Professeur B.

Je suis assise au fond de la classe. Je n’ai aucune envie d’être ici, ça fait des années que je n’ai pas mis les pieds à l’université. L’horreur.

Je suis une des seules femmes de mon âge présentes et ça ne me plait pas particulièrement. Je suis forcée à obtenir ces crédits pour le travail. Un peu frustrant la nouvelle réforme.

Le professeur n’est pas encore arrivé, il a 10 minutes de retard. J’ouvre un document relié au boulot, je vais travailler durant ce temps.

Je lève les yeux, un gars assis dans la première rangée se lève.

« Bonjour, je suis doctorant et je travaille pour le professeur du cours, ce dernier semble en retard et fort probablement absent pour aujourd’hui. Je vais commencer et donner le cours. Questions ? Non ? Vous pouvez m’appeler professeur B. et maintenant, fermez vos appareils électroniques. »

Je lâche un petit rire perçant, tout le monde me regarde. Non, mais, on est à la maternelle ou quoi ?

« Vous avez un problème, mademoiselle ? »

De me répondre le doctorant en je ne sais trop quoi. Je ne réponds pas, mais je le fixe droit dans les yeux jusqu’à ce qu’il quitte mon regard. Définitivement mon problème, c’est lui.

Le cours passe lentement, beaucoup trop lentement. C’est d’une lourdeur incroyable. Un cours de 18H00 à 21H00… quel cauchemar interminable. La fin arrive finalement, tout le monde ramasse ses choses rapidement.

« Mademoiselle au fond, vous restez, je vous prie ? J’ai à vous parler. »

J’attends que la classe se vide, je descends ensuite lentement avec mes trucs. Il est assis à son bureau et trie nonchalamment des copies qu’il range ensuite dans son sac. Plus je m’approche, plus je ressens une sorte de magnétisme émaner de lui.

Il a les cheveux en bataille, des yeux fatigués malgré son jeune âge et des lunettes qui cadrent parfaitement son visage. Je m’approche, son odeur se colle automatiquement à ma peau. Il est vraiment beau. Son arrogance d’il y a 3 heures m’avait empêchée de remarquer son charme particulier et unique. J’ai un drôle de vertige, il me déstabilise un peu.

Il lève les yeux, direct dans les miens. Mon cœur se serre, je dépose ma main sur son bureau. Je respire tranquillement. Il sourit.

« Tu veux aller prendre un verre ? On passe dans mon bureau ramasser mon manteau et on y va. »

Son ton de voix qui change me fend les jambes en deux. D’un air un peu niais, j’acquiesce — comme hypnotisée par la confiance qu’il dégage sans bon sens. Je le suis, on se dirige vers son bureau.

Espace minimaliste, légèrement éclairé par une fenêtre qui mène vers le cœur du Centre-Ville et ses mille lumières d’édifices. Son odeur est étalée partout dans son bureau. Je ferme les yeux à peine 1 seconde qu’une main confiante se glisse autour de ma taille.

J’ai chaud, tellement chaud.

Sa main coquine serpente vers mon pantalon et elle s’y glisse aisément. Je sens des doigts confiants disparaître en moi. Ça se fait tout doucement, automatiquement. Comme si je l’attendais depuis toujours. Je pousse un petit cri.

Il se place ensuite devant moi et je redirige sa main curieuse dans ma bouche. Je le regarde droit dans les yeux. Il respire fort.

Il me retourne face à son bureau, je le regarde derrière mon épaule. Il baisse mes pantalons et se rend compte que je ne porte pas de culottes.

« T’es vilaine, toi. »

Il lèche sa main et vient pour mouiller son sexe. Je mords ma lèvre. Je le regarde droit dans les yeux.

« Tu n’as pas besoin de faire ça. »

Il lâche un râlement de satisfaction et s’agrippe à mes hanches. Il entre en moi. Fort.

Mes ongles pénètrent dans le bois de son bureau. Il entoure son poignet de mes cheveux et me claque une fesse. Il me chuchote doucement à l’oreille :

« Allez, jouis. »

Alors je glisse ma main entre mes cuisses et je lui demande d’accélérer le rythme. Mon sexe se serre contre le sien, il le sent et ses doigts qui s’enfoncent dans la peau de mes hanches me font comprendre qu’il va jouir lui aussi.

Nos lamentations de jouissance déchirent le silence de son bureau plongé dans le noir. Je sens que je respire enfin, comme pour la première fois de ma vie. On s’habille doucement, il m’embrasse tendrement en lovant sa main au creux de ma nuque. J’ai une boule de chaleur au ventre.

