Dernier envol

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Mon amour, mon hirondelle, ma reine des quatre saisons,

Si je t’écris aujourd’hui, c’est pour m’imprégner une dernière fois de toi et de nous. Mon cœur en sang, mes mots doux, ma colombe qui s’envole sans vœux exaucés, je me crève les yeux juste à penser que tu m’as échappé, que tu as glissé entre mes doigts fragiles et frêles.

Tu es partie au début du printemps, quand les tulipes commençaient à se pointer le bout du nez et que les journées s’allongeaient. Ton corps s’est dégourdi, comme ton cœur s’est alourdi. Je me suis affaibli.

Je me souviens de nos mains entremêlées dans ton lit. Tous deux nus, les peaux collées et avides de plus et jamais de moins. Quand tu me faisais l’amour, c’est le monde entier qui se dévoilait et s’ouvrait à moi. Comme tous les petits recoins des pétales d’une rose immortelle.

Ton corps.

Une œuvre d’art que je caresse encore en silence et en cachette, à distance, à m’imaginer ta peau glisser sur la mienne laissant son odeur entre mes pauvres doigts faibles et mes draps. Encore et encore. Mon ange d’une vie, ma femme fatale, mon âme qui vole et s’envole. Loin.

Tu me manques.

Ta façon de me regarder le matin. Le bout de tes seins qui pointent vers le ciel sous ton chandail. Les marques zébrées de ta peau, sous tes fesses, qui démontrent le corps d’une vraie et belle femme. Ton rire qui perce le silence du corridor de mon appartement vide sans toi. Tes yeux plongés dans les miens quand tu glisses ta langue sur mon sexe. Tes mains fines qui pianotent les notes de notre histoire d’amour sur mon ventre frissonnant. Ton esprit tout doux qui tourmente le mien. Ton intelligence qui me déstabilise. Ta fougue incroyable. Ton ambition sans fin et sans limites.

Je t’aime.

Notre amour, nous deux me manque.

Tes doigts dans ma bouche. Tes jambes qui emprisonnent mon corps. Tes fesses qui claquent sur mes hanches. Ton sexe qui mouille le mien. Tes orgasmes qui rejoignent les racines et l’essence même de mon âme. Ta langue qui frétille et dessine son chemin au travers mon esprit. Le bruit de nos corps parfaitement en communion qui fait trembler toutes les terres de la ville et du monde entier.

L’été va arriver, la finesse de tes jambes va se dévoiler. Ton corps allégé par la perte du mien. Ton âme légère et frivole qui va semer son cœur auprès d’autres papillons. Je resterai là, dans le cocon de notre amour à tisser et à pleurer nos beaux jours.

Je resterai là à t’attendre ma belle et douce amour d’une vie. De l’automne à l’hiver et au renouveau du printemps et des abeilles d’été, je t’attendrai ma beauté, ma douceur, ma princesse.

Je t’attendrai pour m’envoler auprès de toi une dernière fois.

Photo Sharon McCutcheon

Catherine

Fin du week-end, dimanche soir.

La solitude du célibat se fait lourdement ressentir, je m’installe devant un film avec un verre de vin.

Une amie m’écrit, je lis ses messages, mais je ne réponds pas. Elle veut sortir, pas moi. Je regarde la télévision sans vraiment être attentive à cette dernière. J’ai la tête ailleurs. Deuxième verre de vin.

Je déprime et grise un peu ces temps-ci. L’ère moderne n’est pas facile pour tomber en amour. Je ne sais même pas si tomber en amour est encore un terme utilisé. C’est triste. Troisième verre de vin.

Mon écran de cellulaire s’allume encore. Je roule les yeux, voulant éviter de plus belle à répondre à mon amie, mais c’est une demande de message privé sur Instagram.

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Je suis déstabilisée, mais amusée. Est-ce le vin qui me monte à la tête ? Je ne sais pas. Mais je me sens attirée comme un aimant.

J’ai envie d’entamer la conversation. Je le fais.

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Mon cœur bat vite, fort. Et je m’emporte facilement.

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Me voilà donc engagée à rejoindre une personne que je ne connais pas. Jugement basé sur des photos. Des sourires. Des mots. Des moments qui semblent déjà doux.

