Professeur B.

Je suis assise au fond de la classe. Je n’ai aucune envie d’être ici, ça fait des années que je n’ai pas mis les pieds à l’université. L’horreur.

Je suis une des seules femmes de mon âge présentes et ça ne me plait pas particulièrement. Je suis forcée à obtenir ces crédits pour le travail. Un peu frustrant la nouvelle réforme.

Le professeur n’est pas encore arrivé, il a 10 minutes de retard. J’ouvre un document relié au boulot, je vais travailler durant ce temps.

Je lève les yeux, un gars assis dans la première rangée se lève.

« Bonjour, je suis doctorant et je travaille pour le professeur du cours, ce dernier semble en retard et fort probablement absent pour aujourd’hui. Je vais commencer et donner le cours. Questions ? Non ? Vous pouvez m’appeler professeur B. et maintenant, fermez vos appareils électroniques. »

Je lâche un petit rire perçant, tout le monde me regarde. Non, mais, on est à la maternelle ou quoi ?

« Vous avez un problème, mademoiselle ? »

De me répondre le doctorant en je ne sais trop quoi. Je ne réponds pas, mais je le fixe droit dans les yeux jusqu’à ce qu’il quitte mon regard. Définitivement mon problème, c’est lui.

Le cours passe lentement, beaucoup trop lentement. C’est d’une lourdeur incroyable. Un cours de 18H00 à 21H00… quel cauchemar interminable. La fin arrive finalement, tout le monde ramasse ses choses rapidement.

« Mademoiselle au fond, vous restez, je vous prie ? J’ai à vous parler. »

J’attends que la classe se vide, je descends ensuite lentement avec mes trucs. Il est assis à son bureau et trie nonchalamment des copies qu’il range ensuite dans son sac. Plus je m’approche, plus je ressens une sorte de magnétisme émaner de lui.

Il a les cheveux en bataille, des yeux fatigués malgré son jeune âge et des lunettes qui cadrent parfaitement son visage. Je m’approche, son odeur se colle automatiquement à ma peau. Il est vraiment beau. Son arrogance d’il y a 3 heures m’avait empêchée de remarquer son charme particulier et unique. J’ai un drôle de vertige, il me déstabilise un peu.

Il lève les yeux, direct dans les miens. Mon cœur se serre, je dépose ma main sur son bureau. Je respire tranquillement. Il sourit.

« Tu veux aller prendre un verre ? On passe dans mon bureau ramasser mon manteau et on y va. »

Son ton de voix qui change me fend les jambes en deux. D’un air un peu niais, j’acquiesce — comme hypnotisée par la confiance qu’il dégage sans bon sens. Je le suis, on se dirige vers son bureau.

Espace minimaliste, légèrement éclairé par une fenêtre qui mène vers le cœur du Centre-Ville et ses mille lumières d’édifices. Son odeur est étalée partout dans son bureau. Je ferme les yeux à peine 1 seconde qu’une main confiante se glisse autour de ma taille.

J’ai chaud, tellement chaud.

Sa main coquine serpente vers mon pantalon et elle s’y glisse aisément. Je sens des doigts confiants disparaître en moi. Ça se fait tout doucement, automatiquement. Comme si je l’attendais depuis toujours. Je pousse un petit cri.

Il se place ensuite devant moi et je redirige sa main curieuse dans ma bouche. Je le regarde droit dans les yeux. Il respire fort.

Il me retourne face à son bureau, je le regarde derrière mon épaule. Il baisse mes pantalons et se rend compte que je ne porte pas de culottes.

« T’es vilaine, toi. »

Il lèche sa main et vient pour mouiller son sexe. Je mords ma lèvre. Je le regarde droit dans les yeux.

« Tu n’as pas besoin de faire ça. »

Il lâche un râlement de satisfaction et s’agrippe à mes hanches. Il entre en moi. Fort.

Mes ongles pénètrent dans le bois de son bureau. Il entoure son poignet de mes cheveux et me claque une fesse. Il me chuchote doucement à l’oreille :

« Allez, jouis. »

Alors je glisse ma main entre mes cuisses et je lui demande d’accélérer le rythme. Mon sexe se serre contre le sien, il le sent et ses doigts qui s’enfoncent dans la peau de mes hanches me font comprendre qu’il va jouir lui aussi.

Nos lamentations de jouissance déchirent le silence de son bureau plongé dans le noir. Je sens que je respire enfin, comme pour la première fois de ma vie. On s’habille doucement, il m’embrasse tendrement en lovant sa main au creux de ma nuque. J’ai une boule de chaleur au ventre.

« Alors ce verre mademoiselle, on le prend ? »

Et on quitte son bureau, main dans la main en souriant.

