L’éveil d’une vie

Collaboration AUDIO avec Mike Beaudoin

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil naissant. Tes yeux de félin s’éveillent tranquillement. Tu passes une main dans tes cheveux et tu humectes tes lèvres. Tu me souris. Tu me donnes la chair de poule.

Mes doigts naviguent contre la peau sous mes fesses. De mon sexe à mes seins, mes mains caressent les vagues de mon corps. Je soulève des vents, marées et tornades en te regardant dans les yeux. Ma bouche appelle la tienne.

Je m’approche de toi, j’ai envie de te faire l’amour. Comme la première fois, comme un choc électrique, comme un trésor que l’on découvre près des sables blonds et des doux secrets de la mer. Ta peau, tes lèvres, ton ventre, tes seins, tes jambes… ta beauté me chavire et m’absorbe.

L’eau du creux de mon ventre abonde en inondation violente, l’entrée de mes jambes crie pour ta peau. J’ai soif pour ta sueur, faim pour ton corps. Du désir à l’amour, mon sexe bouillant me donne des vertiges. Viens me rejoindre, glisse ton corps près du mien.

Tu es belle. Femme fatale et animale, ma peau sur la tienne, je t’entends ronronner près de mes oreilles. Tu me fais perdre la tête et chatouille tous mes sens. Ton regard de chatte, tes courbes ondulantes, ta bouche fondue à la mienne… J’entre en toi, ton corps avait besoin du mien. Je gémis, toi aussi.

Je t’accueille. Mes jambes enrobent ton bassin, je m’agrippe et m’accroche à toi pour l’éternité. On se regarde dans les yeux, je lèche tes lèvres. Ma langue glisse contre la tienne, serpentant entre l’océan dans lequel tu essaies de nager sans te noyer.

Amour de ma vie, je laisse mes mains me guider vers toi alors que mon corps prend le tien. Je chatouille doucement ton sexe. J’ai envie de laisser les vagues de ta peau engloutir mon visage. Mes yeux suivent naturellement le chemin vers le bas de ton ventre – douce cachette où ma langue trace constamment ses allées et venues comme une carte de chasse au trésor.

Coeur de ma vie, tes lèvres embrassent les miennes – tu sais comment me retrouver. Une onde me glace le sang, mes muscles se contractent, mes ongles pénètrent ton épiderme, un cri, des spasmes, une crampe : je jouis sur toi et dans ta bouche. Tu as trouvé tous les diamants de mon corps.

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil vibrant. La puissance de ton corps après l’amour, ta bouche chaude et asphyxiée, tes yeux qui fondent, le début de tes cuisses humides, tes joues rougies… tu es belle. Et je vais te regarder, t’observer et t’aimer comme ça, longtemps. Toutes les nuits. Tous les matins. Toute ma vie.

Photo JR Korpa

Passion d’été

Un texto. Un lieu de rencontre. Une soirée.

Rien de plus pour enflammer mes sens et enfiler une robe sans porter de sous-vêtements. Avec toi, je me sens coquine et j’ai cette envie facile d’exciter ton corps, ton esprit et ton cœur. 

Je te rejoins à notre point de rencontre. Tu m’attends déjà à une table. Tu te lèves en me voyant et tu passes ta main sur ma hanche. Tu t’approches de moi et tu embrasses ma joue, près de mes lèvres. Je frissonne. La pointe de mes seins s’éveille et marque le léger tissu de mon vêtement. Tu le vois, je le perçois dans tes yeux. 

On s’assoit l’un en face de l’autre. Les jeux de pieds commencent. Et la valse des mains aussi. Ton regard dans le mien me fait fondre, je me laisse bercer par tes doigts malins qui cherchent l’entrée de mon corps près de mes cuisses.

J’appuie ma main devant ma bouche pour camoufler mes respirations et mes petits râlements. Tu m’excites. Tellement.

Tu ris. Moi aussi. 

On boit un verre, deux et trois. Je te fais des yeux de chatte, je ronronne à distance pour ton corps. Ta peau m’appelle et je veux répondre.

Maintenant.

Tu me demandes si je veux aller chez toi, ce à quoi je réponds : « S’il te plaît. »

On marche rapidement et légèrement alcoolisés, nous rions aisément. Tes doigts se glissent sous ma robe où tu pinces mes fesses sans retenue. On rit encore plus fort — ton sourire se transforme en désir indomptable. 

Ta main glisse contre ma nuque et tes doigts se fondent à la base de mes cheveux. Tous les vents de mon corps se lèvent, c’est une tornade dans mon ventre qui ravage mes sens et mon sexe. Je te désire. Tellement. 

Tu me pousses doucement vers la ruelle derrière nous. On rit encore, je regarde à gauche et à droite — tu ne regardes que mes yeux. Tu me colles doucement contre la brique d’un bâtiment. Tes mains se baladent sur mon corps, de mes seins à mon ventre. Tu respires fort, tu lèches ma bouche et mordilles mes joues. Je n’en peux plus. Je te veux. Je te veux en moi. Tellement.

