Chambre secrète

Je t’attends couchée sur le lit de la chambre d’hôtel.

Mes bas collants remontent à la mi-cuisse, attachés par des jarretelles de dentelle. J’ai une culotte presque invisible, ma poitrine est nue. Les bouts de mes seins pointent vers le ciel, ils n’attendent que ta bouche pour les réchauffer.

Dans l’attente de ton arrivée, je me rends bien compte et je sais que je t’attends depuis longtemps — depuis toujours. Toi que je lèche à distance sur mon écran de cellulaire, à qui j’envoie des photos du pli timide de mes fesses, à qui je pense la nuit, quand mes doigts glissent entre mes jambes.

Au creux de mon ventre, une boule de chaleur qui bat au même rythme que mon cœur : mon désir est d’une intensité si incroyable que j’en aie le vertige. Cette envie qui me gruge et me hante depuis des semaines, qui m’empêche de travailler et qui me fend les jambes en deux lorsque je pense à toi.

Tes lèvres qui glissent sur mon corps, ta salive qui trace des chemins infinis sur ma peau, tes dents qui se cachent vivement dans mon épiderme. Je pense à toi, je pense à toi tout le temps et j’ai la tête qui tourne comme une toupie.

J’entends des pas dans le corridor.

La porte s’ouvre. Tu me regardes.

Tu t’approches, tu me lèches un sein, tu dis au creux de mon oreille :

« Couche-toi sur le ventre ma beauté, relève tes fesses et fais-moi une place. »

Et moi, féline folle de ton corps et de tes yeux, je me retourne à la vitesse de l’éclair et je cambre les fesses où je t’offre tout le confort et la chaleur dont tu as besoin.

Ton doigt vient déplacer ma culotte et enfin, tu prends toute cette place en moi dont je rêve depuis trop longtemps. Dans l’agonie de la souffrance de ton absence, je ressens maintenant le plus beau des réconforts ; toi que j’entends respirer, caché tout près de ma nuque.

Je sens ta main qui serpente de ma bouche à mon cou, tu t’assures de passer tes doigts sur ma langue et tu t’accroches bien solidement à une de mes épaules. Ton autre main elle, s’attache à mes cheveux qui se baladaient librement sur mon dos.

Tu accélères, tu me demandes de te rejoindre, car tu vas jouir rapidement, tu dis :

« Touche-toi. Je veux te sentir jouir pendant que je suis en toi. »

Je t’écoute, je fais fondre ma main au bas de mon ventre et je suis ton rythme, je tourne la tête et je te regarde par-dessus mon épaule. Mes yeux d’animal haletant te supplient de venir en moi, alors que je mords une partie de ma petite bouche en cœur.

Et mon regard dans le tien, celui que tu lèches à distance de ton écran de cellulaire depuis des semaines, qui s’excite et s’impatiente devant mes photos, toi qui la nuit, jouit en même temps que moi à distance, explose tes sens tout entiers, ton orgasme déclenche le mien.

Alors qu’on reste connectés l’un à l’autre, que nos peaux ne font qu’une et que nos corps en sueur s’absorbent et se reconnaissent, tu dis :

« Ma belle, ma beauté féline, ma chatte, attends-moi pour l’éternité et ne me quitte jamais ; j’aurai toujours besoin d’une place près de toi. »

Moi douce et câline, je dépose ma poitrine chaude près de ton visage et je lève les yeux vers le ciel, là où je me rends bien compte qu’il n’y a plus de limites pour toi et moi.

Photo Marten Bjork

2 réflexions sur “Chambre secrète

Laisser un commentaire