Premier baiser

Vendredi 17H00, on se retrouve enfin. J’ai envie de dégourdir tous mes sens et mon corps. Tu m’attends chez toi. Ça fait longtemps qu’on s’est vus. Je m’ennuyais de toi.

De ton odeur épicée. De ta peau ambrée. De tes yeux doux qui tombent parfaitement dans les miens. De ta main qui se balade entre mes cheveux. De tes lèvres que tu déposes sur mes épaules dénudées, comme un tatouage sur mon corps. 

On sort prendre un verre. Marchant côte à côte dans la rue, tu t’assures de me garder près de toi. Ton bras s’enroule sur ma nuque. Tu me protèges. Je suis bien près et avec toi. Tu me rassures. Tu es mon refuge de tous les jours.

La soirée est fraîche, l’air aussi. On marche beaucoup, on arrête dans les bars et restaurants à gauche et à droite où l’on prend un verre ou deux. Ma tête tourne tranquillement, mon cœur se berce tout doucement. Je me perds de plus en plus en toi. C’est naturel, c’est doux, c’est vrai.

C’est nous. 

On s’arrête dans un bar qui attire notre œil par sa devanture. On boit, on rit, on effleure nos bras. Tu m’excites. Beaucoup. 

Je me lève un instant pour aller vers la salle de bain, toi aussi. On se dit qu’on s’attend pour quitter. En sortant, je ne te trouve pas, je te cherche. Tu m’attends près de la sortie. Je m’avance vers toi. Confiante.

– Je t’attendais.
– Tu m’aurais attendu combien de temps ?
– Toute ma vie.

Et là, à ce moment même, tu me prends par la taille pour me rapprocher de toi. Comme ça, dans un élan de passion et d’amour, je sens ton cœur battre contre le mien. Ta main glisser près de mon oreille, lovée au creux de ma nuque et tes lèvres fondre aux miennes. Enfin, le monde s’ouvre à moi. 

Un tourbillon, une tornade, un feu. Mon cœur à l’envers et de tous les côtés me chavire et m’emporte. Mes pieds décollent du sol pour atterrir rapidement dans ton lit. Tu me couches et me déposes comme une pierre précieuse. 

Ton corps se glisse dans le mien, les aurores boréales du monde entier apparaissent dans tes yeux. On fait l’amour comme des fous, comme des bêtes, comme des aimants. Nos peaux fondues ensemble, je comprends finalement le vrai sens de l’abandon. Dans un éclat, comme un verre qui se brise au ralenti, je tombe en amour avec le sentiment le plus candide et pur qu’il ne puisse exister : toi.

Je pense toujours à nous. Tes doigts de ma bouche à mon sexe. Tes yeux qui ronronnent en même temps que mon cœur. Tes lèvres cousues à ma peau. Ta sueur qui perle au bas de mes reins. Tes paumes qui marquent mes fesses à jamais. 

Je veux te faire l’amour jour et nuit, comme un papillon qui cherche toujours la lumière. Je veux que mes orgasmes tapissent les murs de ta chambre. Je veux que tes yeux deviennent des appareils photo pour mon corps nu entre tes draps. Je veux jouir dans ta bouche en écho infini. Je veux que ma peau glisse comme une vague contre la tienne tous jours. Pour toujours.

Je vais t’aimer comme un premier baiser. Chaque matin. Chaque soir. Chaque fois que tes yeux croisent les miens. Je vais t’écrire comme un premier amour. Chaque jour. Chaque soir. Chaque fois que je vais sentir mon cœur battre près du tien.

Je t’aime. Chaque instant. Chaque moment. Chaque fois que je pense à toi. 

Photo Mike Lewinski

L’éveil d’une vie

Collaboration AUDIO avec Mike Beaudoin

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil naissant. Tes yeux de félin s’éveillent tranquillement. Tu passes une main dans tes cheveux et tu humectes tes lèvres. Tu me souris. Tu me donnes la chair de poule.

Mes doigts naviguent contre la peau sous mes fesses. De mon sexe à mes seins, mes mains caressent les vagues de mon corps. Je soulève des vents, marées et tornades en te regardant dans les yeux. Ma bouche appelle la tienne.