Une de tes mains disparaît entre mes jambes où deux doigts viennent pianoter une mélodie d’amour en moi. Je mords une de tes lèvres afin de retenir mon souffle. Tu me regardes toujours dans les yeux, ma respiration s’accélère, mon bassin se cambre, mes cuisses se serrent, mon sexe vibre…

J’essaie de ne pas trop faire de bruit, de rester silencieuse, de cacher ma douceur, mais tu me dis : « Laisse-toi aller, amour de mon cœur. Jouis. »

Et comme ça, mes yeux dans les tiens, mon haleine qui se mélange à la tienne la bouche grande ouverte comme le ciel, je jouis sur tes doigts, sur toi, en pensant à toi, avec toi, grâce à toi.

On rit encore. Aux éclats. Tu m’embrasses le nez. Tu lèches tes doigts. Je t’embrasse sur la bouche. Tes doigts viennent encore pincer une de mes fesses.

Un regard. On sait. Alors on se met à courir pour se diriger chez toi.

Pour se faire l’amour. Parce qu’on s’aime. Tellement.

Photo Justin Luebke

Vibrances d’été

Vendredi soir, l’été arrive enfin et tout doucement. Il fait chaud, malgré le fait que le soleil soit maintenant couché. Les rues de Montréal sont bondées. Je marche rapidement, mes yeux croisent plusieurs regards. C’est enivrant ; les gens sont beaux.

Je dois la rejoindre près de la scène du spectacle qui se donne à l’extérieur. Elle m’a dit qu’elle serait en première rangée. Mais il y a beaucoup de gens et c’est presque impossible de me faufiler entre toute cette foule. Je lui envoie un message texte. Sans réponse. 

J’essaie d’avancer tranquillement. Rien à faire. Je ne passe pas. Le spectacle commence, je me dis que je peux essayer de passer entre les gens au fil de la soirée. Je reste là.

La musique est bonne. Il fait noir, les têtes sont éclairées par les projecteurs de la scène. Il fait chaud. L’odeur de l’été est là. Les corps transpirent, la sueur des gens se mélange et émane au-dessus de l’amas de personnes. C’est magnifique. 

Je lève les yeux. Mon regard tombe direct dans celui d’un étranger qui m’observe avec une confiance déstabilisante. J’ai un drôle de frisson et j’ai l’impression qu’il le ressent à même les quelques mètres qui nous séparent. Il continue de me regarder, il me sourit.

Il s’approche tout doucement, faisant serpenter son corps entre ceux des autres parmi la foule. Il réussit à passer, comme s’il était destiné à me rejoindre. L’énergie qui émane de sa peau me rend tout doux ; c’est la première fois de ma vie qu’un homme me fait cet effet. Il s’approche de plus en plus, je suis un peu nerveux.

Il arrive à mes côtés, il colle son bras contre le mien. Connexion, magnétisme, fusion. J’ai un drôle de vertige qui me tient à peine debout. La musique m’envoûte, tout comme le bel inconnu à mes côtés. Sa main flâne autour de la mienne, de mon bras, de ma cuisse et finalement de mes hanches.

Ses doigts commencent à caresser mon sexe qui durcit au travers mon pantalon. Son odeur me rend fou, sa barbe, ses yeux en amandes, sa bouche, sa peau ambrée qui brille sous les projecteurs… Il m’ensorcelle et je me sens complètement impuissant à ses côtés. 

Je le regarde du coin de l’œil, il est simplement là, près de moi à me ressentir et découvrir mon énergie. Je suis en transe pour et avec lui ; j’ai un coup de foudre qui transperce mon corps et mon cœur. 

Ses lèvres se promènent au creux de ma nuque, j’ai l’impression que je vais m’évanouir. La musique qui me berce, son odeur qui fusionne à ma peau, son corps contre le mien, sa langue qui possède et berce tous les sens de mon âme…

Je suis à court de souffle tellement mon niveau d’excitation est élevé. Il le ressent, il accélère la cadence du frottement de sa main contre mon sexe. J’essaie de me calmer et de contrôler ma respiration, mais j’en suis incapable ; je jouis en lâchant un soupir caché sous la voix de la chanteuse. Je ferme les yeux, ses doigts glissent entre les miens, il serre ma main très fort. On se regarde encore dans les yeux, c’est vrai et fort. Comme si on se reconnaissait finalement. 

Mon cellulaire vibre au creux de ma poche et me sort durement de ce moment avec lui. Je relâche sa main pour sortir mon téléphone. Elle m’a répondu : « Je suis en avant, essaie de me trouver, je vais lever les bras pour que tu me voies. Passe entre les gens, je t’ai gardé une place près de moi ! »

Je le range à nouveau à l’intérieur de ma poche et je reprends sa main. Je la serre fort. Et je reste là, avec lui. Au milieu de la foule inconnue qui m’a fait ressentir les plus belles vibrances de l’été. 

Photo Jacky Zeng

Musique de nos coeurs

Je sors du bureau, il est passé 21 : 00. Je suis exténuée, mon corps veut se coucher en même temps que le soleil. Je marche tranquillement vers ma voiture et du coin de l’œil, j’aperçois un nouveau petit bar de quartier qui vient tout juste d’ouvrir. 

J’hésite à ouvrir la porte de ma voiture. Allez, un verre et je rentre à la maison par la suite. Je traverse la rue rapidement et me dirige vers le bar aux allures quelque peu obscures. Je suis intriguée — une affiche indique un spectacle ce soir. Un chanteur et sa guitare acoustique. Bon, encourageons les artistes locaux, que je me dis.