« Alors ce verre mademoiselle, on le prend ? »

Et on quitte son bureau, main dans la main en souriant.

Photo Andrew Schultz

Negroni

Je suis accoudée au bar, nonchalante et je regarde la télévision qui diffuse une reprise de match de hockey sans son. C’est vendredi soir et l’endroit est plein à craquer. Ma solitude devient alors moins lourde à porter.

Je me suis rendue ici juste après le dernier meeting au bureau, je suis épuisée et mon veston me colle au dos. Je regrette tellement la jupe que je porte, je suis très inconfortable — je n’arrête pas de tirer cette dernière vers le bas. Mes talons hauts me tuent les pieds et je ne pense qu’à mon bain. « Un dernier verre et je m’en vais », que je me dis.

Je fais signe au barman de me servir un autre Negroni — ce qu’il s’empresse de faire suivit d’un clin d’œil. Je n’ai pas le désir ou l’envie de me faire charmer ce soir, je n’ai pas la tête au sexe — encore moins aux hommes. Trop occupée. Trop indépendante. Trop ailleurs. Merci, mais non merci.

Un gars arrive à ma gauche et me bouscule un peu. Il dépose sa main sur mon bras, me regarde droit dans les yeux en me disant « Excuse-moi » et il reprend sa conversation avec un autre homme. J’ai un drôle de vertige, mais je retourne rapidement à mon match de hockey. Ce n’est vraiment pas mon genre, de toute manière. Et je n’ai pas la tête à ça, ce soir…

Je termine mon verre, je ramasse mon manteau et il m’accroche à nouveau.

« Negroni? Un dernier avant de partir ? »

J’hésite, il me sourit, j’acquiesce malgré moi. Il se présente et son ami quitte juste après lui faisant signe de l’appeler plus tard. Bien joué.

On parle de tout et de rien. La conversation est étrangement très fluide. Je n’ai pas l’habitude de m’intéresser à ce genre d’homme. Mais il y a quelque chose de particulier qui émane de lui, son énergie, son aura, son charisme… son parfum m’absorbe et m’envoûte.

La soirée va bon train, j’ai bu un verre – ou deux de trop. Je ris beaucoup et je m’approche énormément de lui. Ma stature de femme forte se transforme rapidement en celle d’une femme douce et légère ; mes barrières tombent tranquillement.

Il m’invite chez lui, j’accepte. On prend un taxi et on se regarde beaucoup durant le trajet. Je tire souvent ma jupe, sa main se love doucement sur ma cuisse. Ses gestes ne sont pas sexuels, mais sensuels. Et j’ai vraiment envie de lui.

On arrive enfin devant sa porte. J’enlève mes chaussures en entrant tout en me plaignant un peu et je laisse tomber mon veston sur le sol.

« Laisse-moi m’occuper de toi. »

Je ris un peu, mais je me laisse faire. Il me prend dans ses bras et me couche sur son lit. Il commence à me déshabiller tout doucement. Le bout de ses doigts glisse sur ma peau, je frissonne. Il me regarde droit dans les yeux. Ça me déstabilise.

Il s’approche de mon visage et m’embrasse enfin — comme je n’ai jamais été embrassée. J’ai l’impression qu’il reconnait ma bouche, comme si nos lèvres fondaient ensemble. J’ai chaud. Très chaud.

Sa langue quitte la mienne pour se diriger vers les aréoles de mes seins. Ses dents mordillent gentiment mes mamelons, je frissonne encore. Sa bouche glisse jusqu’à mon nombril pour terminer sa course vers mon sexe.

Et il me goûte. Avec faim. Avec envie. Avec désir. Il reconnait mon corps — comme s’il avait toujours été connecté à ce dernier. Un doigt, puis deux viennent se glisser en moi et les vagues se lèvent, la mer entre mes jambes se fait ressentir. Je lui demande d’entrer en moi, suppliante pour son sexe, désirant venir sur ce dernier.

« Je veux te faire jouir en premier. Je vais te prendre après. Te prendre comme tu veux. »

Une minute n’est même pas passée que j’inonde ses doigts, sa bouche et ses draps.

Il remonte vers moi et trouve sa place. Sa place à lui que je lui offre, lui donne, lui promets. Il me fait l’amour comme jamais un homme ne m’a caressé auparavant. J’ai des vertiges qui n’en finissent plus. Il me retourne finalement et relève mes hanches.

Il entre encore, mais plus fort. Il s’accroche à mes hanches et une de ses mains quitte mon bassin pour claquer le pli entre ma fesse et ma cuisse. Je me mords une lèvre, j’ai encore envie de jouir.