Photo Andrew Schultz

Six

Je suis très fébrile.

Je me prépare et j’hésite entre deux robes et deux paires de chaussures. Plus de rouge à lèvres ? Les cheveux attachés ? Un collier ou non ? Je suis nerveuse. Ce sont de légers détails, mais j’y tiens. Je veux être belle. Très belle.

Je rencontre à nouveau un homme que j’ai fréquenté quelques fois et il m’a promis une soirée extraordinaire à m’en faire perdre tous mes sens et ma raison. J’ai rapidement été conquise, moi qui bois littéralement toutes ses paroles et son savoir lorsque je suis à ses côtés.

Le seul fait de penser à lui allume tous les feux possibles au creux de mon ventre. Il excite mon corps oui, mais aussi mon esprit. Je le désire. Je le veux. Je le ressens. Tellement.

Je reçois une notification sur mon cellulaire, mon taxi m’attend en bas. Je rejoins mon rendez-vous à une adresse précise, je ne connais pas l’endroit — c’est à l’extérieur de la ville où j’habite. Plus d’une trentaine de minutes plus tard, j’arrive finalement à destination.

Il m’attend devant la maison, souriant. Il est beau, tellement beau. Je sens son parfum à des mètres avant même de le rejoindre. J’ai un coup de foudre dans le ventre ; il a créé une boule de chaleur en moi que j’ai de la difficulté à calmer.

Je m’avance, il m’embrasse. Il dit qu’on rejoint deux couples d’amis à lui pour souper. Je suis ravie, ça fait longtemps que je n’ai pas soupé avec quelques-unes de ses connaissances. On entre et l’accueil se fait convivial et sincère. Je me sens bien.

La soirée passe rapidement. Et les bouteilles de vin aussi. On sort finalement de table pour se diriger vers le salon où un feu de foyer est allumé. Notre hôte principal nous invite à boire du champagne, nous acceptons tous avec plaisir. Sa femme se lève pour mettre de la musique au moment même où mon amant glisse sa main sur ma cuisse et sa langue dans ma bouche.

Je suis excitée et lui aussi. Je le vois bien au travers son pantalon. Lorsque j’ouvre les yeux, j’aperçois les deux autres couples s’embrasser eux aussi. L’ambiance nous porte tous à des caresses et à de la tendresse. L’alcool, l’odeur du feu et la musique font leur effet escompté ; c’est enivrant.

Alors que je recule un peu, une des femmes s’approche de moi langoureusement avec des yeux de chatte. Elle s’assoit sur mon amant face à moi et lèche tendrement mes lèvres. Je me prête au jeu et j’accepte avec plaisir sa douceur : je l’embrasse avec passion. Mon amant commence à caresser mes seins alors que je touche ceux de madame en glissant mes mains sous son chandail.

Sur l’autre divan, nos hôtes principaux s’embrassent alors que le mari de celle que je caresse est agenouillé devant notre hôte à le prendre langoureusement dans sa bouche. Le bas de mon corps s’agite rapidement et celle que j’embrasse le ressent. Elle s’agenouille devant moi et retire ma culotte alors que mon amant sort son sexe de son pantalon. Elle glisse deux doigts en moi alors qu’elle prend son sexe à lui dans sa bouche.

Les halètements et les cris s’ajoutent à la musique ambiante dans la pièce. Les trois autres finissent par venir nous rejoindre — nous sommes tous nus. Mon hôte me regarde droit dans les yeux et s’approche de moi. Il me penche et me prend par derrière alors que sa femme s’assoit sur le rebord du sofa que je puisse la lécher et la goûter. Mon amant me claque les fesses, l’autre femme se fait pénétrer par ce dernier et son mari masturbe mon homme.

Les échanges se font naturellement, nous jouissons tous plusieurs fois avec les bouches, les doigts et les jouets. J’ai chaud, je bois du champagne, j’écoute la musique, je transpire devant le feu, je regarde mon amant se faire donner du plaisir, il me regarde me faire donner du plaisir, je me fais prendre, je prends, je donne, je reçois, j’inspire, j’expire, je profite, je jouis, j’aime.

Épuisés, les dernières jouissances se font entendre et sentir sur les canevas de peaux nues. Les derniers baisers sont échangés. Les dernières gorgées de champagne sont bues. Le feu s’attise et la musique joue ses dernières notes.

Je quitte avec mon amant en taxi. Il me dit qu’il veut dormir chez moi. Je l’embrasse, il me dit que je suis belle. Je ris en lui disant que j’avais tellement pris de temps à me préparer.