J’entre, c’est sombre et feutré. L’ambiance est lourde, mais calme. Il y a plusieurs personnes sans que ce soit étouffant. Je me sens bien. Je m’installe au bar et je commande un verre de vin. 

Je prends une gorgée à peine de mon verre que ledit chanteur embarque sur la scène. Je m’étouffe un peu — je suis hypnotisée par sa beauté. J’essuie ma bouche avec le revers de ma manche et je souris à un inconnu à mes côtés qui me demande si je vais bien. 

Il commence à chanter, à gratter sa guitare. Une boule de chaleur m’envahit et grossit au creux de ventre. Je ressens un drôle de vertige — je suis à la fois captivée et fascinée par ses lèvres, sa voix, ses yeux, ses doigts sur les cordes, son corps qui bouge avec sa propre musique. Je ferme doucement les yeux, je me laisse bercer par les notes, les paroles et ce que tout mon être ressent dans le moment présent. 

Je me sens vibrer, comme mon âme qui décolle et vole. Je frissonne, mon cœur bat à la vitesse de l’éclair. Un mal de cœur s’empare de moi tellement je suis étourdie par lui. 

Le temps passe vite, son spectacle est déjà fini. Un étrange sentiment m’habite, comme un vide, une absence. Je termine mon verre et je scrute l’arrière-scène. Je trouve facilement comment m’y rendre subtilement. Je pousse quelques rideaux et je l’aperçois au fond d’une petite pièce. La porte est à moitié fermée, il boit une bière tranquillement. Je m’approche, il entend mes talons et lève les yeux. Je lui souris, lui aussi. Je me présente, il me dit d’entrer. Il est très attirant oui, mais c’est le timbre de sa voix qui me fait perdre tous les sens de mon corps. Je suis en transe pour sa bouche. 

On rit, on parle, il chante encore pour moi. Je m’approche de lui et je lui dis : « Tu sais comment venir me chercher, toi. ».

Il me regarde droit dans les yeux et me dit : « Ce serait plate de chercher pour te faire venir, en effet. »

La boule dans mon ventre explose. Mon corps s’élance vers le sien comme un aimant et ses mains se collent automatiquement à mes hanches. Il me retient fort, fermement, et penche sa tête vers la mienne pour m’embrasser.

Sa langue dans ma bouche réveille toutes les mers et les vagues endormies dans mon corps. J’ai le mal de mer ; je navigue entre les eaux de sa bouche. Mon cœur en coquillage lance un cri : c’est un écho éternel qui se crée entre nous deux.

Une de ses mains fait vibrer le rythme de ses doigts vers mon pantalon, je sens qu’il va jouer de moi et de mon corps comme d’un instrument. Sa main enveloppée entre mes jambes est inondée par la rivière de la boule de chaleur explosée. Je suis tellement excitée que j’ai peine et misère à retenir mon souffle.

Je jouis sur ses doigts qu’il vient ensuite porter à ma bouche. Mes mains coquines sentent qu’il est excité lui aussi. Je m’agenouille devant lui et je le prends dans ma bouche. Son sexe vient se lover au creux de ma gorge, comme les paroles de ses chansons. La musique de son corps résonne dans mon palais ; je veux l’ensorceler comme il a jeté un sort à mon ventre.

Il respire fort et souffle mon nom entre ses lèvres : « Petite grande tornade, tu me fais capoter. »

Et moi, affamée pour son corps, son sexe, sa voix, son odeur, son cœur et tout son être, je me relève devant lui et me penche vers l’avant pour le laisser entrer en moi. Je sens la tempête, les remous et la pluie infinie nous envahit tous les deux. Nos sexes mouillent et se mêlent en douce alchimie.

Bercés par l’excitation, nous jouissons en même temps, ses mains accrochées à mon bassin relevé pour lui laisser toute la place dont il a besoin pour me prendre, me pénétrer, se cacher dans les abysses de mon…

J’ouvre les yeux en sursaut, le gars à mes côtés me redemande si je vais bien : « Tu t’es endormie, on dirait… comme si tu étais dans la lune, ou je ne sais trop quoi. » Je lui souris et lui demande où est passé le chanteur qui n’est plus sur la scène. Il me fait signe qu’il est sorti derrière les rideaux. 

Je me lève et confiante, je sais exactement où porter mon corps pour le retrouver. Pour le retrouver comme une mélodie à mes oreilles, à ma bouche, à mes mains. Pour jouer la chanson de nos peaux, de nos cœurs, de notre vie. 

Photo Sebastian Kanczok

Retrouvailles

Fin de soirée. Nous sommes encore devant la télévision. Je te regarde du coin de l’œil, tes yeux se ferment constamment — tu essaies de te battre contre le sommeil qui t’envahit. 

C’est la routine de nos soirées d’amour : le retour du boulot, le souper, faire prendre le bain aux enfants et les coucher, la télé, les yeux fermés, les corps éloignés.

Est-ce que notre couple s’est perdu quelque part ? As-tu oublié l’effet de mes lèvres sur les tiennes ? Suis-je devenue un souvenir du passé ? As-tu encore envie de ma peau nue contre ton corps ?

