Douceur nocturne

Les rues sont enneigées, je me dépêche de me rendre chez toi. J’ai froid.

J’ai une bouteille de vin en mains, je suis un peu nerveuse. C’est la troisième fois qu’on se voit. J’accélère la cadence de mes pas, mon manteau trop court laisse le froid s’attaquer à mes cuisses libérées par ma robe.

Je tourne enfin sur ta rue, j’arrive devant ta porte. J’inspire. Je ferme les yeux. Je dépose une main sur mon cœur qui bat à tout rompre. J’essaie de me calmer. J’ouvre les yeux.
Je sonne.

Tu m’ouvres rapidement. Je me tiens droite devant toi. Tu es d’une beauté déstabilisante. Ça m’effraie presque. Tu m’invites à l’intérieur, j’entre timidement. Tu prends mon manteau, m’invites à t’attendre au salon et pars dans la cuisine avec ma bouteille de vin.

Je m’assois sur le divan, je jette rapidement un œil autour de moi. C’est beau chez toi. C’est doux, minimaliste, tranquille. Comme toi.

Tu reviens au salon avec le vin et les coupes. Tu me souris et tu m’embrasses. Je frissonne.

On discute de tout et de rien, je suis fascinée par la finesse de ton visage ; la courbe de ta mâchoire parfaitement symétrique. La façon dont tu humectes tes lèvres chaque fois que tu prends une gorgée de vin. Les pattes-d’oie au coin de tes yeux. Tes mains qui couvrent parfaitement mes seins. Ta langue qui fond entre mes jambes. Tes dents qui mordillent l’intérieur de mes cuisses. Le bruit de tes paumes qui claquent sous le pli sous mes fesses. Ton bassin qui vient rejoindre le mien, en secret et en silence quand tu entres en moi pour prendre toute la place dont tu as besoin. Celle que je te laisse, qui est à toi, qui t’appartiens.

Tu me regardes droit dans les yeux, ta main se glisse sur ma nuque, tu m’embrasses et ta langue vient chatouiller mon palais. Tu tires mes cheveux tendrement et tu mords la peau de mon cou. Tes mains baladeuses se lovent entre mes jambes où tu trouves toujours un chemin pour te rendre où tu souhaites.

Un doigt, et deux. Ma bouche s’ouvre à l’infini, je lâche un soupir de satisfaction. Tes yeux disparaissent au bas de mon ventre et ton souffle sur ma peau me donne une sensation de choc électrique jusqu’au bout de mes doigts et orteils. Ta langue se cache en moi, tes doigts courent de bas en haut, épousant toutes les formes de mon sexe qui s’ouvre à toi.

Tu augmentes la cadence, ma respiration s’accélère.

« Laisse-toi aller. »

Je ferme les yeux, mes jambes s’ouvrent plus grandes et mon bassin bouge avec le rythme de tes doigts. Mes muscles se tendent et se crispent, je sens alors que tes doigts curieux découvrent autre chose ; quelque chose de plus fort. Dans l’étonnement du bien que ça me fait, je tente de reculer, mais tu me retiens vivement.

« Ne bouge pas. »

Je cambre un peu le bas de mon dos et je respire fort. Je me laisse aller et je jette un œil vers toi qui est occupé à découvrir les mille et un secrets de mon corps. Tu m’excites, tellement. Ta délicatesse et ta confiance me font du bien. Mon corps devient une œuvre d’art lorsque tu le touches et je m’abandonne complètement à toi. Ta bouche me fait finalement jouir et j’inonde l’entièreté de ton visage.

Je reprends alors mes sens, tu viens m’embrasser doucement.

Je te regarde et je descends lentement la tête vers ton ventre.

« C’est à mon tour. »

Photo Gian D.

Frisson d’hiver

Il fait froid, l’hiver est arrivé.

Je frissonne, je tire le bas de ma jupe et je remonte le col de mon chandail. Je t’attends où tu m’as donné rendez-vous. Tu es en retard. Je suis assise tout près d’une fenêtre, je jette un coup d’œil à l’extérieur. Tu n’es toujours pas là.

J’ouvre mon téléphone, je relis des passages de nos conversations.

Ces choses que tu me dis, que tu me fais désirer – vouloir – imaginer. Soudainement, j’ai chaud et un drôle de frisson parcourt ma colonne vertébrale ; je range mon cellulaire dans ma poche de manteau. Je soupire.