Je m’habille rapidement, j’attrape ce qui me tombe sous la main. Je ne pense à rien. Mais mon cœur lui, oui. Lui, il pense tout le temps. Le pauvre, le gentil, le soyeux. Un petit bijou révélé au monde entier.

Je termine mon quatrième verre de vin. Je file vers le métro.

J’arrive, je ne la trouve pas. Je me fais clairement des attentes, malgré moi. Je soupire et je me retourne vers les marches pour m’en aller ; elle monte.

Mon cœur se serre, se craque et se déchire.

Mes yeux tombent dans les siens. La sensualité et la confiance qui émanent de son corps me fendent les jambes en deux.

Elle s’approche de moi et m’embrasse. Sur la bouche. Avec sa langue qui sillonne tout doucement chaque mètre vers mon cœur. Je suis en transe. Elle me prend par la main et me fait signe de la suivre, on reprend le métro. En silence. À s’observer et se lécher de loin, à distance. À se désirer comme ça ne fait aucun sens. Je transpire, le bas de mon ventre se réchauffe et j’ai l’impression que je vais perdre connaissance.

Elle est tellement belle. Son regard perce tous les murs vers mes sens. Animale rebelle, vilaine et sexuelle. C’est horrible comme j’ai déjà mal.

On arrive devant chez elle après une marche rapide sortant du métro. On entre et on s’embrasse. Vivement. Intensément. Passionnément.

Elle glisse ses mains sous mon chandail et pince doucement mes seins. Je mords sa lèvre inférieure. Elle me pousse sur le divan et me déshabille. Elle retire ses propres vêtements. Elle allonge son corps sur le mien et va cacher sa main entre mes jambes. Je sens ses doigts disparaitre à l’intérieur de mon sexe. Je jouis très vite, elle sourit. Elle me tourne et m’installe à quatre pattes. Elle mord mes fesses et lèche l’intérieur de celles-ci. Sa main amoureuse vient retrouver sa place en moi. Je jouis encore.

Je me tourne et la pousse sur le dos, ma langue glisse de sa bouche à sa nuque, à son ventre à ses seins, jusqu’à son sexe. Je la goûte, je l’aspire, je la sens. Son corps m’appartient. Elle se cambre comme une chatte, tire mes cheveux et retenant ma tête afin de jouir sur mes lèvres.

J’accélère le rythme, j’épouse son sexe avec ma bouche et mes lèvres, ma langue love l’entièreté de ce dernier. Je lève les yeux, elle me regarde. Elle se mord une lèvre et lâche un cri mêlant une rage d’excitation à de la satisfaction. Je viens m’installer à cheval sur elle, nos mains trouvent leur place.

On se regarde, on se comprend. Nos corps ne font qu’un, la lave de nos volcans se mélange et se réchauffe. Il suffit de peu pour jouir encore, mais ensemble cette fois-ci.

On finit par s’étendre un peu, en silence et enlacées. Je ferme un peu les yeux et me retrouve près d’elle le lendemain matin. Je me lève, elle ouvre les yeux et me sourit. Je la quitte en silence.

J’arrive chez moi, saoulée par elle, son odeur, son sexe, ses yeux, ses hanches.

Le souvenir de son corps sur le mien. Le goût de sa cyprine. L’odeur de son haleine.

Les vibrations de son cœur qui bat entre mes lèvres.

L’écran de mon cellulaire s’allume. Je le regarde.

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Je tiens mon téléphone près de mon cœur. Je lui réponds.

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Je souris. L’amour existe encore.

Et je l’ai trouvé dans les bras de Catherine.

Photo Sandro Katalina

Tatouage

Il fait déjà nuit. J’ai passé la journée entre les boîtes de déménagement et le rangement. J’ai l’impression de ne pas voir le bout du tunnel à tout ce fouillis, j’ai envie de dormir et de ne pas me réveiller pour trois mois.

Notre séparation est difficile, tellement difficile. Je ne mange pas, je ne dors pas, je ne respire pas. Ne plus t’avoir dans ma vie est un vrai calvaire infernal.

Je m’assois sur le divan nonchalamment, mon cellulaire vibre dans ma poche arrière. C’est toi. Mon cœur se serre. Tu m’écris pour savoir comment je vais, comment ça s’est passé, comment je me sens.

Mal. Mal. Mal.