Tu me dis que tu vas te coucher ; tu es trop fatigué. Tu m’embrasses sur le front, je souris. Cinq minutes à peine sont passées que je t’entends déjà ronfler. Du salon, j’entends aussi les enfants respirer tout doucement. Je suis seule, sur le divan, le visage éclairé par la lumière de l’écran de télévision. Je suis un peu fatiguée, mais je n’ai pas envie de me coucher. 

Je change le poste jusqu’à tomber sur un film pornographique. Mes yeux se réveillent, mes sens aussi. Ce n’est pas vraiment mon habitude de regarder ce genre de film, mais… le bas de mon ventre s’agite et se réchauffe rapidement.

J’observe attentivement les caresses et les corps entrelacés. Assise à cheval sur son partenaire et dos à lui, la femme fait serpenter tout doucement son bassin, comme une chatte. Elle aime ce qu’elle lui fait ; ses yeux s’enflamment et ses mains agrippées aux cuisses de l’homme le confirme bien. 

D’une main, il lui agrippe les cheveux, tandis que de l’autre, il claque ses fesses. Elle gémit et se lèche les lèvres, sa propre main va se lover entre ses jambes. La mienne aussi. 

Je m’agenouille sur mon sofa et m’agrippe à un coussin. Mes doigts sont déjà cachés en moi et je compte jouir en même temps qu’elle. J’accélère le rythme et je me frotte sur ma paume de main. 

À l’écran, mademoiselle ouvre la bouche et commence à râler. Je mords le coussin pour enterrer mon souffle – mais tu sors de la chambre à l’instant même. Coït interrompu. 

Je me sens ridicule — tu me souris. Tu ne dis rien et tu t’approches doucement de moi. Tu retires mon bas de pyjama et tu couches mon bassin près du rebord du divan. Tu t’agenouilles et ta tête vient se cacher entre mes cuisses. 

Ta langue au bas de mon ventre connait sa place ; malgré les semaines passées sans se caresser, ta bouche ne peut jamais m’oublier. Elle me sent, elle me goûte, elle me prend, elle me touche ; elle me reconnait. Toujours. 

Je me frotte sur ton visage et retiens ta tête ; je compte jouir sur ta bouche. Tu me fais du bien, tellement de bien. Ta langue navigue sur ma peau, entre et sort et caresse doucement toutes les petites cachettes secrètes. Tu lèves les yeux vers les miens, je jouis instantanément en tentant d’être le plus silencieuse possible. 

Malin comme tu es, tu sors ton sexe de ton pantalon et tu m’étends sur le sofa. Tu agrippes ma gorge et tu viens te lover au creux de cette dernière. Je te prends avec envie et désir. J’agrippe tes fesses pour pousser ton corps à aller plus loin en moi. Tu lâches un léger cri de satisfaction et je sens ton cœur battre sur ma langue. 

Quelques coups de bassin à peine et je sais que tu vas venir ; mes lèvres reconnaissent les pulsations de ton sexe — je sais toujours comment te satisfaire. Tu ouvres encore la bouche afin de râler de plaisir, mais je te pince une fesse pour te rappeler de conserver le silence.

Tu sors et jouis sur mes lèvres, ma nuque et mes seins. On se regarde et on se sourit. Tu viens pour m’embrasser, mais…

« Maman..? »

On rit doucement, tu me fais signe que tu vas t’en occuper. Tu me fais un clin d’œil en sortant du salon. Je lève les yeux vers la télévision et le film est terminé. Je l’éteins et je sors du salon en souriant.  

Photo Nadine Shaabana

Dernier envol

🖤 Audio de Dernier envol 🖤

Mon amour, mon hirondelle, ma reine des quatre saisons,

Si je t’écris aujourd’hui, c’est pour m’imprégner une dernière fois de toi et de nous. Mon cœur en sang, mes mots doux, ma colombe qui s’envole sans vœux exaucés, je me crève les yeux juste à penser que tu m’as échappé, que tu as glissé entre mes doigts fragiles et frêles.

Tu es partie au début du printemps, quand les tulipes commençaient à se pointer le bout du nez et que les journées s’allongeaient. Ton corps s’est dégourdi, comme ton cœur s’est alourdi. Je me suis affaibli.

Je me souviens de nos mains entremêlées dans ton lit. Tous deux nus, les peaux collées et avides de plus et jamais de moins. Quand tu me faisais l’amour, c’est le monde entier qui se dévoilait et s’ouvrait à moi. Comme tous les petits recoins des pétales d’une rose immortelle.

Ton corps.

Une œuvre d’art que je caresse encore en silence et en cachette, à distance, à m’imaginer ta peau glisser sur la mienne laissant son odeur entre mes pauvres doigts faibles et mes draps. Encore et encore. Mon ange d’une vie, ma femme fatale, mon âme qui vole et s’envole. Loin.

Tu me manques.