Je lève les yeux vers la porte, tu entres dans le bar.

Tu t’approches de moi. Maladroite, je me lève rapidement et je ris d’une manière complètement ridicule – tu t’approches pour glisser ta main autour de ma nuque et tu m’embrasses.

C’est la première fois qu’on se voit – tu me déstabilises. Mais ton audace me frappe droit au ventre et je retrouve cette sensation de chaleur ressentie il y a à peine quelques minutes auparavant.

On commande du vin et on parle – tu parles. Je t’écoute, je t’observe et je bois tes paroles. Dans la folie de l’alcool qui m’envahit, je me perds lentement dans la beauté de ton visage, de ton corps.

Tes bras qui soutiennent mes fesses assises sur tes hanches. Tes épaules que je dessine et griffe alors que tu me baises. Tes mains que j’imagine sur mes seins. Tes doigts dans ma bouche, la ligne de ta mâchoire qui disparait entre mes jambes, tes lèvres qui sculptent lentement tous les recoins secrets de mon sexe. Ta langue qui parle le même langage que mon corps. Le tien qui entre dans le mien.

J’ai encore un frisson, tu arrêtes de parler et tu glisses ta main près de ma hanche pour me réchauffer. J’ai un vertige et c’est moi qui t’embrasse avec confiance. Je sens alors tes doigts glisser sur ma jambe, jusqu’à l’intérieur de ma cuisse – je lâche un soupir.

Ta langue serpente dans ma bouche, tes doigts constatent que je n’ai pas de culotte. Et ils entrent en moi. Je lâche un autre soupir.

« Quelqu’un va m’entendre. »

Mais tu continues, tu veux me faire jouir – là dans le recoin du bar où nous sommes assis.

Tu me regardes droit dans les yeux. Tu mords le creux de mon cou et lèches une de mes oreilles. Tu m’excites. Tellement.

« Jouis sur mes doigts. »

Ce que je fais, sans hésiter et rapidement.

« Rejoins-moi dans la toilette du fond, c’est celle des employés. »

Obéissante, je te suis du regard. Je bois la dernière gorgée de ma coupe de vin, je replace ma jupe et je te rejoins.

À peine suis-je entrée que tu me penches sur le comptoir. Tu relèves ma jupe, me claques une fesse. Et tu entres en moi. Fort.

Tu te tiens à mes hanches, je lève les yeux face au miroir devant nous. Et je te fixe, le regard plongé dans le tien – je me mords une lèvre. Tu viens cacher tes doigts près de ma bouche et je les plonge au fond de cette dernière. Je jouis instantanément.

Tu sors, tu écartes mes fesses et tu viens sur moi à l’aide de ta main.

Tu m’embrasses, je frémis doucement.

« On prend un autre verre? »

Je te souris, je replace ma jupe et je lâche un soupir, tout en te suivant.

En te suivant partout où tu iras.

Photo Evan Smogor

Respiration infinie

J’arrive près de chez toi, je stationne ma voiture. Avant de sortir, je me regarde dans le miroir. J’ai mis ton rouge à lèvres préféré que j’ai assorti à mes ongles. Je sais quoi faire pour te plaire : je ne souhaite que te satisfaire. Constamment.

Un bref instant, je pense à toi nu, j’ai un sentiment de vertige qui m’habite soudainement et j’ouvre ma fenêtre pour respirer. Penser à ton corps, à ta peau, à toi, me rend complètement ivre.

Je sors finalement. Calmée et prête à te rejoindre sous tes draps.

Mes talons claquent sur le ciment, la musique de ces derniers résonne dans le silence de la nuit. Je sonne et je replace ma robe – ma jarretelle se fait voir des yeux curieux d’un inconnu de l’autre côté de la rue.

Tu déclenches la serrure de la porte, j’entre rapidement.

Les marches me semblent infinies, mais arrivée à ton adresse, la porte est déjà ouverte : le son de la résonance de mes chaussures t’indiquait que j’arrivais.

Silencieuse, j’entre et là, devant toi, je laisse tomber mon manteau sur le sol.

Tes yeux découpent les courbes de mon corps. Sous ma lingerie, tu es capable d’imaginer ma peau nue qui glisse sur la tienne. Je connais ce regard sur moi : ton désir, je le ressens jusqu’au creux de mon ventre.

Rapide et féline, mes mains se retrouvent déjà sur ton sexe grandissant qui se glisse tout aussi vite dans ma bouche.

