250 kilomètres d’amour

C’est le temps des neiges nocturnes et des pluies fines.

La nuit, parmi les étoiles des sapins et des brillants des cadeaux, mon cœur s’emballe et s’excite au même rythme que sa peau qui me respire à distance.

Je pense à lui constamment, comme une galaxie infinie et des secrets chuchotés aux oreilles, mes lèvres sont un tambour qui claque et frissonne sous les coups de ses paumes collées à mon ventre.

Je l’aime.

Comme une anguille qui serpente toutes les mers du monde, s’abreuvant aux vertèbres des autres animaux marins, cherchant sans cesse et sans relâche un sable chaud pour se reposer.

Un soleil brûlant m’habite quand il dit mon nom. Les flammes s’alimentent de mon sang. Le cœur de ce dernier se loge au creux du mien pour ne former qu’un et faire battre toutes les grandes chaleurs de mon sexe. 

Mélodie qui résonne et rayonne au creux de mes tympans, comme les plus merveilleuses symphonies jouées du bout des doigts ; c’est sa chanson à lui que je répète et fredonne du bout de la langue. 

Son corps dans le mien transporte et berce toutes les misères que mon cœur a supporté. Cachée au creux de ses bras, habillée par sa peau humide et chaude, je ronronne et réveille mes propres abysses quand son odeur se tatoue près de ma bouche.

Je le goûte à distance, doux souvenir de sa peau de septembre qui scintille dans la folie de mes draps. Quand je ferme les yeux, je peux retrouver ses yeux parmi toutes mes mémoires. Les oreilles grandes ouvertes, l’écho de son rire transperce les millions de kilomètres qui nous séparent. 

Mes propres doigts qui effleurent les courbes de mes hanches aux eaux de mes cuisses sont mon sacrilège et un sort que je me jette pour retrouver un semblant d’effet de ses mains. Je me fais l’amour en pensant à lui, mes jouissances deviennent les siennes et je crie en puissance pour que ses sens s’éveillent en même temps que les miens.

Le temps est immortel à ses côtés et les heures deviennent des secondes quand je sens son cœur battre contre le mien. Rien à voir avec les sensations de montagnes russes ordinaires, lui, il est plus que capable de faire vibrer et briller mon corps au-delà des vertiges de toutes les galaxies.

Cet homme est la raison pour laquelle mes yeux sont ouverts sur toutes les ambitions, les désirs, les envies, les possibilités et les passions dont mon âme rêve.

Ces paroles que je chante et récite sont les refrains infinis fredonnés au cœur de toutes les villes de la planète entière pour que son nom soit connu de tous et chacun. Homme d’une vie, mémorable et inoubliable, c’est lui qui habite mes pensées et qui mérite toutes les louanges espérées d’un cœur amoureux.

Je n’ai pas assez de temps pour lui dire à quel point et comment je l’aime, mais j’ai tous les mots du monde pour lui écrire tous les jours, et ce, jusqu’à la fin des temps. 

Photo Sarah Dorweiler

Le rêve

Fin de la journée. Je me glisse sous les draps. J’ai sommeil, mais mon esprit vagabonde de droite à gauche essayant de retrouver et de ressentir le souvenir de ta peau sur la mienne. 

Je ferme les yeux, je pense à toi.

Mes mains deviennent les tiennes. Le bout de mes ongles glisse autour des aréoles de mes seins. Je frissonne doucement et ma bouche se remplit de salive. Deux de mes doigts viennent vagabonder près de mes lèvres, je lèche ces derniers. 

Curieux, ils se glissent pas à pas vers mon sexe affamé qui appelle le tien à des centaines de kilomètres. Je respire, j’expire, ils se lovent autour des marées qui se créent entre mes jambes. Ils ont soif de retrouver la raison de leur passion, ils ont faim de redécouvrir un battement de cœur sur leur peau.

Ils entrent doucement tout d’abord, puis plus fortement pour s’agripper contre les parois de mon petit corps en famine pour ta bouche. Ma poitrine se gonfle, mon ventre veut exploser. Je fais des mouvements de va-et-vient et mon autre main vient accompagner sa voisine pour éveiller mon bouton d’or. 