Ta façon de me regarder le matin. Le bout de tes seins qui pointent vers le ciel sous ton chandail. Les marques zébrées de ta peau, sous tes fesses, qui démontrent le corps d’une vraie et belle femme. Ton rire qui perce le silence du corridor de mon appartement vide sans toi. Tes yeux plongés dans les miens quand tu glisses ta langue sur mon sexe. Tes mains fines qui pianotent les notes de notre histoire d’amour sur mon ventre frissonnant. Ton esprit tout doux qui tourmente le mien. Ton intelligence qui me déstabilise. Ta fougue incroyable. Ton ambition sans fin et sans limites.

Je t’aime.

Notre amour, nous deux me manque.

Tes doigts dans ma bouche. Tes jambes qui emprisonnent mon corps. Tes fesses qui claquent sur mes hanches. Ton sexe qui mouille le mien. Tes orgasmes qui rejoignent les racines et l’essence même de mon âme. Ta langue qui frétille et dessine son chemin au travers mon esprit. Le bruit de nos corps parfaitement en communion qui fait trembler toutes les terres de la ville et du monde entier.

L’été va arriver, la finesse de tes jambes va se dévoiler. Ton corps allégé par la perte du mien. Ton âme légère et frivole qui va semer son cœur auprès d’autres papillons. Je resterai là, dans le cocon de notre amour à tisser et à pleurer nos beaux jours.

Je resterai là à t’attendre ma belle et douce amour d’une vie. De l’automne à l’hiver et au renouveau du printemps et des abeilles d’été, je t’attendrai ma beauté, ma douceur, ma princesse.

Je t’attendrai pour m’envoler auprès de toi une dernière fois.

Photo Sharon McCutcheon

Professeur B.

Je suis assise au fond de la classe. Je n’ai aucune envie d’être ici, ça fait des années que je n’ai pas mis les pieds à l’université. L’horreur.

Je suis une des seules femmes de mon âge présentes et ça ne me plait pas particulièrement. Je suis forcée à obtenir ces crédits pour le travail. Un peu frustrant la nouvelle réforme.

Le professeur n’est pas encore arrivé, il a 10 minutes de retard. J’ouvre un document relié au boulot, je vais travailler durant ce temps.

Je lève les yeux, un gars assis dans la première rangée se lève.

« Bonjour, je suis doctorant et je travaille pour le professeur du cours, ce dernier semble en retard et fort probablement absent pour aujourd’hui. Je vais commencer et donner le cours. Questions ? Non ? Vous pouvez m’appeler professeur B. et maintenant, fermez vos appareils électroniques. »

Je lâche un petit rire perçant, tout le monde me regarde. Non, mais, on est à la maternelle ou quoi ?

« Vous avez un problème, mademoiselle ? »

De me répondre le doctorant en je ne sais trop quoi. Je ne réponds pas, mais je le fixe droit dans les yeux jusqu’à ce qu’il quitte mon regard. Définitivement mon problème, c’est lui.

Le cours passe lentement, beaucoup trop lentement. C’est d’une lourdeur incroyable. Un cours de 18H00 à 21H00… quel cauchemar interminable. La fin arrive finalement, tout le monde ramasse ses choses rapidement.

« Mademoiselle au fond, vous restez, je vous prie ? J’ai à vous parler. »

J’attends que la classe se vide, je descends ensuite lentement avec mes trucs. Il est assis à son bureau et trie nonchalamment des copies qu’il range ensuite dans son sac. Plus je m’approche, plus je ressens une sorte de magnétisme émaner de lui.

Il a les cheveux en bataille, des yeux fatigués malgré son jeune âge et des lunettes qui cadrent parfaitement son visage. Je m’approche, son odeur se colle automatiquement à ma peau. Il est vraiment beau. Son arrogance d’il y a 3 heures m’avait empêchée de remarquer son charme particulier et unique. J’ai un drôle de vertige, il me déstabilise un peu.

Il lève les yeux, direct dans les miens. Mon cœur se serre, je dépose ma main sur son bureau. Je respire tranquillement. Il sourit.

« Tu veux aller prendre un verre ? On passe dans mon bureau ramasser mon manteau et on y va. »

Son ton de voix qui change me fend les jambes en deux. D’un air un peu niais, j’acquiesce — comme hypnotisée par la confiance qu’il dégage sans bon sens. Je le suis, on se dirige vers son bureau.

Espace minimaliste, légèrement éclairé par une fenêtre qui mène vers le cœur du Centre-Ville et ses mille lumières d’édifices. Son odeur est étalée partout dans son bureau. Je ferme les yeux à peine 1 seconde qu’une main confiante se glisse autour de ma taille.

J’ai chaud, tellement chaud.

Sa main coquine serpente vers mon pantalon et elle s’y glisse aisément. Je sens des doigts confiants disparaître en moi. Ça se fait tout doucement, automatiquement. Comme si je l’attendais depuis toujours. Je pousse un petit cri.

Il se place ensuite devant moi et je redirige sa main curieuse dans ma bouche. Je le regarde droit dans les yeux. Il respire fort.

Il me retourne face à son bureau, je le regarde derrière mon épaule. Il baisse mes pantalons et se rend compte que je ne porte pas de culottes.

« T’es vilaine, toi. »

Il lèche sa main et vient pour mouiller son sexe. Je mords ma lèvre. Je le regarde droit dans les yeux.

« Tu n’as pas besoin de faire ça. »

Il lâche un râlement de satisfaction et s’agrippe à mes hanches. Il entre en moi. Fort.