« Tu es toujours belle. Avec ou sans rouge à lèvres. Les cheveux attachés ou non. Un collier à ta nuque ou pas. Il n’y a pas une paire d’yeux qui ne tombe pas sur toi. »

Je le regarde dans les yeux, sa main glisse sur ma cuisse et sa langue dans ma bouche. Son haleine de champagne et de sexe se mêle à son odeur et celle du feu. Je ferme les yeux, j’entends encore la musique et les halètements. Et puis tout doucement, dans le taxi, je jouis encore sur ses doigts, la boule de chaleur en moi plus vive que jamais.

Photo Charles

Sommeil secret

Je t’attends dans notre chambre, tu es sous la douche.

Je lis un peu, je vagabonde sans but sur des articles obsolètes trouvés en ligne. J’ai la tête vide et j’ai besoin de sommeil. Je me glisse lentement sous les draps et mon esprit se calme rapidement.

Entre l’éveil et le sommeil, tu me rejoins tout doucement. Je sens ta main glisser sur ma hanche, je frissonne. Ton souffle vient se lover au creux de ma nuque et ta langue se cache près de mon oreille. Ton coeur résonne au bas de mon dos et les pulsations de ce dernier se mêlent aux miennes : nous respirons ensemble et en même temps.

Je ne sais pas si je suis égarée entre le rêve et la réalité, mais ta peau collée sur la mienne fusionne et fond à mon propre corps – j’ai un léger vertige.

Ta main connaît son chemin ; elle le refait toujours, trace ses allées et venues et retrouve aisément sa voie vers mon sexe. Tes doigts entrent rapidement en moi ; mon bassin se cambre, je respire plus fort. Toi aussi.

Tu me tournes face à toi, ta langue entre dans ma bouche alors que tes doigts continuent de me redécouvrir lentement. Je jouis rapidement, tu m’excites beaucoup.

Mais ce n’est pas un orgasme qui t’arrête. Tu en veux plus. Moi aussi.

Tu me couches sur le dos et tu viens te cacher dans ma bouche. Je bascule légèrement la tête vers l’arrière afin que tu puisses te glisser le plus loin possible au fond de ma gorge. Tu t’accroches sur la tête de lit et ton autre main serre mon cou. Tu entres et sors, je conserve le rythme et mes ongles griffent la peau de tes fesses. Ton sexe mouille dans ma bouche et ma salive abonde par la même occasion. Tu te retiens de jouir, je te repousse et te redirige entre mes jambes.

Je relève le bas de mon ventre et je t’emprisonne avec mes jambes. Tu entres en moi. Fort. Très fort.

Je te retiens près de mon corps et tu adoptes mon rythme ; tu veux me faire jouir encore. Mais moi aussi. Je serre mon sexe contre le tien et je ralentis la cadence tout en effectuant de doux mouvements de va-et-vient. Je sais comment nous faire venir en même temps.

Ta respiration devient de plus en plus lourde et rapide, je sens que je vais jouir à nouveau. Explosion. Sentiment de liberté. Amour. On se rejoint, comme toujours.

J’ouvre les yeux. Je rêvais. Tu es couché à mes côtés et tu me souris. Ta main glisse sur ma hanche, je frissonne…

Photo Dmitry Bayer

Désir d’hiver

Jour de tempête, il est impossible pour moi de sortir. Je soupire et je regarde à l’extérieur, la voiture d’un inconnu est coincée dans un énorme banc de neige. Ce dernier tourne autour de sa voiture et semble perdu. J’enfile mon manteau et je sors lui demander s’il a besoin d’aide.

Son cellulaire n’a plus de batterie, il me demande s’il peut le charger chez moi. Je dis oui. On entre et je lui propose un café. Il accepte.

On se dirige vers la cuisine où il branche son téléphone alors que je mous du café en grains. Un léger silence s’installe, je lève les yeux et il me retourne un sourire maladroit. On parle un peu de ci et de ça, des conversations légères qui ne veulent rien dire. Les silences disparaissent lentement ainsi que les petits malaises.

Il frissonne, je lui demande s’il veut sécher ses vêtements en lui sortant une serviette. Il accepte.

Il se dirige vers la salle de bain et ne ferme pas entièrement la porte. Du coin de l’œil, j’aperçois sa peau de coucher de soleil. Une peau sablonneuse, à faire rêver, qui semble douce comme de la soie même à l’autre bout de mon corridor. J’ai envie de la lécher.

Un vertige s’empare de moi. Mon indifférence d’il y a à peine cinq minutes se transforme en excitation soudaine. Alors que j’essaie de contenir mon intérêt, il s’aperçoit que je le regarde se déshabiller. Il soutient mon regard et me sourit.