Tu retiens ton souffle et ta main s’accroche à mon épaule. Vilaine, je te prends par les fesses et tu t’enfonces au fond de ma gorge où tu viens te cacher. Ta respiration se fait plus vite et pour te calmer, tu essaies de m’arrêter en tirant mes cheveux.

Mais bien au contraire de tes intentions premières, tu réveilles la tigresse en moi. Maligne comme je suis, mes jambes se glissent lentement sur les tiennes. Mes ongles pénètrent l’épiderme de tes cuisses et de dos, je te chevauche sans même hésiter.

Tu claques mes fesses. Fort. Tu laisses tranquillement des marques ; comme un fer rouge sur ma peau d’ivoire. Je lâche des cris qui se transforment en écho infini.

Tu me demandes de ralentir, de te laisser un peu de temps. Mais je ne veux pas m’arrêter ; je veux te sentir jouir en moi.

Mes yeux de chatte te regardent par-dessus mon épaule et ma langue se promène sur mes lèvres qui forment un cœur.

Ton regard tombe dans le mien :

« Viens en moi. »

Le temps s’arrête et s’efface, tu ne peux plus te retenir. Tu te laisses aller. Dans la danse de ton corps dans le mien, je te rejoins dans ton plaisir.

Puis enfin, tu respires. Tu respires librement et ton souffle chatouille ma peau. Je serpente ton corps jusqu’à tes lèvres et je t’embrasse.

Tu me regardes, ta main disparait entre mes jambes. Je souris, tu mords ma lèvre du bas. Tes doigts entrent en moi :

« Viens sur mes doigts. »

Et dans le silence de la pièce, de l’écho infini de mes cris, de mes lèvres barbouillées de rouge à lèvres, de mes ongles de féline dans ta peau, dans l’ivresse du désir incroyable que j’ai pour toi, je me laisse aller et je m’abandonne – je respire au même rythme que toi.

Enfin.

Photo Runnyrem

Chambre secrète

Je t’attends couchée sur le lit de la chambre d’hôtel.

Mes bas collants remontent à la mi-cuisse, attachés par des jarretelles de dentelle. J’ai une culotte presque invisible, ma poitrine est nue. Les bouts de mes seins pointent vers le ciel, ils n’attendent que ta bouche pour les réchauffer.

Dans l’attente de ton arrivée, je me rends bien compte et je sais que je t’attends depuis longtemps — depuis toujours. Toi que je lèche à distance sur mon écran de cellulaire, à qui j’envoie des photos du pli timide de mes fesses, à qui je pense la nuit, quand mes doigts glissent entre mes jambes.

Au creux de mon ventre, une boule de chaleur qui bat au même rythme que mon cœur : mon désir est d’une intensité si incroyable que j’en aie le vertige. Cette envie qui me gruge et me hante depuis des semaines, qui m’empêche de travailler et qui me fend les jambes en deux lorsque je pense à toi.

Tes lèvres qui glissent sur mon corps, ta salive qui trace des chemins infinis sur ma peau, tes dents qui se cachent vivement dans mon épiderme. Je pense à toi, je pense à toi tout le temps et j’ai la tête qui tourne comme une toupie.

J’entends des pas dans le corridor.

La porte s’ouvre. Tu me regardes.

Tu t’approches, tu me lèches un sein, tu dis au creux de mon oreille :

« Couche-toi sur le ventre ma beauté, relève tes fesses et fais-moi une place. »

Et moi, féline folle de ton corps et de tes yeux, je me retourne à la vitesse de l’éclair et je cambre les fesses où je t’offre tout le confort et la chaleur dont tu as besoin.

Ton doigt vient déplacer ma culotte et enfin, tu prends toute cette place en moi dont je rêve depuis trop longtemps. Dans l’agonie de la souffrance de ton absence, je ressens maintenant le plus beau des réconforts ; toi que j’entends respirer, caché tout près de ma nuque.

Je sens ta main qui serpente de ma bouche à mon cou, tu t’assures de passer tes doigts sur ma langue et tu t’accroches bien solidement à une de mes épaules. Ton autre main elle, s’attache à mes cheveux qui se baladaient librement sur mon dos.