Mes ongles pénètrent dans le bois de son bureau. Il entoure son poignet de mes cheveux et me claque une fesse. Il me chuchote doucement à l’oreille :

« Allez, jouis. »

Alors je glisse ma main entre mes cuisses et je lui demande d’accélérer le rythme. Mon sexe se serre contre le sien, il le sent et ses doigts qui s’enfoncent dans la peau de mes hanches me font comprendre qu’il va jouir lui aussi.

Nos lamentations de jouissance déchirent le silence de son bureau plongé dans le noir. Je sens que je respire enfin, comme pour la première fois de ma vie. On s’habille doucement, il m’embrasse tendrement en lovant sa main au creux de ma nuque. J’ai une boule de chaleur au ventre.

« Alors ce verre mademoiselle, on le prend ? »

Et on quitte son bureau, main dans la main en souriant.

Photo Andrew Schultz

Catherine

Fin du week-end, dimanche soir.

La solitude du célibat se fait lourdement ressentir, je m’installe devant un film avec un verre de vin.

Une amie m’écrit, je lis ses messages, mais je ne réponds pas. Elle veut sortir, pas moi. Je regarde la télévision sans vraiment être attentive à cette dernière. J’ai la tête ailleurs. Deuxième verre de vin.

Je déprime et grise un peu ces temps-ci. L’ère moderne n’est pas facile pour tomber en amour. Je ne sais même pas si tomber en amour est encore un terme utilisé. C’est triste. Troisième verre de vin.

Mon écran de cellulaire s’allume encore. Je roule les yeux, voulant éviter de plus belle à répondre à mon amie, mais c’est une demande de message privé sur Instagram.

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Je suis déstabilisée, mais amusée. Est-ce le vin qui me monte à la tête ? Je ne sais pas. Mais je me sens attirée comme un aimant.

J’ai envie d’entamer la conversation. Je le fais.

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Mon cœur bat vite, fort. Et je m’emporte facilement.

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Me voilà donc engagée à rejoindre une personne que je ne connais pas. Jugement basé sur des photos. Des sourires. Des mots. Des moments qui semblent déjà doux.

Je m’habille rapidement, j’attrape ce qui me tombe sous la main. Je ne pense à rien. Mais mon cœur lui, oui. Lui, il pense tout le temps. Le pauvre, le gentil, le soyeux. Un petit bijou révélé au monde entier.

Je termine mon quatrième verre de vin. Je file vers le métro.

J’arrive, je ne la trouve pas. Je me fais clairement des attentes, malgré moi. Je soupire et je me retourne vers les marches pour m’en aller ; elle monte.

Mon cœur se serre, se craque et se déchire.

Mes yeux tombent dans les siens. La sensualité et la confiance qui émanent de son corps me fendent les jambes en deux.

Elle s’approche de moi et m’embrasse. Sur la bouche. Avec sa langue qui sillonne tout doucement chaque mètre vers mon cœur. Je suis en transe. Elle me prend par la main et me fait signe de la suivre, on reprend le métro. En silence. À s’observer et se lécher de loin, à distance. À se désirer comme ça ne fait aucun sens. Je transpire, le bas de mon ventre se réchauffe et j’ai l’impression que je vais perdre connaissance.

Elle est tellement belle. Son regard perce tous les murs vers mes sens. Animale rebelle, vilaine et sexuelle. C’est horrible comme j’ai déjà mal.

On arrive devant chez elle après une marche rapide sortant du métro. On entre et on s’embrasse. Vivement. Intensément. Passionnément.

Elle glisse ses mains sous mon chandail et pince doucement mes seins. Je mords sa lèvre inférieure. Elle me pousse sur le divan et me déshabille. Elle retire ses propres vêtements. Elle allonge son corps sur le mien et va cacher sa main entre mes jambes. Je sens ses doigts disparaitre à l’intérieur de mon sexe. Je jouis très vite, elle sourit. Elle me tourne et m’installe à quatre pattes. Elle mord mes fesses et lèche l’intérieur de celles-ci. Sa main amoureuse vient retrouver sa place en moi. Je jouis encore.

Je me tourne et la pousse sur le dos, ma langue glisse de sa bouche à sa nuque, à son ventre à ses seins, jusqu’à son sexe. Je la goûte, je l’aspire, je la sens. Son corps m’appartient. Elle se cambre comme une chatte, tire mes cheveux et retenant ma tête afin de jouir sur mes lèvres.

J’accélère le rythme, j’épouse son sexe avec ma bouche et mes lèvres, ma langue love l’entièreté de ce dernier. Je lève les yeux, elle me regarde. Elle se mord une lèvre et lâche un cri mêlant une rage d’excitation à de la satisfaction. Je viens m’installer à cheval sur elle, nos mains trouvent leur place.

On se regarde, on se comprend. Nos corps ne font qu’un, la lave de nos volcans se mélange et se réchauffe. Il suffit de peu pour jouir encore, mais ensemble cette fois-ci.

On finit par s’étendre un peu, en silence et enlacées. Je ferme un peu les yeux et me retrouve près d’elle le lendemain matin. Je me lève, elle ouvre les yeux et me sourit. Je la quitte en silence.

J’arrive chez moi, saoulée par elle, son odeur, son sexe, ses yeux, ses hanches.