Je te veux, je te désire encore. De tout mon être. Je pense à toi constamment, le temps ne veut jamais passer ; tout est figé. Comme une toile, une vague qui m’engloutit, un trou infini.

Tes mains sur mon corps, ma peau, mon être tout entier. Tes doigts qui glissent sur mon ventre, ma nuque, mes lèvres. Ta langue qui chatouille mes épaules, ma bouche, mon sexe.

Je veux te retrouver, me souvenir de toi et de nous deux.

Tu me faisais l’amour doucement, avec passion, tendresse et délicatesse. Tu me baisais comme un animal, une chatte hurlante, un fauve sensuel et érotique. Tu me prenais comme je voulais, en écoutant ma peau et mon sexe et en faisant vibrer mon corps, mon esprit et mon cœur.

Je verse une larme.

« Tu veux que je passe te voir ? »

Ce à quoi je m’empresse de répondre « oui » avec un emoji content et gêné. Je me sens stupide, mais je suis dans une spirale éternelle entre le virtuel, l’imaginaire et le réel ; je veux que mes pensées deviennent réalité. Je dois te sentir près de moi encore. À tout prix.

Ça cogne à la porte, c’est toi. J’ouvre, mon cœur se serre. Je ressens encore et toujours la même chose ; ta beauté me frappe et m’absorbe. Un vertige s’empare de moi lorsque tu t’approches pour m’embrasser sur la joue.

Une fraction de seconde ne suffit que pour transformer un bec amical en baiser passionnel. Ta langue s’entortille à la mienne, nos salives deviennent raz-de-marée et nos lèvres tempête à la mer. Le temps s’arrête et fige, enfin. Je sens que je peux respirer à nouveau.

Je tente ma chance et glisse une main confiante dans ton pantalon. Ton sexe mouillé répond à mes doigts et je plonge vers toi.

Tu me secondes et enlèves mes vêtements, tu m’étends sur le sofa et cache ta tête entre mes jambes. Ta langue sculpte mon sexe avec précision, comme tu sais si bien le faire. Des mois ont passé sans ta bouche sur mon corps, mais cette dernière a une mémoire et les souvenirs font rapidement surface lorsque le contact de nos peaux se fait.

Je jouis rapidement. Tu m’excites tellement. Mon sexe qui barbouille ton visage ne t’arrête pas, tu reprends ton rythme. Tu me connais et tu sais que je peux venir plusieurs fois. Alors tu continues en me regardant dans les yeux, en mordant tes lèvres et en les léchant. Pour m’exciter, me tenter, me faire flancher.

Et je jouis encore sur toi, sur tes mains et dans ta bouche.

« Veux-tu que j’arrête ? »

Non, n’arrête jamais. Je te veux toujours, partout, et tout le temps. Prends-moi ici, prends-moi là, je veux jouir dans et sur tes bras. Dans la chaleur de ton lit, dans le feu de mes draps. Je veux inonder tes doigts et ta bouche. Engourdir ta langue et tes lèvres. Je veux que ton sexe crie pour ma peau, pour mon cœur. Comme une bête agonisante, comme un loup devant la lune.

Et bête fatale que tu es, tu me vois ronronner et m’agiter, alors tu me tournes et relèves mon bassin. Tu entres en moi facilement, parce que je t’attendais. Comme je t’ai toujours attendu.

Rapidement on se rejoint, dans l’excitation du moment qu’on attendait de vivre ensemble à nouveau. L’orgasme sur lequel je jouissais en cachette depuis des mois sans toi à penser à ton corps, ta peau et ton sexe.

Tu as éveillé tes sens et les miens comme au tout début. Tu as retrouvé les flammes du feu braisé au fond de ton ventre. Tu nous as unis à nouveau, enfin.

Tu m’embrasses. Je te retourne le baiser.

« Je n’ai pas envie de m’en aller. »

Moi non plus. Alors je te demande de rester et je te donne une clé. Tu pourras venir te blottir dans mes bras sur mon sofa de mon nouvel appartement où tu as laissé ta marque.

La même que je porte déjà au cœur, sur la peau, dans mon corps, à tout jamais.

Comme un tatouage. 😊

Photo feliperizo.co

Six

Je suis très fébrile.