Je m’approche de toi, j’ai envie de te faire l’amour. Comme la première fois, comme un choc électrique, comme un trésor que l’on découvre près des sables blonds et des doux secrets de la mer. Ta peau, tes lèvres, ton ventre, tes seins, tes jambes… ta beauté me chavire et m’absorbe.

L’eau du creux de mon ventre abonde en inondation violente, l’entrée de mes jambes crie pour ta peau. J’ai soif pour ta sueur, faim pour ton corps. Du désir à l’amour, mon sexe bouillant me donne des vertiges. Viens me rejoindre, glisse ton corps près du mien.

Tu es belle. Femme fatale et animale, ma peau sur la tienne, je t’entends ronronner près de mes oreilles. Tu me fais perdre la tête et chatouille tous mes sens. Ton regard de chatte, tes courbes ondulantes, ta bouche fondue à la mienne… J’entre en toi, ton corps avait besoin du mien. Je gémis, toi aussi.

Je t’accueille. Mes jambes enrobent ton bassin, je m’agrippe et m’accroche à toi pour l’éternité. On se regarde dans les yeux, je lèche tes lèvres. Ma langue glisse contre la tienne, serpentant entre l’océan dans lequel tu essaies de nager sans te noyer.

Amour de ma vie, je laisse mes mains me guider vers toi alors que mon corps prend le tien. Je chatouille doucement ton sexe. J’ai envie de laisser les vagues de ta peau engloutir mon visage. Mes yeux suivent naturellement le chemin vers le bas de ton ventre – douce cachette où ma langue trace constamment ses allées et venues comme une carte de chasse au trésor.

Coeur de ma vie, tes lèvres embrassent les miennes – tu sais comment me retrouver. Une onde me glace le sang, mes muscles se contractent, mes ongles pénètrent ton épiderme, un cri, des spasmes, une crampe : je jouis sur toi et dans ta bouche. Tu as trouvé tous les diamants de mon corps.

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil vibrant. La puissance de ton corps après l’amour, ta bouche chaude et asphyxiée, tes yeux qui fondent, le début de tes cuisses humides, tes joues rougies… tu es belle. Et je vais te regarder, t’observer et t’aimer comme ça, longtemps. Toutes les nuits. Tous les matins. Toute ma vie.

Photo JR Korpa

Passion d’été

Un texto. Un lieu de rencontre. Une soirée.

Rien de plus pour enflammer mes sens et enfiler une robe sans porter de sous-vêtements. Avec toi, je me sens coquine et j’ai cette envie facile d’exciter ton corps, ton esprit et ton cœur. 

Je te rejoins à notre point de rencontre. Tu m’attends déjà à une table. Tu te lèves en me voyant et tu passes ta main sur ma hanche. Tu t’approches de moi et tu embrasses ma joue, près de mes lèvres. Je frissonne. La pointe de mes seins s’éveille et marque le léger tissu de mon vêtement. Tu le vois, je le perçois dans tes yeux. 

On s’assoit l’un en face de l’autre. Les jeux de pieds commencent. Et la valse des mains aussi. Ton regard dans le mien me fait fondre, je me laisse bercer par tes doigts malins qui cherchent l’entrée de mon corps près de mes cuisses.

J’appuie ma main devant ma bouche pour camoufler mes respirations et mes petits râlements. Tu m’excites. Tellement.

Tu ris. Moi aussi. 

On boit un verre, deux et trois. Je te fais des yeux de chatte, je ronronne à distance pour ton corps. Ta peau m’appelle et je veux répondre.

Maintenant.

Tu me demandes si je veux aller chez toi, ce à quoi je réponds : « S’il te plaît. »

On marche rapidement et légèrement alcoolisés, nous rions aisément. Tes doigts se glissent sous ma robe où tu pinces mes fesses sans retenue. On rit encore plus fort — ton sourire se transforme en désir indomptable. 

Ta main glisse contre ma nuque et tes doigts se fondent à la base de mes cheveux. Tous les vents de mon corps se lèvent, c’est une tornade dans mon ventre qui ravage mes sens et mon sexe. Je te désire. Tellement. 

Tu me pousses doucement vers la ruelle derrière nous. On rit encore, je regarde à gauche et à droite — tu ne regardes que mes yeux. Tu me colles doucement contre la brique d’un bâtiment. Tes mains se baladent sur mon corps, de mes seins à mon ventre. Tu respires fort, tu lèches ma bouche et mordilles mes joues. Je n’en peux plus. Je te veux. Je te veux en moi. Tellement.