Le souvenir de son corps sur le mien. Le goût de sa cyprine. L’odeur de son haleine.

Les vibrations de son cœur qui bat entre mes lèvres.

L’écran de mon cellulaire s’allume. Je le regarde.

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Je tiens mon téléphone près de mon cœur. Je lui réponds.

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Je souris. L’amour existe encore.

Et je l’ai trouvé dans les bras de Catherine.

Photo Sandro Katalina

Tatouage

Il fait déjà nuit. J’ai passé la journée entre les boîtes de déménagement et le rangement. J’ai l’impression de ne pas voir le bout du tunnel à tout ce fouillis, j’ai envie de dormir et de ne pas me réveiller pour trois mois.

Notre séparation est difficile, tellement difficile. Je ne mange pas, je ne dors pas, je ne respire pas. Ne plus t’avoir dans ma vie est un vrai calvaire infernal.

Je m’assois sur le divan nonchalamment, mon cellulaire vibre dans ma poche arrière. C’est toi. Mon cœur se serre. Tu m’écris pour savoir comment je vais, comment ça s’est passé, comment je me sens.

Mal. Mal. Mal.

Je te veux, je te désire encore. De tout mon être. Je pense à toi constamment, le temps ne veut jamais passer ; tout est figé. Comme une toile, une vague qui m’engloutit, un trou infini.

Tes mains sur mon corps, ma peau, mon être tout entier. Tes doigts qui glissent sur mon ventre, ma nuque, mes lèvres. Ta langue qui chatouille mes épaules, ma bouche, mon sexe.

Je veux te retrouver, me souvenir de toi et de nous deux.

Tu me faisais l’amour doucement, avec passion, tendresse et délicatesse. Tu me baisais comme un animal, une chatte hurlante, un fauve sensuel et érotique. Tu me prenais comme je voulais, en écoutant ma peau et mon sexe et en faisant vibrer mon corps, mon esprit et mon cœur.

Je verse une larme.

« Tu veux que je passe te voir ? »

Ce à quoi je m’empresse de répondre « oui » avec un emoji content et gêné. Je me sens stupide, mais je suis dans une spirale éternelle entre le virtuel, l’imaginaire et le réel ; je veux que mes pensées deviennent réalité. Je dois te sentir près de moi encore. À tout prix.

Ça cogne à la porte, c’est toi. J’ouvre, mon cœur se serre. Je ressens encore et toujours la même chose ; ta beauté me frappe et m’absorbe. Un vertige s’empare de moi lorsque tu t’approches pour m’embrasser sur la joue.

Une fraction de seconde ne suffit que pour transformer un bec amical en baiser passionnel. Ta langue s’entortille à la mienne, nos salives deviennent raz-de-marée et nos lèvres tempête à la mer. Le temps s’arrête et fige, enfin. Je sens que je peux respirer à nouveau.

Je tente ma chance et glisse une main confiante dans ton pantalon. Ton sexe mouillé répond à mes doigts et je plonge vers toi.

Tu me secondes et enlèves mes vêtements, tu m’étends sur le sofa et cache ta tête entre mes jambes. Ta langue sculpte mon sexe avec précision, comme tu sais si bien le faire. Des mois ont passé sans ta bouche sur mon corps, mais cette dernière a une mémoire et les souvenirs font rapidement surface lorsque le contact de nos peaux se fait.

Je jouis rapidement. Tu m’excites tellement. Mon sexe qui barbouille ton visage ne t’arrête pas, tu reprends ton rythme. Tu me connais et tu sais que je peux venir plusieurs fois. Alors tu continues en me regardant dans les yeux, en mordant tes lèvres et en les léchant. Pour m’exciter, me tenter, me faire flancher.

Et je jouis encore sur toi, sur tes mains et dans ta bouche.

« Veux-tu que j’arrête ? »

Non, n’arrête jamais. Je te veux toujours, partout, et tout le temps. Prends-moi ici, prends-moi là, je veux jouir dans et sur tes bras. Dans la chaleur de ton lit, dans le feu de mes draps. Je veux inonder tes doigts et ta bouche. Engourdir ta langue et tes lèvres. Je veux que ton sexe crie pour ma peau, pour mon cœur. Comme une bête agonisante, comme un loup devant la lune.

Et bête fatale que tu es, tu me vois ronronner et m’agiter, alors tu me tournes et relèves mon bassin. Tu entres en moi facilement, parce que je t’attendais. Comme je t’ai toujours attendu.

Rapidement on se rejoint, dans l’excitation du moment qu’on attendait de vivre ensemble à nouveau. L’orgasme sur lequel je jouissais en cachette depuis des mois sans toi à penser à ton corps, ta peau et ton sexe.

Tu as éveillé tes sens et les miens comme au tout début. Tu as retrouvé les flammes du feu braisé au fond de ton ventre. Tu nous as unis à nouveau, enfin.

Tu m’embrasses. Je te retourne le baiser.

« Je n’ai pas envie de m’en aller. »

Moi non plus. Alors je te demande de rester et je te donne une clé. Tu pourras venir te blottir dans mes bras sur mon sofa de mon nouvel appartement où tu as laissé ta marque.