Je me prépare et j’hésite entre deux robes et deux paires de chaussures. Plus de rouge à lèvres ? Les cheveux attachés ? Un collier ou non ? Je suis nerveuse. Ce sont de légers détails, mais j’y tiens. Je veux être belle. Très belle.

Je rencontre à nouveau un homme que j’ai fréquenté quelques fois et il m’a promis une soirée extraordinaire à m’en faire perdre tous mes sens et ma raison. J’ai rapidement été conquise, moi qui bois littéralement toutes ses paroles et son savoir lorsque je suis à ses côtés.

Le seul fait de penser à lui allume tous les feux possibles au creux de mon ventre. Il excite mon corps oui, mais aussi mon esprit. Je le désire. Je le veux. Je le ressens. Tellement.

Je reçois une notification sur mon cellulaire, mon taxi m’attend en bas. Je rejoins mon rendez-vous à une adresse précise, je ne connais pas l’endroit — c’est à l’extérieur de la ville où j’habite. Plus d’une trentaine de minutes plus tard, j’arrive finalement à destination.

Il m’attend devant la maison, souriant. Il est beau, tellement beau. Je sens son parfum à des mètres avant même de le rejoindre. J’ai un coup de foudre dans le ventre ; il a créé une boule de chaleur en moi que j’ai de la difficulté à calmer.

Je m’avance, il m’embrasse. Il dit qu’on rejoint deux couples d’amis à lui pour souper. Je suis ravie, ça fait longtemps que je n’ai pas soupé avec quelques-unes de ses connaissances. On entre et l’accueil se fait convivial et sincère. Je me sens bien.

La soirée passe rapidement. Et les bouteilles de vin aussi. On sort finalement de table pour se diriger vers le salon où un feu de foyer est allumé. Notre hôte principal nous invite à boire du champagne, nous acceptons tous avec plaisir. Sa femme se lève pour mettre de la musique au moment même où mon amant glisse sa main sur ma cuisse et sa langue dans ma bouche.

Je suis excitée et lui aussi. Je le vois bien au travers son pantalon. Lorsque j’ouvre les yeux, j’aperçois les deux autres couples s’embrasser eux aussi. L’ambiance nous porte tous à des caresses et à de la tendresse. L’alcool, l’odeur du feu et la musique font leur effet escompté ; c’est enivrant.

Alors que je recule un peu, une des femmes s’approche de moi langoureusement avec des yeux de chatte. Elle s’assoit sur mon amant face à moi et lèche tendrement mes lèvres. Je me prête au jeu et j’accepte avec plaisir sa douceur : je l’embrasse avec passion. Mon amant commence à caresser mes seins alors que je touche ceux de madame en glissant mes mains sous son chandail.

Sur l’autre divan, nos hôtes principaux s’embrassent alors que le mari de celle que je caresse est agenouillé devant notre hôte à le prendre langoureusement dans sa bouche. Le bas de mon corps s’agite rapidement et celle que j’embrasse le ressent. Elle s’agenouille devant moi et retire ma culotte alors que mon amant sort son sexe de son pantalon. Elle glisse deux doigts en moi alors qu’elle prend son sexe à lui dans sa bouche.

Les halètements et les cris s’ajoutent à la musique ambiante dans la pièce. Les trois autres finissent par venir nous rejoindre — nous sommes tous nus. Mon hôte me regarde droit dans les yeux et s’approche de moi. Il me penche et me prend par derrière alors que sa femme s’assoit sur le rebord du sofa que je puisse la lécher et la goûter. Mon amant me claque les fesses, l’autre femme se fait pénétrer par ce dernier et son mari masturbe mon homme.

Les échanges se font naturellement, nous jouissons tous plusieurs fois avec les bouches, les doigts et les jouets. J’ai chaud, je bois du champagne, j’écoute la musique, je transpire devant le feu, je regarde mon amant se faire donner du plaisir, il me regarde me faire donner du plaisir, je me fais prendre, je prends, je donne, je reçois, j’inspire, j’expire, je profite, je jouis, j’aime.

Épuisés, les dernières jouissances se font entendre et sentir sur les canevas de peaux nues. Les derniers baisers sont échangés. Les dernières gorgées de champagne sont bues. Le feu s’attise et la musique joue ses dernières notes.

Je quitte avec mon amant en taxi. Il me dit qu’il veut dormir chez moi. Je l’embrasse, il me dit que je suis belle. Je ris en lui disant que j’avais tellement pris de temps à me préparer.