Confiante, je me déshabille à même la cuisine et je marche jusqu’à lui. Les yeux dans les yeux. J’arrive devant lui. Je me penche et m’agenouille. Ses mains se mêlent dans mes cheveux qu’il retient. Et je le prends entre mes lèvres mouillées.

Son corps se tend et se crispe, je sens son cœur battre au fond de ma gorge. Il retient ma tête et ma bouche apprend rapidement le rythme de son corps. Il finit par sortir, me disant qu’il va jouir, alors je me lève et me tourne, je fais face au miroir.

Je cambre doucement mes hanches et je recule vers son bassin. Il trouve immédiatement son chemin vers moi et entre tout aussi vite. Il accroche une main à mon cou et l’autre à ma hanche. Il respire fort. Moi aussi.

Je change le rythme qu’il essaie de créer entre nos corps, je serre mon sexe contre le sien et glisse lentement de bas en haut. Ses doigts entrent dans la peau de ma hanche, mais la douleur m’excite et je continue de le faire frémir entre mes jambes.

Il s’arrête encore et me dit qu’il va jouir si je continue ainsi. Je serre mon sexe chaud contre le sien encore plus fort. Je le regarde depuis le miroir et je lui rends mes yeux de chatte et ma bouche en cœur. Il m’aperçoit et me demande d’arrêter de le regarder avec mon regard de supplication, que ça y est, il va éjaculer au fond de moi…

Je jouis instantanément lorsque je le sens venir.

Il sort et recule, déboussolé. Je l’embrasse, pour la première fois. On rit bêtement. Je lui demande son nom, il me demande le mien.

Il se rhabille de son linge séché et prend son cellulaire. Je lui redemande s’il veut un café. Il accepte.

Comme il acceptera toutes les prochaines fois où je voudrai le prendre en moi.

Photo Roberto Gomez Angel

Douceur nocturne

Les rues sont enneigées, je me dépêche de me rendre chez toi. J’ai froid.

J’ai une bouteille de vin en mains, je suis un peu nerveuse. C’est la troisième fois qu’on se voit. J’accélère la cadence de mes pas, mon manteau trop court laisse le froid s’attaquer à mes cuisses libérées par ma robe.

Je tourne enfin sur ta rue, j’arrive devant ta porte. J’inspire. Je ferme les yeux. Je dépose une main sur mon cœur qui bat à tout rompre. J’essaie de me calmer. J’ouvre les yeux.
Je sonne.

Tu m’ouvres rapidement. Je me tiens droite devant toi. Tu es d’une beauté déstabilisante. Ça m’effraie presque. Tu m’invites à l’intérieur, j’entre timidement. Tu prends mon manteau, m’invites à t’attendre au salon et pars dans la cuisine avec ma bouteille de vin.

Je m’assois sur le divan, je jette rapidement un œil autour de moi. C’est beau chez toi. C’est doux, minimaliste, tranquille. Comme toi.

Tu reviens au salon avec le vin et les coupes. Tu me souris et tu m’embrasses. Je frissonne.

On discute de tout et de rien, je suis fascinée par la finesse de ton visage ; la courbe de ta mâchoire parfaitement symétrique. La façon dont tu humectes tes lèvres chaque fois que tu prends une gorgée de vin. Les pattes-d’oie au coin de tes yeux. Tes mains qui couvrent parfaitement mes seins. Ta langue qui fond entre mes jambes. Tes dents qui mordillent l’intérieur de mes cuisses. Le bruit de tes paumes qui claquent sous le pli sous mes fesses. Ton bassin qui vient rejoindre le mien, en secret et en silence quand tu entres en moi pour prendre toute la place dont tu as besoin. Celle que je te laisse, qui est à toi, qui t’appartiens.

Tu me regardes droit dans les yeux, ta main se glisse sur ma nuque, tu m’embrasses et ta langue vient chatouiller mon palais. Tu tires mes cheveux tendrement et tu mords la peau de mon cou. Tes mains baladeuses se lovent entre mes jambes où tu trouves toujours un chemin pour te rendre où tu souhaites.

Un doigt, et deux. Ma bouche s’ouvre à l’infini, je lâche un soupir de satisfaction. Tes yeux disparaissent au bas de mon ventre et ton souffle sur ma peau me donne une sensation de choc électrique jusqu’au bout de mes doigts et orteils. Ta langue se cache en moi, tes doigts courent de bas en haut, épousant toutes les formes de mon sexe qui s’ouvre à toi.

Tu augmentes la cadence, ma respiration s’accélère.