Tu accélères, tu me demandes de te rejoindre, car tu vas jouir rapidement, tu dis :

« Touche-toi. Je veux te sentir jouir pendant que je suis en toi. »

Je t’écoute, je fais fondre ma main au bas de mon ventre et je suis ton rythme, je tourne la tête et je te regarde par-dessus mon épaule. Mes yeux d’animal haletant te supplient de venir en moi, alors que je mords une partie de ma petite bouche en cœur.

Et mon regard dans le tien, celui que tu lèches à distance de ton écran de cellulaire depuis des semaines, qui s’excite et s’impatiente devant mes photos, toi qui la nuit, jouit en même temps que moi à distance, explose tes sens tout entiers, ton orgasme déclenche le mien.

Alors qu’on reste connectés l’un à l’autre, que nos peaux ne font qu’une et que nos corps en sueur s’absorbent et se reconnaissent, tu dis :

« Ma belle, ma beauté féline, ma chatte, attends-moi pour l’éternité et ne me quitte jamais ; j’aurai toujours besoin d’une place près de toi. »

Moi douce et câline, je dépose ma poitrine chaude près de ton visage et je lève les yeux vers le ciel, là où je me rends bien compte qu’il n’y a plus de limites pour toi et moi.

Photo Marten Bjork

Féline immortelle

Je marche vers notre lieu de rencontre, on s’était dit à telle heure, je te rejoins les paumes de mains toutes moites.

L’hiver approche et arrive. J’ai froid, mais la boule de chaleur dans mon ventre grâce à toi me réchauffe tout doucement.

Je te rejoins, j’ai le cœur qui bat fort et qui palpite de mes lèvres au bas de mes reins. Mes yeux tombent dans les tiens, enfin. D’une certaine manière, je te reconnais. Toi l’animal que je lèche à distance et en silence depuis des jours, des heures, des minutes et des secondes. Toi la bête que j’ai envie de monter en escaladant toutes les formes de ton corps. Toi la rage qui me glace le sang, qui excite mes sens et mon corps, maudite flamme qui brûle le bout de mes doigts.

Je t’écoute parler, je t’observe, je t’analyse. Fascinante personne que tu es, je mouille de désir pour toi à te regarder et à t’absorber. Quand tu penches ton corps vers le mien, je porte attention à sentir tes cheveux, ta barbe, ta peau. Je m’imprègne de ton odeur ; je ne veux pas t’oublier.

La soirée passe vite, je me retrouve finalement à franchir le seuil de ta porte de chambre. Un peu fatiguée, la féline en moi se réveille rapidement en te voyant te déshabiller du coin de l’oeil. Tigresse que je suis, mes doigts glissent rapidement sur ton ventre pour aller chatouiller ton sexe.

Mes vêtements prennent en feu rapidement ; mon bassin cambré vers l’arrière te donne de violents coups qui allument tous les feux possibles cachés sous ton nombril. Les spasmes de ton corps deviennent une vraie musique pour mon ouïe ; je lèche tes oreilles et mords tes lobes tendrement. Tu frissonnes, ma main frotte sa peau contre la tienne.

Je t’embrasse en silence, ma langue vient se lover au creux de ta bouche. Nue, je porte une grande attention à te révéler toutes les pièces de mon corps ; je me montre femme et confiante, assise sur toi à te regarder avec mes yeux de chatte suppliante et ma bouche en cœur qui te laisse toute la place dont tu as besoin pour entrer en moi.

La curiosité de tes doigts les influence à se cacher entre mes jambes. Rapidement, je tremble et je frémis sur toi. Je respire fort, tu me dis « embrasse-moi » et je porte mes lèvres aux tiennes, en prenant soin de te mordre au visage encore au passage.

Tu tournes et retournes mon corps de gauche à droite, je deviens une petite toupie entre tes mains. Mais tu es doux, et ta douceur apaise mon cœur ; tu me fais jouir facilement tellement j’ai envie de toi.

J’ai de la difficulté à arrêter de te vouloir et à te caresser, mais encore te voilà : tu te glisses en moi, ton corps se mêle et fond au mien. C’est comme un casse-tête, les pièces se rapprochent et se fixent ensemble : le tout ne fait qu’un.

Mon souffle et le tien entremêlés créés la plus belle des symphonies. Je te demande de sortir, je veux que tu jouisses sur moi comme sur un canevas, comme sur une toile vierge. Dans notre excitation, dans la tienne, dans la mienne, je te rejoins rapidement en te fixant dans les yeux. J’inspire et j’expire, je me rends à l’évidence qu’il n’y a pas de fin à ce moment.