La même que je porte déjà au cœur, sur la peau, dans mon corps, à tout jamais.

Comme un tatouage. 😊

Photo feliperizo.co

Six

Je suis très fébrile.

Je me prépare et j’hésite entre deux robes et deux paires de chaussures. Plus de rouge à lèvres ? Les cheveux attachés ? Un collier ou non ? Je suis nerveuse. Ce sont de légers détails, mais j’y tiens. Je veux être belle. Très belle.

Je rencontre à nouveau un homme que j’ai fréquenté quelques fois et il m’a promis une soirée extraordinaire à m’en faire perdre tous mes sens et ma raison. J’ai rapidement été conquise, moi qui bois littéralement toutes ses paroles et son savoir lorsque je suis à ses côtés.

Le seul fait de penser à lui allume tous les feux possibles au creux de mon ventre. Il excite mon corps oui, mais aussi mon esprit. Je le désire. Je le veux. Je le ressens. Tellement.

Je reçois une notification sur mon cellulaire, mon taxi m’attend en bas. Je rejoins mon rendez-vous à une adresse précise, je ne connais pas l’endroit — c’est à l’extérieur de la ville où j’habite. Plus d’une trentaine de minutes plus tard, j’arrive finalement à destination.

Il m’attend devant la maison, souriant. Il est beau, tellement beau. Je sens son parfum à des mètres avant même de le rejoindre. J’ai un coup de foudre dans le ventre ; il a créé une boule de chaleur en moi que j’ai de la difficulté à calmer.

Je m’avance, il m’embrasse. Il dit qu’on rejoint deux couples d’amis à lui pour souper. Je suis ravie, ça fait longtemps que je n’ai pas soupé avec quelques-unes de ses connaissances. On entre et l’accueil se fait convivial et sincère. Je me sens bien.

La soirée passe rapidement. Et les bouteilles de vin aussi. On sort finalement de table pour se diriger vers le salon où un feu de foyer est allumé. Notre hôte principal nous invite à boire du champagne, nous acceptons tous avec plaisir. Sa femme se lève pour mettre de la musique au moment même où mon amant glisse sa main sur ma cuisse et sa langue dans ma bouche.

Je suis excitée et lui aussi. Je le vois bien au travers son pantalon. Lorsque j’ouvre les yeux, j’aperçois les deux autres couples s’embrasser eux aussi. L’ambiance nous porte tous à des caresses et à de la tendresse. L’alcool, l’odeur du feu et la musique font leur effet escompté ; c’est enivrant.

Alors que je recule un peu, une des femmes s’approche de moi langoureusement avec des yeux de chatte. Elle s’assoit sur mon amant face à moi et lèche tendrement mes lèvres. Je me prête au jeu et j’accepte avec plaisir sa douceur : je l’embrasse avec passion. Mon amant commence à caresser mes seins alors que je touche ceux de madame en glissant mes mains sous son chandail.

Sur l’autre divan, nos hôtes principaux s’embrassent alors que le mari de celle que je caresse est agenouillé devant notre hôte à le prendre langoureusement dans sa bouche. Le bas de mon corps s’agite rapidement et celle que j’embrasse le ressent. Elle s’agenouille devant moi et retire ma culotte alors que mon amant sort son sexe de son pantalon. Elle glisse deux doigts en moi alors qu’elle prend son sexe à lui dans sa bouche.

Les halètements et les cris s’ajoutent à la musique ambiante dans la pièce. Les trois autres finissent par venir nous rejoindre — nous sommes tous nus. Mon hôte me regarde droit dans les yeux et s’approche de moi. Il me penche et me prend par derrière alors que sa femme s’assoit sur le rebord du sofa que je puisse la lécher et la goûter. Mon amant me claque les fesses, l’autre femme se fait pénétrer par ce dernier et son mari masturbe mon homme.

Les échanges se font naturellement, nous jouissons tous plusieurs fois avec les bouches, les doigts et les jouets. J’ai chaud, je bois du champagne, j’écoute la musique, je transpire devant le feu, je regarde mon amant se faire donner du plaisir, il me regarde me faire donner du plaisir, je me fais prendre, je prends, je donne, je reçois, j’inspire, j’expire, je profite, je jouis, j’aime.

Épuisés, les dernières jouissances se font entendre et sentir sur les canevas de peaux nues. Les derniers baisers sont échangés. Les dernières gorgées de champagne sont bues. Le feu s’attise et la musique joue ses dernières notes.

Je quitte avec mon amant en taxi. Il me dit qu’il veut dormir chez moi. Je l’embrasse, il me dit que je suis belle. Je ris en lui disant que j’avais tellement pris de temps à me préparer.

« Tu es toujours belle. Avec ou sans rouge à lèvres. Les cheveux attachés ou non. Un collier à ta nuque ou pas. Il n’y a pas une paire d’yeux qui ne tombe pas sur toi. »

Je le regarde dans les yeux, sa main glisse sur ma cuisse et sa langue dans ma bouche. Son haleine de champagne et de sexe se mêle à son odeur et celle du feu. Je ferme les yeux, j’entends encore la musique et les halètements. Et puis tout doucement, dans le taxi, je jouis encore sur ses doigts, la boule de chaleur en moi plus vive que jamais.

Photo Charles