« Laisse-toi aller. »

Je ferme les yeux, mes jambes s’ouvrent plus grandes et mon bassin bouge avec le rythme de tes doigts. Mes muscles se tendent et se crispent, je sens alors que tes doigts curieux découvrent autre chose ; quelque chose de plus fort. Dans l’étonnement du bien que ça me fait, je tente de reculer, mais tu me retiens vivement.

« Ne bouge pas. »

Je cambre un peu le bas de mon dos et je respire fort. Je me laisse aller et je jette un œil vers toi qui est occupé à découvrir les mille et un secrets de mon corps. Tu m’excites, tellement. Ta délicatesse et ta confiance me font du bien. Mon corps devient une œuvre d’art lorsque tu le touches et je m’abandonne complètement à toi. Ta bouche me fait finalement jouir et j’inonde l’entièreté de ton visage.

Je reprends alors mes sens, tu viens m’embrasser doucement.

Je te regarde et je descends lentement la tête vers ton ventre.

« C’est à mon tour. »

Photo Gian D.

Frisson d’hiver

Il fait froid, l’hiver est arrivé.

Je frissonne, je tire le bas de ma jupe et je remonte le col de mon chandail. Je t’attends où tu m’as donné rendez-vous. Tu es en retard. Je suis assise tout près d’une fenêtre, je jette un coup d’œil à l’extérieur. Tu n’es toujours pas là.

J’ouvre mon téléphone, je relis des passages de nos conversations.

Ces choses que tu me dis, que tu me fais désirer – vouloir – imaginer. Soudainement, j’ai chaud et un drôle de frisson parcourt ma colonne vertébrale ; je range mon cellulaire dans ma poche de manteau. Je soupire.

Je lève les yeux vers la porte, tu entres dans le bar.

Tu t’approches de moi. Maladroite, je me lève rapidement et je ris d’une manière complètement ridicule – tu t’approches pour glisser ta main autour de ma nuque et tu m’embrasses.

C’est la première fois qu’on se voit – tu me déstabilises. Mais ton audace me frappe droit au ventre et je retrouve cette sensation de chaleur ressentie il y a à peine quelques minutes auparavant.

On commande du vin et on parle – tu parles. Je t’écoute, je t’observe et je bois tes paroles. Dans la folie de l’alcool qui m’envahit, je me perds lentement dans la beauté de ton visage, de ton corps.

Tes bras qui soutiennent mes fesses assises sur tes hanches. Tes épaules que je dessine et griffe alors que tu me baises. Tes mains que j’imagine sur mes seins. Tes doigts dans ma bouche, la ligne de ta mâchoire qui disparait entre mes jambes, tes lèvres qui sculptent lentement tous les recoins secrets de mon sexe. Ta langue qui parle le même langage que mon corps. Le tien qui entre dans le mien.

J’ai encore un frisson, tu arrêtes de parler et tu glisses ta main près de ma hanche pour me réchauffer. J’ai un vertige et c’est moi qui t’embrasse avec confiance. Je sens alors tes doigts glisser sur ma jambe, jusqu’à l’intérieur de ma cuisse – je lâche un soupir.

Ta langue serpente dans ma bouche, tes doigts constatent que je n’ai pas de culotte. Et ils entrent en moi. Je lâche un autre soupir.

« Quelqu’un va m’entendre. »

Mais tu continues, tu veux me faire jouir – là dans le recoin du bar où nous sommes assis.

Tu me regardes droit dans les yeux. Tu mords le creux de mon cou et lèches une de mes oreilles. Tu m’excites. Tellement.

« Jouis sur mes doigts. »

Ce que je fais, sans hésiter et rapidement.

« Rejoins-moi dans la toilette du fond, c’est celle des employés. »

Obéissante, je te suis du regard. Je bois la dernière gorgée de ma coupe de vin, je replace ma jupe et je te rejoins.

À peine suis-je entrée que tu me penches sur le comptoir. Tu relèves ma jupe, me claques une fesse. Et tu entres en moi. Fort.

Tu te tiens à mes hanches, je lève les yeux face au miroir devant nous. Et je te fixe, le regard plongé dans le tien – je me mords une lèvre. Tu viens cacher tes doigts près de ma bouche et je les plonge au fond de cette dernière. Je jouis instantanément.

Tu sors, tu écartes mes fesses et tu viens sur moi à l’aide de ta main.

Tu m’embrasses, je frémis doucement.

« On prend un autre verre? »

Je te souris, je replace ma jupe et je lâche un soupir, tout en te suivant.

En te suivant partout où tu iras.

Photo Evan Smogor

Respiration infinie

J’arrive près de chez toi, je stationne ma voiture. Avant de sortir, je me regarde dans le miroir. J’ai mis ton rouge à lèvres préféré que j’ai assorti à mes ongles. Je sais quoi faire pour te plaire : je ne souhaite que te satisfaire. Constamment.