La nuit s’écourte, tes draps m’enveloppent et même les yeux fermés, je te retrouve dans mes rêves.

Toutes les nuits depuis ce jour.

Photo Geetanjal Khanna

 

Instagram love

Je me réveille en sursaut. Je regarde mon cellulaire. C’est le milieu de la nuit.

J’ai une folle envie de me masturber, parce que je pense à toi.

Je pense à toi tout le temps.

J’ouvre tes réseaux sociaux. Je choisis des photos. Je fais des captures d’écran. Puis je les regarde.

Une. Après. L’autre.

En boucle.

Ma main glisse sous ma culotte.

J’ai chaud, je suis excitée. Je ferme les yeux et je pense à nous deux.

Tu entres dans mon appartement, il fait nuit. Tu es tellement beau, ça me frappe chaque fois. Tu te places devant moi, tu glisses tes mains sous mes fesses, en dessous de mes culottes. Puis tu me soulèves comme une plume. Je lâche un petit cri, tu me rassures : « Je te tiens. »

Tu m’embrasses, ta langue se mêle à la mienne. Mon sexe chaud est déposé sur ta taille, je sens le tien grossir.

J’ai envie de toi. Depuis longtemps. Depuis toujours.

Tu me bordes vers la chambre, tu me couches. Tu me regardes droit dans les yeux et tu détaches ton pantalon. Tu ne te déshabilles pas, moi non plus. Tu écartes mes jambes, tu te fais une place. À un doigt, tu repousses ma culotte vers le côté. Et tu entres.

Puis ça, ce moment, nous deux enfin réunis, ça me berce. Je mouille à l’infini. Mon corps devient le tien. Mon bassin bouge avec le rythme du tambour dans ton ventre. Je suis à toi, je t’appartiens. Dans l’instant de ce moment, ma bouche grande ouverte comme le ciel fige ; j’ai peine à respirer tellement je t’attendais.

Tu me retournes, tu t’agrippes à mes fesses. Celles-ci claquent sur toi et j’inonde ta peau avec les battements de mon petit cœur au bas du ventre. Tu accroches une de tes mains à mon épaule et l’autre vient se balader vers mon visage. Tu mets tes doigts dans ma bouche.

Et je les suce.

Un à un.

Il fait chaud. Incroyablement chaud.

Ta main se place ensuite sur ma nuque que tu serres. Ça m’excite. Tu tires mes cheveux. Je lâche des petits cris, tu claques mes fesses pour me faire crier plus fort. Langoureuse chatte que je suis, je cambre encore plus mes hanches pour que tu puisses aller plus loin en moi.

J’ai envie de jouir.

Tu le sens, tu te places face à moi et tu me demandes de me toucher. Tu mords mon épaule et lèches mon oreille, tu me souffles tout doucement en me regardant droit dans les yeux : « Tu es tellement belle quand tu fais ça. »

Et je viens sur toi.

Je sens que tu vas jouir toi aussi. Alors je te repousse, tu sors. Je m’agenouille devant toi, je te prends. Fort. Et tu gémis, ta respiration se fait sentir jusque dans ma gorge.

Et je ferme les yeux, tu ouvres les tiens. Tu barbouilles mon visage et mes lèvres ; tu m’appartiens.

Je bous et je frémis doucement ; dans la réalité. Je reprends mes sens et mon essence ; je regarde mon téléphone. J’ai un message texte.

C’est toi et tu dis : « Je pense à ton corps. Ton odeur. Ta peau qui ondule sur la mienne. Tu me rends animal et j’ai envie de toi, de te sentir, de te goûter. »

Mes pieds ne touchent même pas le sol que déjà je me retrouve chez toi, nouée à ton bassin, les jambes entrecroisées comme une araignée sur ton corps.

Je pense tomber de tes bras, mais tu me rassures : « Je te tiens… pour toujours. »

Photo Krista Mangulsone

Flashback

J’arrive chez toi, j’ai chaud. Mon cœur bat vite et fort ; je suis nerveuse. Je reste un peu dans ma voiture et j’essaie de me calmer.

Tout est arrivé si vite, flashback d’il y a 10 ans où ma peau coule sur la tienne.

J’ai un drôle de vertige.
J’entre dans ton appartement, mes mains sont moites. Tes yeux tombent directement dans les miens ; tu sais ce que tu veux. Tu me souris, j’ai une boule de chaleur au ventre.

