Féline immortelle

Je marche vers notre lieu de rencontre, on s’était dit à telle heure, je te rejoins les paumes de mains toutes moites.

L’hiver approche et arrive. J’ai froid, mais la boule de chaleur dans mon ventre grâce à toi me réchauffe tout doucement.

Je te rejoins, j’ai le cœur qui bat fort et qui palpite de mes lèvres au bas de mes reins. Mes yeux tombent dans les tiens, enfin. D’une certaine manière, je te reconnais. Toi l’animal que je lèche à distance et en silence depuis des jours, des heures, des minutes et des secondes. Toi la bête que j’ai envie de monter en escaladant toutes les formes de ton corps. Toi la rage qui me glace le sang, qui excite mes sens et mon corps, maudite flamme qui brûle le bout de mes doigts.

Je t’écoute parler, je t’observe, je t’analyse. Fascinante personne que tu es, je mouille de désir pour toi à te regarder et à t’absorber. Quand tu penches ton corps vers le mien, je porte attention à sentir tes cheveux, ta barbe, ta peau. Je m’imprègne de ton odeur ; je ne veux pas t’oublier.

La soirée passe vite, je me retrouve finalement à franchir le seuil de ta porte de chambre. Un peu fatiguée, la féline en moi se réveille rapidement en te voyant te déshabiller du coin de l’oeil. Tigresse que je suis, mes doigts glissent rapidement sur ton ventre pour aller chatouiller ton sexe.

Mes vêtements prennent en feu rapidement ; mon bassin cambré vers l’arrière te donne de violents coups qui allument tous les feux possibles cachés sous ton nombril. Les spasmes de ton corps deviennent une vraie musique pour mon ouïe ; je lèche tes oreilles et mords tes lobes tendrement. Tu frissonnes, ma main frotte sa peau contre la tienne.

Je t’embrasse en silence, ma langue vient se lover au creux de ta bouche. Nue, je porte une grande attention à te révéler toutes les pièces de mon corps ; je me montre femme et confiante, assise sur toi à te regarder avec mes yeux de chatte suppliante et ma bouche en cœur qui te laisse toute la place dont tu as besoin pour entrer en moi.

La curiosité de tes doigts les influence à se cacher entre mes jambes. Rapidement, je tremble et je frémis sur toi. Je respire fort, tu me dis « embrasse-moi » et je porte mes lèvres aux tiennes, en prenant soin de te mordre au visage encore au passage.

Tu tournes et retournes mon corps de gauche à droite, je deviens une petite toupie entre tes mains. Mais tu es doux, et ta douceur apaise mon cœur ; tu me fais jouir facilement tellement j’ai envie de toi.

J’ai de la difficulté à arrêter de te vouloir et à te caresser, mais encore te voilà : tu te glisses en moi, ton corps se mêle et fond au mien. C’est comme un casse-tête, les pièces se rapprochent et se fixent ensemble : le tout ne fait qu’un.

Mon souffle et le tien entremêlés créés la plus belle des symphonies. Je te demande de sortir, je veux que tu jouisses sur moi comme sur un canevas, comme sur une toile vierge. Dans notre excitation, dans la tienne, dans la mienne, je te rejoins rapidement en te fixant dans les yeux. J’inspire et j’expire, je me rends à l’évidence qu’il n’y a pas de fin à ce moment.

La nuit s’écourte, tes draps m’enveloppent et même les yeux fermés, je te retrouve dans mes rêves.

Toutes les nuits depuis ce jour.

Photo Geetanjal Khanna

 

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