Un bref instant, je pense à toi nu, j’ai un sentiment de vertige qui m’habite soudainement et j’ouvre ma fenêtre pour respirer. Penser à ton corps, à ta peau, à toi, me rend complètement ivre.

Je sors finalement. Calmée et prête à te rejoindre sous tes draps.

Mes talons claquent sur le ciment, la musique de ces derniers résonne dans le silence de la nuit. Je sonne et je replace ma robe – ma jarretelle se fait voir des yeux curieux d’un inconnu de l’autre côté de la rue.

Tu déclenches la serrure de la porte, j’entre rapidement.

Les marches me semblent infinies, mais arrivée à ton adresse, la porte est déjà ouverte : le son de la résonance de mes chaussures t’indiquait que j’arrivais.

Silencieuse, j’entre et là, devant toi, je laisse tomber mon manteau sur le sol.

Tes yeux découpent les courbes de mon corps. Sous ma lingerie, tu es capable d’imaginer ma peau nue qui glisse sur la tienne. Je connais ce regard sur moi : ton désir, je le ressens jusqu’au creux de mon ventre.

Rapide et féline, mes mains se retrouvent déjà sur ton sexe grandissant qui se glisse tout aussi vite dans ma bouche.

Tu retiens ton souffle et ta main s’accroche à mon épaule. Vilaine, je te prends par les fesses et tu t’enfonces au fond de ma gorge où tu viens te cacher. Ta respiration se fait plus vite et pour te calmer, tu essaies de m’arrêter en tirant mes cheveux.

Mais bien au contraire de tes intentions premières, tu réveilles la tigresse en moi. Maligne comme je suis, mes jambes se glissent lentement sur les tiennes. Mes ongles pénètrent l’épiderme de tes cuisses et de dos, je te chevauche sans même hésiter.

Tu claques mes fesses. Fort. Tu laisses tranquillement des marques ; comme un fer rouge sur ma peau d’ivoire. Je lâche des cris qui se transforment en écho infini.

Tu me demandes de ralentir, de te laisser un peu de temps. Mais je ne veux pas m’arrêter ; je veux te sentir jouir en moi.

Mes yeux de chatte te regardent par-dessus mon épaule et ma langue se promène sur mes lèvres qui forment un cœur.

Ton regard tombe dans le mien :

« Viens en moi. »

Le temps s’arrête et s’efface, tu ne peux plus te retenir. Tu te laisses aller. Dans la danse de ton corps dans le mien, je te rejoins dans ton plaisir.

Puis enfin, tu respires. Tu respires librement et ton souffle chatouille ma peau. Je serpente ton corps jusqu’à tes lèvres et je t’embrasse.

Tu me regardes, ta main disparait entre mes jambes. Je souris, tu mords ma lèvre du bas. Tes doigts entrent en moi :

« Viens sur mes doigts. »

Et dans le silence de la pièce, de l’écho infini de mes cris, de mes lèvres barbouillées de rouge à lèvres, de mes ongles de féline dans ta peau, dans l’ivresse du désir incroyable que j’ai pour toi, je me laisse aller et je m’abandonne – je respire au même rythme que toi.

Enfin.

Photo Runnyrem

Chambre secrète

Je t’attends couchée sur le lit de la chambre d’hôtel.

Mes bas collants remontent à la mi-cuisse, attachés par des jarretelles de dentelle. J’ai une culotte presque invisible, ma poitrine est nue. Les bouts de mes seins pointent vers le ciel, ils n’attendent que ta bouche pour les réchauffer.

Dans l’attente de ton arrivée, je me rends bien compte et je sais que je t’attends depuis longtemps — depuis toujours. Toi que je lèche à distance sur mon écran de cellulaire, à qui j’envoie des photos du pli timide de mes fesses, à qui je pense la nuit, quand mes doigts glissent entre mes jambes.

Au creux de mon ventre, une boule de chaleur qui bat au même rythme que mon cœur : mon désir est d’une intensité si incroyable que j’en aie le vertige. Cette envie qui me gruge et me hante depuis des semaines, qui m’empêche de travailler et qui me fend les jambes en deux lorsque je pense à toi.

Tes lèvres qui glissent sur mon corps, ta salive qui trace des chemins infinis sur ma peau, tes dents qui se cachent vivement dans mon épiderme. Je pense à toi, je pense à toi tout le temps et j’ai la tête qui tourne comme une toupie.

J’entends des pas dans le corridor.

La porte s’ouvre. Tu me regardes.