Tu t’approches de moi et tu glisses ta main sous mon oreille, en prenant soin de la lover dans ma nuque. Tu es si près, je peux sentir ton souffle de ta poitrine à la mienne. Mes jambes ramollissent, je me sens fondre devant toi.

Ta langue entre dans ma bouche, tu mords mes lèvres et les lèchent – la boule de chaleur dans mon ventre grossit de plus en plus. Tu me prends dans tes bras et tu m’étends sur le lit. Tu me regardes dans les yeux, tu me déshabilles lentement. Tu détaches ton pantalon et tu entres en moi sans même me toucher.

Mais je respire avec et en même temps que toi et ton corps sur le mien me fait du bien : je m’abandonne complètement.

Tu sors et tu recules, ta tête vient se cacher entre mes jambes. Tu me retournes. Tu lèves mon bassin, tu mords mes fesses et les claques. Mon cœur bat si fort. Mais animale comme je suis, je reprends ma confiance et je me cambre comme une chatte devant toi. Tu t’excites toi aussi, je suis capable de te déshabiller à mon tour. À genoux devant toi, je te prends dans ma bouche où tu vas te cacher le plus loin possible.

Ton corps est en sueur.
Je sens ton cœur battre au bas de ton ventre, tu repousses ma tête et tu me tires vers toi. Je te chevauche de dos. Mais je te regarde par-dessus mon épaule et ma bouche en cœur et mes yeux de féline te portent à accélérer le rythme. Tu me dis d’arrêter de te regarder comme ça, avec mon regard de supplication, mais je veux te faire jouir.

Je ne t’écoute pas et je m’agrippe à tes cuisses où mes ongles entrent dans ta peau. Tu me demandes de me faire jouir, je te dis oui, mais seulement si tu jouis en moi. Et à ce moment, où je t’entends te lamenter sous mon bassin, mes yeux roulent vers le ciel et ma bouche infinie relâche un cri de jouissance qui te passe dans tout le corps comme un choc électrique.

La boule de chaleur dans mon ventre explose.
J’ouvre les yeux, je suis toujours dans ma voiture, je transpire abondamment et je suis incroyablement excitée.
J’arrive devant ta porte. Tu m’ouvres. Tu n’as pas changé. Encore une boule de chaleur au ventre, mais celle-là, j’ai envie de la partager avec toi – dans la réalité, encore une fois de plus.

Photo Jon Tyson

Le coeur dans le ventre

Je marche rapidement, je suis nerveuse.

On s’est entendus pour se rejoindre quelque part de précis à 20 : 00, tu m’as donné l’adresse hier soir. Tu m’as dit : « Ne porte rien sous ton manteau. »

Ce n’est pas quelque chose que je fais normalement, puisque non seulement je suis frileuse, mais aussi parce que j’ai beaucoup trop peur qu’un coup de vent relève le bas de mon manteau. Mais ce soir je l’ai fait. Pour toi.

Alors je marche, je gratte mon pouce avec mon index nerveusement et je m’efforce de ne pas ronger mes ongles. Ça fait déjà une dizaine de minutes que je marche depuis le métro, je commence à trouver que c’est loin et l’hiver qui s’allonge me gèle la peau et les os.

J’arrive finalement à destination. Devant moi se trouve une maison bien simple, une lumière est allumée à l’extérieur. Je m’approche et je trouve une carte déposée devant la porte. Je l’ouvre.

Entre. Installe-toi confortablement. Enlève ton manteau. Il y a du vin dans le frigo.

En entrant, je te sens immédiatement. Ça me frappe au ventre, je sens ton odeur et ton parfum partout. Je te connais jusqu’au bout des doigts et même si je semble être seule, c’est comme si tu étais là.

Je ne sais pas si je devrais vraiment retirer mon manteau. Je me trouve ridicule. Moi qui est nue en talons hauts dans une maison que je n’ai jamais vue et qui sent toi à plein nez. Mais ce soir je le fais. Pour toi.

C’est sombre, mais les pièces qui communiquent entre elles sont éclairées par des chandelles. C’est le silence total. C’est beau.

Je me dirige vers la cuisine et j’ouvre le réfrigérateur. Alors que j’attrape la bouteille de vin, je sens ta main qui glisse sensuellement sur mon ventre.

Mon ventre. Je sais à quel point tu l’aimes. Combien de fois tu me demandes de te l’envoyer en photo. Combien de fois tu le caresses lentement. Combien de fois tu jouis sur celui-ci.