« Tu es toujours belle. Avec ou sans rouge à lèvres. Les cheveux attachés ou non. Un collier à ta nuque ou pas. Il n’y a pas une paire d’yeux qui ne tombe pas sur toi. »

Je le regarde dans les yeux, sa main glisse sur ma cuisse et sa langue dans ma bouche. Son haleine de champagne et de sexe se mêle à son odeur et celle du feu. Je ferme les yeux, j’entends encore la musique et les halètements. Et puis tout doucement, dans le taxi, je jouis encore sur ses doigts, la boule de chaleur en moi plus vive que jamais.

Photo Charles

Douceur nocturne

Les rues sont enneigées, je me dépêche de me rendre chez toi. J’ai froid.

J’ai une bouteille de vin en mains, je suis un peu nerveuse. C’est la troisième fois qu’on se voit. J’accélère la cadence de mes pas, mon manteau trop court laisse le froid s’attaquer à mes cuisses libérées par ma robe.

Je tourne enfin sur ta rue, j’arrive devant ta porte. J’inspire. Je ferme les yeux. Je dépose une main sur mon cœur qui bat à tout rompre. J’essaie de me calmer. J’ouvre les yeux.
Je sonne.

Tu m’ouvres rapidement. Je me tiens droite devant toi. Tu es d’une beauté déstabilisante. Ça m’effraie presque. Tu m’invites à l’intérieur, j’entre timidement. Tu prends mon manteau, m’invites à t’attendre au salon et pars dans la cuisine avec ma bouteille de vin.

Je m’assois sur le divan, je jette rapidement un œil autour de moi. C’est beau chez toi. C’est doux, minimaliste, tranquille. Comme toi.

Tu reviens au salon avec le vin et les coupes. Tu me souris et tu m’embrasses. Je frissonne.

On discute de tout et de rien, je suis fascinée par la finesse de ton visage ; la courbe de ta mâchoire parfaitement symétrique. La façon dont tu humectes tes lèvres chaque fois que tu prends une gorgée de vin. Les pattes-d’oie au coin de tes yeux. Tes mains qui couvrent parfaitement mes seins. Ta langue qui fond entre mes jambes. Tes dents qui mordillent l’intérieur de mes cuisses. Le bruit de tes paumes qui claquent sous le pli sous mes fesses. Ton bassin qui vient rejoindre le mien, en secret et en silence quand tu entres en moi pour prendre toute la place dont tu as besoin. Celle que je te laisse, qui est à toi, qui t’appartiens.

Tu me regardes droit dans les yeux, ta main se glisse sur ma nuque, tu m’embrasses et ta langue vient chatouiller mon palais. Tu tires mes cheveux tendrement et tu mords la peau de mon cou. Tes mains baladeuses se lovent entre mes jambes où tu trouves toujours un chemin pour te rendre où tu souhaites.

Un doigt, et deux. Ma bouche s’ouvre à l’infini, je lâche un soupir de satisfaction. Tes yeux disparaissent au bas de mon ventre et ton souffle sur ma peau me donne une sensation de choc électrique jusqu’au bout de mes doigts et orteils. Ta langue se cache en moi, tes doigts courent de bas en haut, épousant toutes les formes de mon sexe qui s’ouvre à toi.

Tu augmentes la cadence, ma respiration s’accélère.

« Laisse-toi aller. »

Je ferme les yeux, mes jambes s’ouvrent plus grandes et mon bassin bouge avec le rythme de tes doigts. Mes muscles se tendent et se crispent, je sens alors que tes doigts curieux découvrent autre chose ; quelque chose de plus fort. Dans l’étonnement du bien que ça me fait, je tente de reculer, mais tu me retiens vivement.

« Ne bouge pas. »

Je cambre un peu le bas de mon dos et je respire fort. Je me laisse aller et je jette un œil vers toi qui est occupé à découvrir les mille et un secrets de mon corps. Tu m’excites, tellement. Ta délicatesse et ta confiance me font du bien. Mon corps devient une œuvre d’art lorsque tu le touches et je m’abandonne complètement à toi. Ta bouche me fait finalement jouir et j’inonde l’entièreté de ton visage.

Je reprends alors mes sens, tu viens m’embrasser doucement.

