Désir d’hiver

Jour de tempête, il est impossible pour moi de sortir. Je soupire et je regarde à l’extérieur, la voiture d’un inconnu est coincée dans un énorme banc de neige. Ce dernier tourne autour de sa voiture et semble perdu. J’enfile mon manteau et je sors lui demander s’il a besoin d’aide.

Son cellulaire n’a plus de batterie, il me demande s’il peut le charger chez moi. Je dis oui. On entre et je lui propose un café. Il accepte.

On se dirige vers la cuisine où il branche son téléphone alors que je mous du café en grains. Un léger silence s’installe, je lève les yeux et il me retourne un sourire maladroit. On parle un peu de ci et de ça, des conversations légères qui ne veulent rien dire. Les silences disparaissent lentement ainsi que les petits malaises.

Il frissonne, je lui demande s’il veut sécher ses vêtements en lui sortant une serviette. Il accepte.

Il se dirige vers la salle de bain et ne ferme pas entièrement la porte. Du coin de l’œil, j’aperçois sa peau de coucher de soleil. Une peau sablonneuse, à faire rêver, qui semble douce comme de la soie même à l’autre bout de mon corridor. J’ai envie de la lécher.

Un vertige s’empare de moi. Mon indifférence d’il y a à peine cinq minutes se transforme en excitation soudaine. Alors que j’essaie de contenir mon intérêt, il s’aperçoit que je le regarde se déshabiller. Il soutient mon regard et me sourit.

Confiante, je me déshabille à même la cuisine et je marche jusqu’à lui. Les yeux dans les yeux. J’arrive devant lui. Je me penche et m’agenouille. Ses mains se mêlent dans mes cheveux qu’il retient. Et je le prends entre mes lèvres mouillées.

Son corps se tend et se crispe, je sens son cœur battre au fond de ma gorge. Il retient ma tête et ma bouche apprend rapidement le rythme de son corps. Il finit par sortir, me disant qu’il va jouir, alors je me lève et me tourne, je fais face au miroir.

Je cambre doucement mes hanches et je recule vers son bassin. Il trouve immédiatement son chemin vers moi et entre tout aussi vite. Il accroche une main à mon cou et l’autre à ma hanche. Il respire fort. Moi aussi.

Je change le rythme qu’il essaie de créer entre nos corps, je serre mon sexe contre le sien et glisse lentement de bas en haut. Ses doigts entrent dans la peau de ma hanche, mais la douleur m’excite et je continue de le faire frémir entre mes jambes.

Il s’arrête encore et me dit qu’il va jouir si je continue ainsi. Je serre mon sexe chaud contre le sien encore plus fort. Je le regarde depuis le miroir et je lui rends mes yeux de chatte et ma bouche en cœur. Il m’aperçoit et me demande d’arrêter de le regarder avec mon regard de supplication, que ça y est, il va éjaculer au fond de moi…

Je jouis instantanément lorsque je le sens venir.

Il sort et recule, déboussolé. Je l’embrasse, pour la première fois. On rit bêtement. Je lui demande son nom, il me demande le mien.

Il se rhabille de son linge séché et prend son cellulaire. Je lui redemande s’il veut un café. Il accepte.

Comme il acceptera toutes les prochaines fois où je voudrai le prendre en moi.

Photo Roberto Gomez Angel

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