Ta main sur moi me fait toujours autant frissonner. Je ferme les yeux, je te reconnais toujours. Ton odeur. Ton toucher. Tu m’embrasses en même temps que je pense à tes lèvres. Tu me prends dans tes bras et accrochée à toi, je remarque que tu es nu toi aussi.

Tu m’assois sur le comptoir, tu me demandes de garder les yeux fermés. J’ai le souffle court, mon cœur bat probablement en même temps que le tien tellement je peux te sentir. Avec moi, tu reviens à la vie.

Et puis tu me goutes. Je suis tellement excitée que j’ai déjà envie de jouir sur ta bouche. Tu le sais, parce que je me cambre comme une anguille et je gémis sans me retenir. Tu arrêtes, tu recules. Tu entres un doigt, puis deux. Et tu recommences. J’ai peine et misère à me retenir, j’agrippe tes cheveux et je te griffe le dos. Ça t’agace, ça t’excite.

Tu me débarques du comptoir et tu me penches. Je me retourne et j’ouvre les yeux, tu lèches tes doigts et tu te mouilles. Tu tires mes cheveux pour que je regarde devant moi et tu entres. C’est fort. C’est chaud. C’est bon. Tu serres ma gorge, je t’entends respirer dans mes oreilles.

Je sens ta main passer de ma gorge au bas de mon ventre. Tu me chuchotes à l’oreille de me laisser aller. Et j’arrive à ce moment où tu me mords l’oreille, où tu lèches ma nuque. Tu sors, tu écartes mes fesses et tu me rejoins. Ensemble, on chante et on s’épuise lentement. On prend ensuite le temps de retrouver nos souffles et nos haleines. Tu m’embrasses et tu déposes ta main sur mon ventre. Je lève les yeux, tu me souris. Tu me serres contre toi et tu me dis : « Tu es belle. »

Et moi, dans l’ivresse de ces mots et de ce moment précieux, je dépose ma main sur la tienne. Et je laisse bouillir mon ventre doucement sous nos mains.

Je le fais pour toi.
Pour toujours.

Photo Kristina Flour

Agonie animale

Ce sont tes doigts chirurgicaux qui m’ont ramené à la vie. J’étais sous tes griffes étendue comme une toile vierge. Cette journée-là, j’étais frigorifiée. Ce n’était pas septembre qui me cassait la gorge, mais plutôt le cœur que j’avais en glace. Tes mains sur ma peau froide ont réchauffé mon corps. Mon âme sous tes paumes est revenue, mais surtout, devenue à la vie. J’étais enfin là, présente et devant toi. Mes yeux allumés dans les tiens et nos haleines qui se mêlaient laissaient mon bassin se dégourdir de par lui-même. Ta voix me berçait lentement dans une agonie qui m’était impossible de repousser. J’avais envie de te respirer et de tout voir au travers ton regard.

Je glissai doucement devant toi, me laissant tisser par la toile de ton charme. C’était mon cœur qui explosait et mon sexe qui se réchauffait sous l’immobilité que tu créais de force avec ma personne. Lentement, je brisais la couche de givre en moi. Le contact de ta peau sur la mienne allumait la boule de feu qui était éteinte dans le bas de mon ventre depuis longtemps, trop longtemps. Haletante, j’avais peine et misère à rester là sans pouvoir te caresser. Cette fixation que j’avais sur toi me permettait de te sentir et de goûter ce parfum émanant de tes articulations. J’étais sexuelle et animale, je sentais que la femme érotisée en moi pouvait tout te faire. J’avais envie de te posséder et de te laisser faire ta place dans mon bassin. Comme dans un rêve, je souhaitais être ta muse. Habillée tout en noir, je voulais être celle qui claque ses jarretelles pour t’appeler le soir. Je priais pour pouvoir passer ma langue du bas de ton nombril jusqu’à tes lèvres. C’était la femelle excitée qui désirait te griffer, la même qui tentait de se faire un nid dans tes bras. Mon rouge à lèvres aurait laissé des traces vulgaires à la base de tes cuisses. J’aurais voulu que tu marques au fer brulant mes fesses de tes applaudissements. J’étais belle pour toi, à t’envouter et à te chanter tout ce que tu voulais entendre. C’était dans ma bouche que je voulais que tu habites et pour toujours, cette éternité à ne jamais te voir repartir. J’ai dû te laisser quitter, car dans cette vie, celle du présent ; tu n’existes pas. Peut-être un jour aurais-je la chance de te créer, de t’avoir, de te toucher, de t’aimer… Mais toujours je pourrai t’écrire.