Tu t’approches, tu me lèches un sein, tu dis au creux de mon oreille :

« Couche-toi sur le ventre ma beauté, relève tes fesses et fais-moi une place. »

Et moi, féline folle de ton corps et de tes yeux, je me retourne à la vitesse de l’éclair et je cambre les fesses où je t’offre tout le confort et la chaleur dont tu as besoin.

Ton doigt vient déplacer ma culotte et enfin, tu prends toute cette place en moi dont je rêve depuis trop longtemps. Dans l’agonie de la souffrance de ton absence, je ressens maintenant le plus beau des réconforts ; toi que j’entends respirer, caché tout près de ma nuque.

Je sens ta main qui serpente de ma bouche à mon cou, tu t’assures de passer tes doigts sur ma langue et tu t’accroches bien solidement à une de mes épaules. Ton autre main elle, s’attache à mes cheveux qui se baladaient librement sur mon dos.

Tu accélères, tu me demandes de te rejoindre, car tu vas jouir rapidement, tu dis :

« Touche-toi. Je veux te sentir jouir pendant que je suis en toi. »

Je t’écoute, je fais fondre ma main au bas de mon ventre et je suis ton rythme, je tourne la tête et je te regarde par-dessus mon épaule. Mes yeux d’animal haletant te supplient de venir en moi, alors que je mords une partie de ma petite bouche en cœur.

Et mon regard dans le tien, celui que tu lèches à distance de ton écran de cellulaire depuis des semaines, qui s’excite et s’impatiente devant mes photos, toi qui la nuit, jouit en même temps que moi à distance, explose tes sens tout entiers, ton orgasme déclenche le mien.

Alors qu’on reste connectés l’un à l’autre, que nos peaux ne font qu’une et que nos corps en sueur s’absorbent et se reconnaissent, tu dis :

« Ma belle, ma beauté féline, ma chatte, attends-moi pour l’éternité et ne me quitte jamais ; j’aurai toujours besoin d’une place près de toi. »

Moi douce et câline, je dépose ma poitrine chaude près de ton visage et je lève les yeux vers le ciel, là où je me rends bien compte qu’il n’y a plus de limites pour toi et moi.

Photo Marten Bjork

Féline immortelle

Je marche vers notre lieu de rencontre, on s’était dit à telle heure, je te rejoins les paumes de mains toutes moites.

L’hiver approche et arrive. J’ai froid, mais la boule de chaleur dans mon ventre grâce à toi me réchauffe tout doucement.

Je te rejoins, j’ai le cœur qui bat fort et qui palpite de mes lèvres au bas de mes reins. Mes yeux tombent dans les tiens, enfin. D’une certaine manière, je te reconnais. Toi l’animal que je lèche à distance et en silence depuis des jours, des heures, des minutes et des secondes. Toi la bête que j’ai envie de monter en escaladant toutes les formes de ton corps. Toi la rage qui me glace le sang, qui excite mes sens et mon corps, maudite flamme qui brûle le bout de mes doigts.

Je t’écoute parler, je t’observe, je t’analyse. Fascinante personne que tu es, je mouille de désir pour toi à te regarder et à t’absorber. Quand tu penches ton corps vers le mien, je porte attention à sentir tes cheveux, ta barbe, ta peau. Je m’imprègne de ton odeur ; je ne veux pas t’oublier.

La soirée passe vite, je me retrouve finalement à franchir le seuil de ta porte de chambre. Un peu fatiguée, la féline en moi se réveille rapidement en te voyant te déshabiller du coin de l’oeil. Tigresse que je suis, mes doigts glissent rapidement sur ton ventre pour aller chatouiller ton sexe.

Mes vêtements prennent en feu rapidement ; mon bassin cambré vers l’arrière te donne de violents coups qui allument tous les feux possibles cachés sous ton nombril. Les spasmes de ton corps deviennent une vraie musique pour mon ouïe ; je lèche tes oreilles et mords tes lobes tendrement. Tu frissonnes, ma main frotte sa peau contre la tienne.

Je t’embrasse en silence, ma langue vient se lover au creux de ta bouche. Nue, je porte une grande attention à te révéler toutes les pièces de mon corps ; je me montre femme et confiante, assise sur toi à te regarder avec mes yeux de chatte suppliante et ma bouche en cœur qui te laisse toute la place dont tu as besoin pour entrer en moi.

La curiosité de tes doigts les influence à se cacher entre mes jambes. Rapidement, je tremble et je frémis sur toi. Je respire fort, tu me dis « embrasse-moi » et je porte mes lèvres aux tiennes, en prenant soin de te mordre au visage encore au passage.