Je te regarde et je descends lentement la tête vers ton ventre.

« C’est à mon tour. »

Photo Gian D.

Le coeur dans le ventre

Je marche rapidement, je suis nerveuse.

On s’est entendus pour se rejoindre quelque part de précis à 20 : 00, tu m’as donné l’adresse hier soir. Tu m’as dit : « Ne porte rien sous ton manteau. »

Ce n’est pas quelque chose que je fais normalement, puisque non seulement je suis frileuse, mais aussi parce que j’ai beaucoup trop peur qu’un coup de vent relève le bas de mon manteau. Mais ce soir je l’ai fait. Pour toi.

Alors je marche, je gratte mon pouce avec mon index nerveusement et je m’efforce de ne pas ronger mes ongles. Ça fait déjà une dizaine de minutes que je marche depuis le métro, je commence à trouver que c’est loin et l’hiver qui s’allonge me gèle la peau et les os.

J’arrive finalement à destination. Devant moi se trouve une maison bien simple, une lumière est allumée à l’extérieur. Je m’approche et je trouve une carte déposée devant la porte. Je l’ouvre.

Entre. Installe-toi confortablement. Enlève ton manteau. Il y a du vin dans le frigo.

En entrant, je te sens immédiatement. Ça me frappe au ventre, je sens ton odeur et ton parfum partout. Je te connais jusqu’au bout des doigts et même si je semble être seule, c’est comme si tu étais là.

Je ne sais pas si je devrais vraiment retirer mon manteau. Je me trouve ridicule. Moi qui est nue en talons hauts dans une maison que je n’ai jamais vue et qui sent toi à plein nez. Mais ce soir je le fais. Pour toi.

C’est sombre, mais les pièces qui communiquent entre elles sont éclairées par des chandelles. C’est le silence total. C’est beau.

Je me dirige vers la cuisine et j’ouvre le réfrigérateur. Alors que j’attrape la bouteille de vin, je sens ta main qui glisse sensuellement sur mon ventre.

Mon ventre. Je sais à quel point tu l’aimes. Combien de fois tu me demandes de te l’envoyer en photo. Combien de fois tu le caresses lentement. Combien de fois tu jouis sur celui-ci.

Ta main sur moi me fait toujours autant frissonner. Je ferme les yeux, je te reconnais toujours. Ton odeur. Ton toucher. Tu m’embrasses en même temps que je pense à tes lèvres. Tu me prends dans tes bras et accrochée à toi, je remarque que tu es nu toi aussi.

Tu m’assois sur le comptoir, tu me demandes de garder les yeux fermés. J’ai le souffle court, mon cœur bat probablement en même temps que le tien tellement je peux te sentir. Avec moi, tu reviens à la vie.

Et puis tu me goutes. Je suis tellement excitée que j’ai déjà envie de jouir sur ta bouche. Tu le sais, parce que je me cambre comme une anguille et je gémis sans me retenir. Tu arrêtes, tu recules. Tu entres un doigt, puis deux. Et tu recommences. J’ai peine et misère à me retenir, j’agrippe tes cheveux et je te griffe le dos. Ça t’agace, ça t’excite.

Tu me débarques du comptoir et tu me penches. Je me retourne et j’ouvre les yeux, tu lèches tes doigts et tu te mouilles. Tu tires mes cheveux pour que je regarde devant moi et tu entres. C’est fort. C’est chaud. C’est bon. Tu serres ma gorge, je t’entends respirer dans mes oreilles.

Je sens ta main passer de ma gorge au bas de mon ventre. Tu me chuchotes à l’oreille de me laisser aller. Et j’arrive à ce moment où tu me mords l’oreille, où tu lèches ma nuque. Tu sors, tu écartes mes fesses et tu me rejoins. Ensemble, on chante et on s’épuise lentement. On prend ensuite le temps de retrouver nos souffles et nos haleines. Tu m’embrasses et tu déposes ta main sur mon ventre. Je lève les yeux, tu me souris. Tu me serres contre toi et tu me dis : « Tu es belle. »

Et moi, dans l’ivresse de ces mots et de ce moment précieux, je dépose ma main sur la tienne. Et je laisse bouillir mon ventre doucement sous nos mains.

Je le fais pour toi.
Pour toujours.

Photo Kristina Flour