Comme un firmament infini, tu étais là pour y être spécifiquement pour faire grogner la femme en moi. Ce soir, je t’écris timidement sans rien te demander en retour derrière ma machine à écrire. Je t’attendrai et je sais que tu reviendras. Quand les feuilles recommenceront à tomber, tu poseras ton pied sur ma terre. Tu me prendras par surprise comme si j’avais été frappée par la foudre. Ce même coup qui m’a éveillée à tous ses sens qui tournent maintenant autour de toi sera fatal la prochaine fois. Cette sensation de brulure quand je pense à toi est difficile à apaiser. Tu es immortalisé sur mon corps. À tout jamais.

Photo Michael LaRosa

Chanter sous tes mains

Je suis nerveuse, j’ai les mains moites et j’ai chaud. Je suis sur le balcon de ta maison et j’attends que tu m’ouvres la porte. Je replace mécaniquement ma robe, passe une main dans mes cheveux et je tiens solidement ma bouteille de vin. J’entends le loquet de la porte s’ouvrir et je prends une profonde respiration. Je ferme les yeux et espère que tu sois aussi beau que je t’ai imaginé.

C’est que tu vois, dans les nombreux fantasmes que je me suis faits sur toi, mes attentes sont très élevées. C’est bien beau les messages textes un peu kinky, mais moi je te veux maintenant, couchée sous toi.

Dans ma tête tu es grand, tes bras sont capables de me porter n’importe où. Tu es fort et mes jambes recouvrent ta taille quand tu me tiens par les fesses. Quand je t’imagine la tête entre mes jambes, ta bouche recouvre mon sexe au complet. Elle s’y ajuste parfaitement comme si elle était destinée à toujours y être. Et tu me goûtes avec faim, avec soif, avec appétit. Pour toi il n’y a pas de fin, si je jouis entre tes lèvres chaudes, ce n’est qu’une excuse pour continuer. Tes mains s’adaptent parfaitement à mes hanches, tellement que tes pouces laissent des marques sur mon bassin. Le même que tu tiens avec tant de fermeté lorsque tu me fais l’amour. Ce qui m’excite le plus chez toi c’est ta confiance. Le regard que tu poses sur moi, ton sourire en coin, puis ce désir infini entre toi et moi. Il y a un courant électrique infini entre nous deux, j’ai des frissons partout quand tes doigts glissent délicatement sur ma peau de porcelaine. Ton souffle dans ma nuque chatouille mon corps et je perds complètement tous mes moyens quand ta langue agace mes seins. Tu me déstabilises, j’en tremble tellement tu réussis à m’exciter. À la pensée de me voir assise sur toi, j’ai le bas-ventre chaud, comme si tu allumais toujours un feu qui ne veut pas s’éteindre. J’ai l’impression que nos corps s’ajustent parfaitement, comme s’ils étaient destinés à se mêler l’un à l’autre. Tu trouves facilement une place en moi pour te lover et la chaleur de ton pubis sur le mien réchauffe mon sang. C’est une course sans fin dans mes veines quand j’ai un orgasme ; je me sens belle quand je jouis sur toi.

Dans mon imaginaire tu as installé un bien-être en moi, une petite boite à surprises qui me font sourire comme si j’avais encore quinze ans à nouveau. Tu laisses ton parfum dans mes cheveux et c’est ce qui me fait toujours rêver à toi la nuit. Tu me fais des promesses qui sont réalisables, avec toi j’ai envie de faire des choses que je n’ai jamais faites auparavant. Quand tu me tiens contre toi, c’est la femme en moi qui se sent vivante. Mon corps devient mon instrument de musique au contact de ta bouche. Si je pouvais en jouer tous les jours, ce serait un orchestre infini dans le bas de mes reins.

La porte s’ouvre et tu te tiens devant moi. J’ai le souffle complètement coupé et le cœur qui va me sortir de la poitrine. Devant ta beauté inébranlable, je tends une joue timide pour que tu puisses y déposer tes lèvres. J’entre chez toi et déjà satisfaite des attentes que je me fusse créée, je referme les yeux et me laisse guider par mes sens, car toi seul sais comment me faire perdre la tête…

Photo Austin Ban