Tu tournes et retournes mon corps de gauche à droite, je deviens une petite toupie entre tes mains. Mais tu es doux, et ta douceur apaise mon cœur ; tu me fais jouir facilement tellement j’ai envie de toi.

J’ai de la difficulté à arrêter de te vouloir et à te caresser, mais encore te voilà : tu te glisses en moi, ton corps se mêle et fond au mien. C’est comme un casse-tête, les pièces se rapprochent et se fixent ensemble : le tout ne fait qu’un.

Mon souffle et le tien entremêlés créés la plus belle des symphonies. Je te demande de sortir, je veux que tu jouisses sur moi comme sur un canevas, comme sur une toile vierge. Dans notre excitation, dans la tienne, dans la mienne, je te rejoins rapidement en te fixant dans les yeux. J’inspire et j’expire, je me rends à l’évidence qu’il n’y a pas de fin à ce moment.

La nuit s’écourte, tes draps m’enveloppent et même les yeux fermés, je te retrouve dans mes rêves.

Toutes les nuits depuis ce jour.

Photo Geetanjal Khanna

 

Instagram love

Je me réveille en sursaut. Je regarde mon cellulaire. C’est le milieu de la nuit.

J’ai une folle envie de me masturber, parce que je pense à toi.

Je pense à toi tout le temps.

J’ouvre tes réseaux sociaux. Je choisis des photos. Je fais des captures d’écran. Puis je les regarde.

Une. Après. L’autre.

En boucle.

Ma main glisse sous ma culotte.

J’ai chaud, je suis excitée. Je ferme les yeux et je pense à nous deux.

Tu entres dans mon appartement, il fait nuit. Tu es tellement beau, ça me frappe chaque fois. Tu te places devant moi, tu glisses tes mains sous mes fesses, en dessous de mes culottes. Puis tu me soulèves comme une plume. Je lâche un petit cri, tu me rassures : « Je te tiens. »

Tu m’embrasses, ta langue se mêle à la mienne. Mon sexe chaud est déposé sur ta taille, je sens le tien grossir.

J’ai envie de toi. Depuis longtemps. Depuis toujours.

Tu me bordes vers la chambre, tu me couches. Tu me regardes droit dans les yeux et tu détaches ton pantalon. Tu ne te déshabilles pas, moi non plus. Tu écartes mes jambes, tu te fais une place. À un doigt, tu repousses ma culotte vers le côté. Et tu entres.

Puis ça, ce moment, nous deux enfin réunis, ça me berce. Je mouille à l’infini. Mon corps devient le tien. Mon bassin bouge avec le rythme du tambour dans ton ventre. Je suis à toi, je t’appartiens. Dans l’instant de ce moment, ma bouche grande ouverte comme le ciel fige ; j’ai peine à respirer tellement je t’attendais.

Tu me retournes, tu t’agrippes à mes fesses. Celles-ci claquent sur toi et j’inonde ta peau avec les battements de mon petit cœur au bas du ventre. Tu accroches une de tes mains à mon épaule et l’autre vient se balader vers mon visage. Tu mets tes doigts dans ma bouche.

Et je les suce.

Un à un.

Il fait chaud. Incroyablement chaud.

Ta main se place ensuite sur ma nuque que tu serres. Ça m’excite. Tu tires mes cheveux. Je lâche des petits cris, tu claques mes fesses pour me faire crier plus fort. Langoureuse chatte que je suis, je cambre encore plus mes hanches pour que tu puisses aller plus loin en moi.

J’ai envie de jouir.

Tu le sens, tu te places face à moi et tu me demandes de me toucher. Tu mords mon épaule et lèches mon oreille, tu me souffles tout doucement en me regardant droit dans les yeux : « Tu es tellement belle quand tu fais ça. »

Et je viens sur toi.

Je sens que tu vas jouir toi aussi. Alors je te repousse, tu sors. Je m’agenouille devant toi, je te prends. Fort. Et tu gémis, ta respiration se fait sentir jusque dans ma gorge.

Et je ferme les yeux, tu ouvres les tiens. Tu barbouilles mon visage et mes lèvres ; tu m’appartiens.

Je bous et je frémis doucement ; dans la réalité. Je reprends mes sens et mon essence ; je regarde mon téléphone. J’ai un message texte.

C’est toi et tu dis : « Je pense à ton corps. Ton odeur. Ta peau qui ondule sur la mienne. Tu me rends animal et j’ai envie de toi, de te sentir, de te goûter. »

Mes pieds ne touchent même pas le sol que déjà je me retrouve chez toi, nouée à ton bassin, les jambes entrecroisées comme une araignée sur ton corps.

Je pense tomber de tes bras, mais tu me rassures : « Je te tiens… pour toujours. »

Photo Krista Mangulsone