Sa main glisse de ma fesse jusqu’à mon clitoris qu’il épouse avec délicatesse et précision. Il sait comment et quoi faire. Comme s’il me faisait jouir depuis des années, depuis des lunes, depuis toujours. Je n’en peux plus, je lui demande de jouir avec moi. Il se dépêche de me recoucher sur le dos, empoigne son sexe et se masturbe devant moi tout en me touchant en même temps.

Il jouit sur mon pubis, mon ventre, mes seins — en même temps qu’il entend mon petit cri d’amour. On se respire un peu, on se colle, on se caresse. Je me cache timidement près de sa nuque et il embrasse le bout de mon nez.

Il me demande si je veux dormir à ses côtés. J’accepte. Il me propose quelque chose à boire, je souris.

« Un dernier Negroni, pour le dodo ? »

Je ris et lui aussi — devant la télé allumée dans sa chambre qui diffuse encore la reprise du match de hockey.

Photo Elliott Blair

Instagram love

🖤 Audio de Instagram love 🖤

Je me réveille en sursaut. Je regarde mon cellulaire. C’est le milieu de la nuit.

J’ai une folle envie de me masturber, parce que je pense à toi.

Je pense à toi tout le temps.

J’ouvre tes réseaux sociaux. Je choisis des photos. Je fais des captures d’écran. Puis je les regarde.

Une. Après. L’autre.

En boucle.

Ma main glisse sous ma culotte.

J’ai chaud, je suis excitée. Je ferme les yeux et je pense à nous deux.

Tu entres dans mon appartement, il fait nuit. Tu es tellement beau, ça me frappe chaque fois. Tu te places devant moi, tu glisses tes mains sous mes fesses, en dessous de mes culottes. Puis tu me soulèves comme une plume. Je lâche un petit cri, tu me rassures : « Je te tiens. »

Tu m’embrasses, ta langue se mêle à la mienne. Mon sexe chaud est déposé sur ta taille, je sens le tien grossir.

J’ai envie de toi. Depuis longtemps. Depuis toujours.

Tu me bordes vers la chambre, tu me couches. Tu me regardes droit dans les yeux et tu détaches ton pantalon. Tu ne te déshabilles pas, moi non plus. Tu écartes mes jambes, tu te fais une place. À un doigt, tu repousses ma culotte vers le côté. Et tu entres.

Puis ça, ce moment, nous deux enfin réunis, ça me berce. Je mouille à l’infini. Mon corps devient le tien. Mon bassin bouge avec le rythme du tambour dans ton ventre. Je suis à toi, je t’appartiens. Dans l’instant de ce moment, ma bouche grande ouverte comme le ciel fige ; j’ai peine à respirer tellement je t’attendais.

Tu me retournes, tu t’agrippes à mes fesses. Celles-ci claquent sur toi et j’inonde ta peau avec les battements de mon petit cœur au bas du ventre. Tu accroches une de tes mains à mon épaule et l’autre vient se balader vers mon visage. Tu mets tes doigts dans ma bouche.

Et je les suce.

Un à un.

Il fait chaud. Incroyablement chaud.

Ta main se place ensuite sur ma nuque que tu serres. Ça m’excite. Tu tires mes cheveux. Je lâche des petits cris, tu claques mes fesses pour me faire crier plus fort. Langoureuse chatte que je suis, je cambre encore plus mes hanches pour que tu puisses aller plus loin en moi.

J’ai envie de jouir.

Tu le sens, tu te places face à moi et tu me demandes de me toucher. Tu mords mon épaule et lèches mon oreille, tu me souffles tout doucement en me regardant droit dans les yeux : « Tu es tellement belle quand tu fais ça. »

Et je viens sur toi.

Je sens que tu vas jouir toi aussi. Alors je te repousse, tu sors. Je m’agenouille devant toi, je te prends. Fort. Et tu gémis, ta respiration se fait sentir jusque dans ma gorge.

Et je ferme les yeux, tu ouvres les tiens. Tu barbouilles mon visage et mes lèvres ; tu m’appartiens.

Je bous et je frémis doucement ; dans la réalité. Je reprends mes sens et mon essence ; je regarde mon téléphone. J’ai un message texte.

C’est toi et tu dis : « Je pense à ton corps. Ton odeur. Ta peau qui ondule sur la mienne. Tu me rends animal et j’ai envie de toi, de te sentir, de te goûter. »

Mes pieds ne touchent même pas le sol que déjà je me retrouve chez toi, nouée à ton bassin, les jambes entrecroisées comme une araignée sur ton corps.

Je pense tomber de tes bras, mais tu me rassures : « Je te tiens… pour toujours. »

Photo Krista Mangulsone