.

Je m’assois sur le divan nonchalamment, mon cellulaire vibre dans ma poche arrière. C’est toi. Mon cœur se serre. Tu m’écris pour savoir comment je vais, comment ça s’est passé, comment je me sens.

Mal. Mal. Mal.

Je te veux, je te désire encore. De tout mon être. Je pense à toi constamment, le temps ne veut jamais passer ; tout est figé. Comme une toile, une vague qui m’engloutit, un trou infini.

Tes mains sur mon corps, ma peau, mon être tout entier. Tes doigts qui glissent sur mon ventre, ma nuque, mes lèvres. Ta langue qui chatouille mes épaules, ma bouche, mon sexe.

Je veux te retrouver, me souvenir de toi et de nous deux.

Tu me faisais l’amour doucement, avec passion, tendresse et délicatesse. Tu me baisais comme un animal, une chatte hurlante, un fauve sensuel et érotique. Tu me prenais comme je voulais, en écoutant ma peau et mon sexe et en faisant vibrer mon corps, mon esprit et mon cœur.

Je verse une larme.

« Tu veux que je passe te voir ? »

Ce à quoi je m’empresse de répondre « oui » avec un emoji content et gêné. Je me sens stupide, mais je suis dans une spirale éternelle entre le virtuel, l’imaginaire et le réel ; je veux que mes pensées deviennent réalité. Je dois te sentir près de moi encore. À tout prix.

Ça cogne à la porte, c’est toi. J’ouvre, mon cœur se serre. Je ressens encore et toujours la même chose ; ta beauté me frappe et m’absorbe. Un vertige s’empare de moi lorsque tu t’approches pour m’embrasser sur la joue.

Une fraction de seconde ne suffit que pour transformer un bec amical en baiser passionnel. Ta langue s’entortille à la mienne, nos salives deviennent raz-de-marée et nos lèvres tempête à la mer. Le temps s’arrête et fige, enfin. Je sens que je peux respirer à nouveau.

Je tente ma chance et glisse une main confiante dans ton pantalon. Ton sexe mouillé répond à mes doigts et je plonge vers toi.

Tu me secondes et enlèves mes vêtements, tu m’étends sur le sofa et cache ta tête entre mes jambes. Ta langue sculpte mon sexe avec précision, comme tu sais si bien le faire. Des mois ont passé sans ta bouche sur mon corps, mais cette dernière a une mémoire et les souvenirs font rapidement surface lorsque le contact de nos peaux se fait.

Je jouis rapidement. Tu m’excites tellement. Mon sexe qui barbouille ton visage ne t’arrête pas, tu reprends ton rythme. Tu me connais et tu sais que je peux venir plusieurs fois. Alors tu continues en me regardant dans les yeux, en mordant tes lèvres et en les léchant. Pour m’exciter, me tenter, me faire flancher.

Et je jouis encore sur toi, sur tes mains et dans ta bouche.

« Veux-tu que j’arrête ? »

Non, n’arrête jamais. Je te veux toujours, partout, et tout le temps. Prends-moi ici, prends-moi là, je veux jouir dans et sur tes bras. Dans la chaleur de ton lit, dans le feu de mes draps. Je veux inonder tes doigts et ta bouche. Engourdir ta langue et tes lèvres. Je veux que ton sexe crie pour ma peau, pour mon cœur. Comme une bête agonisante, comme un loup devant la lune.

Et bête fatale que tu es, tu me vois ronronner et m’agiter, alors tu me tournes et relèves mon bassin. Tu entres en moi facilement, parce que je t’attendais. Comme je t’ai toujours attendu.

Rapidement on se rejoint, dans l’excitation du moment qu’on attendait de vivre ensemble à nouveau. L’orgasme sur lequel je jouissais en cachette depuis des mois sans toi à penser à ton corps, ta peau et ton sexe.

Tu as éveillé tes sens et les miens comme au tout début. Tu as retrouvé les flammes du feu braisé au fond de ton ventre. Tu nous as unis à nouveau, enfin.

Tu m’embrasses. Je te retourne le baiser.

« Je n’ai pas envie de m’en aller. »

Moi non plus. Alors je te demande de rester et je te donne une clé. Tu pourras venir te blottir dans mes bras sur mon sofa de mon nouvel appartement où tu as laissé ta marque.

La même que je porte déjà au cœur, sur la peau, dans mon corps, à tout jamais.

Comme un tatouage. 😊

Photo feliperizo.co

Sommeil secret

Je t’attends dans notre chambre, tu es sous la douche.

Je lis un peu, je vagabonde sans but sur des articles obsolètes trouvés en ligne. J’ai la tête vide et j’ai besoin de sommeil. Je me glisse lentement sous les draps et mon esprit se calme rapidement.

Entre l’éveil et le sommeil, tu me rejoins tout doucement. Je sens ta main glisser sur ma hanche, je frissonne. Ton souffle vient se lover au creux de ma nuque et ta langue se cache près de mon oreille. Ton coeur résonne au bas de mon dos et les pulsations de ce dernier se mêlent aux miennes : nous respirons ensemble et en même temps.

Je ne sais pas si je suis égarée entre le rêve et la réalité, mais ta peau collée sur la mienne fusionne et fond à mon propre corps – j’ai un léger vertige.

Ta main connaît son chemin ; elle le refait toujours, trace ses allées et venues et retrouve aisément sa voie vers mon sexe. Tes doigts entrent rapidement en moi ; mon bassin se cambre, je respire plus fort. Toi aussi.

Tu me tournes face à toi, ta langue entre dans ma bouche alors que tes doigts continuent de me redécouvrir lentement. Je jouis rapidement, tu m’excites beaucoup.

Mais ce n’est pas un orgasme qui t’arrête. Tu en veux plus. Moi aussi.

Tu me couches sur le dos et tu viens te cacher dans ma bouche. Je bascule légèrement la tête vers l’arrière afin que tu puisses te glisser le plus loin possible au fond de ma gorge. Tu t’accroches sur la tête de lit et ton autre main serre mon cou. Tu entres et sors, je conserve le rythme et mes ongles griffent la peau de tes fesses. Ton sexe mouille dans ma bouche et ma salive abonde par la même occasion. Tu te retiens de jouir, je te repousse et te redirige entre mes jambes.

Je relève le bas de mon ventre et je t’emprisonne avec mes jambes. Tu entres en moi. Fort. Très fort.

Je te retiens près de mon corps et tu adoptes mon rythme ; tu veux me faire jouir encore. Mais moi aussi. Je serre mon sexe contre le tien et je ralentis la cadence tout en effectuant de doux mouvements de va-et-vient. Je sais comment nous faire venir en même temps.

Ta respiration devient de plus en plus lourde et rapide, je sens que je vais jouir à nouveau. Explosion. Sentiment de liberté. Amour. On se rejoint, comme toujours.

J’ouvre les yeux. Je rêvais. Tu es couché à mes côtés et tu me souris. Ta main glisse sur ma hanche, je frissonne…

Photo Dmitry Bayer