Frisson d’hiver

Il fait froid, l’hiver est arrivé.

Je frissonne, je tire le bas de ma jupe et je remonte le col de mon chandail. Je t’attends où tu m’as donné rendez-vous. Tu es en retard. Je suis assise tout près d’une fenêtre, je jette un coup d’œil à l’extérieur. Tu n’es toujours pas là.

J’ouvre mon téléphone, je relis des passages de nos conversations.

Ces choses que tu me dis, que tu me fais désirer – vouloir – imaginer. Soudainement, j’ai chaud et un drôle de frisson parcourt ma colonne vertébrale ; je range mon cellulaire dans ma poche de manteau. Je soupire.

Je lève les yeux vers la porte, tu entres dans le bar.

Tu t’approches de moi. Maladroite, je me lève rapidement et je ris d’une manière complètement ridicule – tu t’approches pour glisser ta main autour de ma nuque et tu m’embrasses.

C’est la première fois qu’on se voit – tu me déstabilises. Mais ton audace me frappe droit au ventre et je retrouve cette sensation de chaleur ressentie il y a à peine quelques minutes auparavant.

On commande du vin et on parle – tu parles. Je t’écoute, je t’observe et je bois tes paroles. Dans la folie de l’alcool qui m’envahit, je me perds lentement dans la beauté de ton visage, de ton corps.

Tes bras qui soutiennent mes fesses assises sur tes hanches. Tes épaules que je dessine et griffe alors que tu me baises. Tes mains que j’imagine sur mes seins. Tes doigts dans ma bouche, la ligne de ta mâchoire qui disparait entre mes jambes, tes lèvres qui sculptent lentement tous les recoins secrets de mon sexe. Ta langue qui parle le même langage que mon corps. Le tien qui entre dans le mien.

J’ai encore un frisson, tu arrêtes de parler et tu glisses ta main près de ma hanche pour me réchauffer. J’ai un vertige et c’est moi qui t’embrasse avec confiance. Je sens alors tes doigts glisser sur ma jambe, jusqu’à l’intérieur de ma cuisse – je lâche un soupir.

Ta langue serpente dans ma bouche, tes doigts constatent que je n’ai pas de culotte. Et ils entrent en moi. Je lâche un autre soupir.

« Quelqu’un va m’entendre. »

Mais tu continues, tu veux me faire jouir – là dans le recoin du bar où nous sommes assis.

Tu me regardes droit dans les yeux. Tu mords le creux de mon cou et lèches une de mes oreilles. Tu m’excites. Tellement.

« Jouis sur mes doigts. »

Ce que je fais, sans hésiter et rapidement.

« Rejoins-moi dans la toilette du fond, c’est celle des employés. »

Obéissante, je te suis du regard. Je bois la dernière gorgée de ma coupe de vin, je replace ma jupe et je te rejoins.

À peine suis-je entrée que tu me penches sur le comptoir. Tu relèves ma jupe, me claques une fesse. Et tu entres en moi. Fort.

Tu te tiens à mes hanches, je lève les yeux face au miroir devant nous. Et je te fixe, le regard plongé dans le tien – je me mords une lèvre. Tu viens cacher tes doigts près de ma bouche et je les plonge au fond de cette dernière. Je jouis instantanément.

Tu sors, tu écartes mes fesses et tu viens sur moi à l’aide de ta main.

Tu m’embrasses, je frémis doucement.

« On prend un autre verre? »

Je te souris, je replace ma jupe et je lâche un soupir, tout en te suivant.

En te suivant partout où tu iras.

Photo Evan Smogor

Laisser un commentaire