Je me fais l’amour en pensant que c’est toi qui fait bouillir mon corps. Je veux que ce soit toi qui me touches, qui m’emportes, qui me fasses jouir. Je berce ma peau pour la réconforter, je parle à mon sexe pour l’exciter, je flatte l’entrée de mes cuisses pour la câliner. 

Je me retourne sur le ventre et j’allonge tout mon corps, une jambe légèrement relevée. D’une main, je m’accroche à la tête de lit pendant que mon bassin se concentre à vibrer doucement contre l’autre, collée à mon clitoris. Je me colle et m’absorbe envers moi-même, je vais venir et exploser. Je vais plus vite, j’accélère, ma respiration se fait vive, mon sexe commence à s’ouvrir.

Je me frotte plus fortement, je couine, je me mords la lèvre et l’instant d’un souffle j’imagine tes yeux qui disparaissent entre mes jambes. Je te vois là devant moi, à sentir et désirer toute la puissance de mon corps qui appelle le tien avec passion et fougue. Je te vois là à t’approcher et réclamer ta place sur et en moi. Je te vois avancer pour me mordre, m’embrasser, me toucher. 

Tu es devant moi.

Et enfin, tu entres. J’ouvre les yeux, c’est là, je le sens. Je jouis sur ma main, inondant ma peau douce comme de la soie et mouillée comme les eaux de la mer de ton cœur. Je me noie un peu, chambranlant entre le rêve, le sommeil et la réalité…

Est-ce que je rêvais?

Photo Viktor Juric

Étoiles infinies

Ma belle, ma douce et ma sauvage. Ondule, roule et brille sur ma peau comme un mirage. Ta bouche affamée pour mon corps et mon sexe bave d’envie devant tes yeux remplis d’étoiles infinies.

J’avance comme une chatte devant toi, cambrée comme un fauve qui chasse et guette ton cœur de gazelle.

Allez, avance, c’est ça. Embarque sur moi. Fais-moi vibrer, encore et encore. Prends-moi, possède-moi. Mon corps t’appartient. Amour d’une vie.

Je m’assois sur toi. Rien ne peut m’arrêter, je me donne à toi. J’ai envie de nos corps en un seul.

Je te sens et te lèche. À distance comme devant, ton corps je le sens partout et dans les ailleurs. Je te cherche constamment. Odorat aiguisé à frotter ma bouche sur ta peau pour tatouer mon odeur au creux de ton épiderme à tout jamais.

Je courbe mes hanches, serpentant sensuellement sur ta peau chaude et mouillée. Et je te fais entrer comme ça, sans crier gare. Mes doigts glissent dans ta bouche.

Oui, ma beauté. Femme fatale que tu es, sexuelle et sensuelle. À frotter tes sens et ton sexe sur mon bassin. Je touche tes seins, je laisse couler ma salive entre tes cuisses. Fais bouger mon corps au rythme du tien.

Je te contrôle. Je veux me faire jouir sur toi. J’ai besoin de jouir sur toi. Tu m’excites, comme ça ne fait pas de sens. Ma tête en 360, une toupie en alchimie, mon cœur rempli de tornades, des vertiges plein le ventre, mon corps en vagues ondulantes… tu me fais vivre.

Ton sexe se contracte sur le mien. Les vagues se lèvent entre mes cuisses, toute la houle du monde se balance et se berce en un seul océan qui rejoint les tempêtes de ton corps. Je veux jouir en toi. Maintenant.

Allez, viens, c’est ça. Jouis en moi. Redécouvre-moi, mon corps, mon cœur. Fais crier tous les sens et les odeurs de ma peau reluisante et saignante pour ta bouche en agonie.

Jouir te fait jouir. Tu me rejoins en une seule et unique symphonie. Nous deux qui perçons et déchirons le silence de la pièce. Nos cris de jouissance en harmonie, comme un chœur infini. Toi et moi, ensemble et pour toujours.

Mon âme qui s’ouvre sur la tienne, mes yeux qui valsent et s’échappent dans le courant de nos chocs électriques. Vibrations. Naufrage. Harmonie. Douceur. Vrai. Sensualité. Amour. 

Toi et moi, encore et toujours. 

Photo Fabrizio Verrecchia