Une de tes mains disparaît entre mes jambes où deux doigts viennent pianoter une mélodie d’amour en moi. Je mords une de tes lèvres afin de retenir mon souffle. Tu me regardes toujours dans les yeux, ma respiration s’accélère, mon bassin se cambre, mes cuisses se serrent, mon sexe vibre…

J’essaie de ne pas trop faire de bruit, de rester silencieuse, de cacher ma douceur, mais tu me dis : « Laisse-toi aller, amour de mon cœur. Jouis. »

Et comme ça, mes yeux dans les tiens, mon haleine qui se mélange à la tienne la bouche grande ouverte comme le ciel, je jouis sur tes doigts, sur toi, en pensant à toi, avec toi, grâce à toi.

On rit encore. Aux éclats. Tu m’embrasses le nez. Tu lèches tes doigts. Je t’embrasse sur la bouche. Tes doigts viennent encore pincer une de mes fesses.

Un regard. On sait. Alors on se met à courir pour se diriger chez toi.

Pour se faire l’amour. Parce qu’on s’aime. Tellement.

Photo Justin Luebke

Un amour de saison

J’ai vécu un amour impossible, un amour d’été, un amour de saison qui m’absorbait et me faisait rêver. 

Vous savez, comme un cœur en fête, un mirage de sable, un étourdissement des doigts jusqu’aux orteils ?

Un amour impossible, oui. 



C’est le début de l’hiver, mon corps est frigorifié, toutes les raisons sont bonnes pour réchauffer mes veines. J’installe une application de rencontre, rapidement je commence à discuter avec un homme qui m’intéresse beaucoup. Beau, comme ça ne fait pas de sens. 

Une apparence de plage, de soleil même la nuit. Un corps de caramel, comme des vagues qui coulent à l’infini sur les rebords de peau. Des yeux qui perçoivent les galaxies et qui dessinent des histoires à en faire rêver. Une bouche myope, qui goûte sans fin à en redemander constamment, comme si elle ne mangeait rien d’autre que le corps devant elle. Des mains de tendresse, qui serpentent doucement sur l’épiderme, comme un satellite qui tourne et vrille autour du cœur. Et la rage au ventre, au commencement des cuisses, cachée au creux des abysses.

On s’écrit, on s’envoie des poèmes et des ritournelles. Je chante à même le bout de mes doigts sur l’écran. Je jouis sur ses photos, sur ses réseaux sociaux. Je m’endors la nuit avec la pensée de son sexe dans ma bouche, entre mes mains, au fond de moi. Je me réveille avec son corps flottant au-dessus du mien. Comme téléporté, il m’accompagne jour et nuit, surtout dans mes rêves éveillés. 

Et enfin, enfin, je rencontre son corps et son esprit. Dans la réalité, celle où il me couche et me déshabille tout doucement sur son lit. Détendue, en état d’asphyxie pour ses sens et ses membres, je fonds et coule sur sa peau à lui.

Il prend et transporte mon cœur ailleurs, loin. Il me fait l’amour comme ce que j’ai déjà lu auparavant, comme une histoire d’amour à des eaux de rose. Sa langue chatouille et éveille ma peau endormie sans lui. Ses doigts disparaissent constamment entre ma bouche et mon sexe et je perds connaissance la bouche grande ouverte jusqu’au ciel.

Comme il me fait jouir une première fois, il comprend les mécanismes de mon corps. Et c’est de cette manière qu’il m’a offert la plus belle histoire d’amour de toute ma vie. 

Je suis tombée en amour avec sa salive qui a parfumé le bas de mon ventre. Avec le bout de ses lunettes qu’il portait à ses dents. Avec sa main qu’il passait dans ses cheveux pour venir ensuite la lover près de ma nuque alors qu’il m’embrassait. Avec les odeurs de son corps bouillant sur le mien. Avec son souffle qui brûlait la peau de mon sternum. Avec ses yeux de tempête disparaissant entre les mers du bas de mon ventre. Avec sa façon de lécher le côté de mes cuisses tout en frottant son sexe près de mes pieds. Avec sa barbe captive entre mes ongles. Avec les poils fous sur ses pectoraux. Avec ses fesses musclant tous les recoins de mon matelas. Avec lui tout entier, sa tête, sa peau, sa voix — avec son râlement alors qui jouissait sur mon ventre et mes seins. 

Son sexe dans le mien est devenu un tatouage, comme un souvenir marqué à tout jamais sur et dans mon bassin. Mes hanches, elles sont devenues musique pour ses propres mouvements. Mes mains — celles qu’il aimait en silence, sont devenues le transporteur de mes émotions à son cœur à lui.

Il l’a échappé, il a brisé. Ce petit cœur solitaire, en manque de nous et de tout.

Les choses fragiles sont difficiles à porter et à retenir, comme un écho dans un coquillage. Les murmures secrets entre les branches, les mensonges que l’on raconte afin de se glisser dans un lit, près d’une peau mal-aimée. Il y a des gens qui malgré leurs belles paroles, cachent des démons au creux de leur gorge. 

Comme ces parfums qui disparaissent au gré des saisons.  



J’ai vécu un amour impossible, un amour à lever le cœur, un amour qui a duré quelques heures à peine. 

Vous savez, comme un coup de foudre, une sensation d’infinité, un sentiment de l’amour d’une vie ?

Un amour impossible, oui. 

Photo Davide Ragusa

Retrouvailles

Fin de soirée. Nous sommes encore devant la télévision. Je te regarde du coin de l’œil, tes yeux se ferment constamment — tu essaies de te battre contre le sommeil qui t’envahit. 

C’est la routine de nos soirées d’amour : le retour du boulot, le souper, faire prendre le bain aux enfants et les coucher, la télé, les yeux fermés, les corps éloignés.

Est-ce que notre couple s’est perdu quelque part ? As-tu oublié l’effet de mes lèvres sur les tiennes ? Suis-je devenue un souvenir du passé ? As-tu encore envie de ma peau nue contre ton corps ?

Tu me dis que tu vas te coucher ; tu es trop fatigué. Tu m’embrasses sur le front, je souris. Cinq minutes à peine sont passées que je t’entends déjà ronfler. Du salon, j’entends aussi les enfants respirer tout doucement. Je suis seule, sur le divan, le visage éclairé par la lumière de l’écran de télévision. Je suis un peu fatiguée, mais je n’ai pas envie de me coucher. 

Je change le poste jusqu’à tomber sur un film pornographique. Mes yeux se réveillent, mes sens aussi. Ce n’est pas vraiment mon habitude de regarder ce genre de film, mais… le bas de mon ventre s’agite et se réchauffe rapidement.

J’observe attentivement les caresses et les corps entrelacés. Assise à cheval sur son partenaire et dos à lui, la femme fait serpenter tout doucement son bassin, comme une chatte. Elle aime ce qu’elle lui fait ; ses yeux s’enflamment et ses mains agrippées aux cuisses de l’homme le confirme bien. 

D’une main, il lui agrippe les cheveux, tandis que de l’autre, il claque ses fesses. Elle gémit et se lèche les lèvres, sa propre main va se lover entre ses jambes. La mienne aussi. 

Je m’agenouille sur mon sofa et m’agrippe à un coussin. Mes doigts sont déjà cachés en moi et je compte jouir en même temps qu’elle. J’accélère le rythme et je me frotte sur ma paume de main. 

À l’écran, mademoiselle ouvre la bouche et commence à râler. Je mords le coussin pour enterrer mon souffle – mais tu sors de la chambre à l’instant même. Coït interrompu. 

Je me sens ridicule — tu me souris. Tu ne dis rien et tu t’approches doucement de moi. Tu retires mon bas de pyjama et tu couches mon bassin près du rebord du divan. Tu t’agenouilles et ta tête vient se cacher entre mes cuisses. 

Ta langue au bas de mon ventre connait sa place ; malgré les semaines passées sans se caresser, ta bouche ne peut jamais m’oublier. Elle me sent, elle me goûte, elle me prend, elle me touche ; elle me reconnait. Toujours. 

Je me frotte sur ton visage et retiens ta tête ; je compte jouir sur ta bouche. Tu me fais du bien, tellement de bien. Ta langue navigue sur ma peau, entre et sort et caresse doucement toutes les petites cachettes secrètes. Tu lèves les yeux vers les miens, je jouis instantanément en tentant d’être le plus silencieuse possible. 

Malin comme tu es, tu sors ton sexe de ton pantalon et tu m’étends sur le sofa. Tu agrippes ma gorge et tu viens te lover au creux de cette dernière. Je te prends avec envie et désir. J’agrippe tes fesses pour pousser ton corps à aller plus loin en moi. Tu lâches un léger cri de satisfaction et je sens ton cœur battre sur ma langue. 

Quelques coups de bassin à peine et je sais que tu vas venir ; mes lèvres reconnaissent les pulsations de ton sexe — je sais toujours comment te satisfaire. Tu ouvres encore la bouche afin de râler de plaisir, mais je te pince une fesse pour te rappeler de conserver le silence.

Tu sors et jouis sur mes lèvres, ma nuque et mes seins. On se regarde et on se sourit. Tu viens pour m’embrasser, mais…

« Maman..? »

On rit doucement, tu me fais signe que tu vas t’en occuper. Tu me fais un clin d’œil en sortant du salon. Je lève les yeux vers la télévision et le film est terminé. Je l’éteins et je sors du salon en souriant.  

Photo Nadine Shaabana

Dernier envol

🖤 Audio de Dernier envol 🖤

Mon amour, mon hirondelle, ma reine des quatre saisons,

Si je t’écris aujourd’hui, c’est pour m’imprégner une dernière fois de toi et de nous. Mon cœur en sang, mes mots doux, ma colombe qui s’envole sans vœux exaucés, je me crève les yeux juste à penser que tu m’as échappé, que tu as glissé entre mes doigts fragiles et frêles.

Tu es partie au début du printemps, quand les tulipes commençaient à se pointer le bout du nez et que les journées s’allongeaient. Ton corps s’est dégourdi, comme ton cœur s’est alourdi. Je me suis affaibli.

Je me souviens de nos mains entremêlées dans ton lit. Tous deux nus, les peaux collées et avides de plus et jamais de moins. Quand tu me faisais l’amour, c’est le monde entier qui se dévoilait et s’ouvrait à moi. Comme tous les petits recoins des pétales d’une rose immortelle.

Ton corps.

Une œuvre d’art que je caresse encore en silence et en cachette, à distance, à m’imaginer ta peau glisser sur la mienne laissant son odeur entre mes pauvres doigts faibles et mes draps. Encore et encore. Mon ange d’une vie, ma femme fatale, mon âme qui vole et s’envole. Loin.

Tu me manques.

Ta façon de me regarder le matin. Le bout de tes seins qui pointent vers le ciel sous ton chandail. Les marques zébrées de ta peau, sous tes fesses, qui démontrent le corps d’une vraie et belle femme. Ton rire qui perce le silence du corridor de mon appartement vide sans toi. Tes yeux plongés dans les miens quand tu glisses ta langue sur mon sexe. Tes mains fines qui pianotent les notes de notre histoire d’amour sur mon ventre frissonnant. Ton esprit tout doux qui tourmente le mien. Ton intelligence qui me déstabilise. Ta fougue incroyable. Ton ambition sans fin et sans limites.

Je t’aime.

Notre amour, nous deux me manque.

Tes doigts dans ma bouche. Tes jambes qui emprisonnent mon corps. Tes fesses qui claquent sur mes hanches. Ton sexe qui mouille le mien. Tes orgasmes qui rejoignent les racines et l’essence même de mon âme. Ta langue qui frétille et dessine son chemin au travers mon esprit. Le bruit de nos corps parfaitement en communion qui fait trembler toutes les terres de la ville et du monde entier.

L’été va arriver, la finesse de tes jambes va se dévoiler. Ton corps allégé par la perte du mien. Ton âme légère et frivole qui va semer son cœur auprès d’autres papillons. Je resterai là, dans le cocon de notre amour à tisser et à pleurer nos beaux jours.

Je resterai là à t’attendre ma belle et douce amour d’une vie. De l’automne à l’hiver et au renouveau du printemps et des abeilles d’été, je t’attendrai ma beauté, ma douceur, ma princesse.

Je t’attendrai pour m’envoler auprès de toi une dernière fois.

Photo Sharon McCutcheon