L’éveil d’une vie

Collaboration AUDIO avec Mike Beaudoin

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil naissant. Tes yeux de félin s’éveillent tranquillement. Tu passes une main dans tes cheveux et tu humectes tes lèvres. Tu me souris. Tu me donnes la chair de poule.

Mes doigts naviguent contre la peau sous mes fesses. De mon sexe à mes seins, mes mains caressent les vagues de mon corps. Je soulève des vents, marées et tornades en te regardant dans les yeux. Ma bouche appelle la tienne.

Je m’approche de toi, j’ai envie de te faire l’amour. Comme la première fois, comme un choc électrique, comme un trésor que l’on découvre près des sables blonds et des doux secrets de la mer. Ta peau, tes lèvres, ton ventre, tes seins, tes jambes… ta beauté me chavire et m’absorbe.

L’eau du creux de mon ventre abonde en inondation violente, l’entrée de mes jambes crie pour ta peau. J’ai soif pour ta sueur, faim pour ton corps. Du désir à l’amour, mon sexe bouillant me donne des vertiges. Viens me rejoindre, glisse ton corps près du mien.

Tu es belle. Femme fatale et animale, ma peau sur la tienne, je t’entends ronronner près de mes oreilles. Tu me fais perdre la tête et chatouille tous mes sens. Ton regard de chatte, tes courbes ondulantes, ta bouche fondue à la mienne… J’entre en toi, ton corps avait besoin du mien. Je gémis, toi aussi.

Je t’accueille. Mes jambes enrobent ton bassin, je m’agrippe et m’accroche à toi pour l’éternité. On se regarde dans les yeux, je lèche tes lèvres. Ma langue glisse contre la tienne, serpentant entre l’océan dans lequel tu essaies de nager sans te noyer.

Amour de ma vie, je laisse mes mains me guider vers toi alors que mon corps prend le tien. Je chatouille doucement ton sexe. J’ai envie de laisser les vagues de ta peau engloutir mon visage. Mes yeux suivent naturellement le chemin vers le bas de ton ventre – douce cachette où ma langue trace constamment ses allées et venues comme une carte de chasse au trésor.

Coeur de ma vie, tes lèvres embrassent les miennes – tu sais comment me retrouver. Une onde me glace le sang, mes muscles se contractent, mes ongles pénètrent ton épiderme, un cri, des spasmes, une crampe : je jouis sur toi et dans ta bouche. Tu as trouvé tous les diamants de mon corps.

Tu es couchée. Je te regarde. Ta peau ambrée scintille sous les rayons d’un soleil vibrant. La puissance de ton corps après l’amour, ta bouche chaude et asphyxiée, tes yeux qui fondent, le début de tes cuisses humides, tes joues rougies… tu es belle. Et je vais te regarder, t’observer et t’aimer comme ça, longtemps. Toutes les nuits. Tous les matins. Toute ma vie.

Photo JR Korpa

Tempête de mon coeur

Quand tu poses tes mains sur mon corps, une tempête m’habite.

De toutes les vagues que j’ai ressenties, un courant d’air me passe de la colonne vertébrale au ventre lorsque tu possèdes ma peau. Mon cœur en suspens — comme une eau calme, brouille toutes les mers et marées de mon épiderme. 

Tu m’étourdis. Comme une tornade, comme les brumes près des eaux du matin. Tes aurores matinales m’absorbent et m’envoutent comme des sorts jetés. Petite sorcellerie, tu m’aspires et couches toute mon âme sur la tienne.

Quand ton corps entre dans le mien, je sens que le monde arrête de tourner. Ton sexe lové au creux du mien, délicate fleur qui s’ouvre pour tous tes sens, mes jambes ouvertes grandes comme le ciel accueillent ton essence comme les premiers rayons de soleil.

Tu es là, en moi, toujours et du matin jusqu’au soir, je rêve de ta peau, de ton corps, de ton cœur qui bat entre mes jambes. 

T’ai-je déjà dit à quel point ton corps faisait vibrer le mien ?

Quand tes doigts retrouvent leur chemin en moi, à l’entrée de mon sexe, où mon cœur bat en trombe, où je me m’ouvre, fane et renaît à la fois — ce sont toutes les eaux de mon corps qui se rejoignent en un seul et unique océan. 

Tu me réchauffes le sang, printemps et été à la fois entre toutes mes veines. Tu allumes tous les feux dans mon ventre, braisés par tes doigts qui tachent ma peau d’ecchymoses de nos nuits d’amour.  

Je perds la tête. Doucement et lentement quand j’imagine nos peaux réunies. Au fond de ton lit, ton corps ambré qui coule et fond sur le mien. Je jouis sur, dans et avec toi. 

J’ai envie de toi. Tout le temps. Je t’appelle ici et maintenant. Là. Je te supplie.

Mon amour, rejoins-moi.

Viens calmer la tempête de mon cœur. 

Je t’attends.

Photo Jeremy Bishop


La canicule

Il fait chaud. La canicule m’empêche de respirer. Ça me fatigue.

Je suis dans mon lit, prête à me coucher. Il est tard, mon corps a besoin de repos. Je ferme les yeux, je sombre tranquillement vers un sommeil profond quand mon cellulaire vibre sur ma table de chevet.

Je tends la main, j’ouvre un œil.



Mon corps se dégourdit et s’éveille rapidement. J’habite mes sens et mes envies. Viens, viens ici ; t’attendre est vrai un supplice. 



Tu arrives rapidement. Tu entres dans ma chambre. Tu me regardes.

Je me couche sur le dos et j’ouvre mes jambes grandes comme le ciel pour te faire une place. Tu t’avances comme un animal qui chasse sa proie. Le feu dans tes yeux éveille celui dans mon ventre ; mon sexe bouille pour toi.

Je gémis déjà à te regarder te déshabiller devant moi. Mon corps est en mouvance et mon bassin vibre comme une tempête sur l’océan qui inonde l’entrée de mes jambes. Je te veux tellement. 

Ton corps nu près du mien, je sens ton sexe qui cherche son nid ; tu cherches l’entrée à moi, à nous, à notre cœur. Mais vilaine comme je suis, je me retourne sur le ventre et je cambre mes fesses pour fracasser la peau toute douce de ton bassin.

C’est toi qui gémis. Tu griffes ma peau, tu empoignes mes fesses et tu les claques ; je sais que tu me désires comme je te désire. 

Je m’étends un peu, tu glisses deux doigts en moi ; je leur fais l’amour et mon sexe les engloutit. Une de mes mains trouve son chemin pour t’aider, je jouis rapidement sur nos paumes.

Tu glisses les mêmes doigts que ceux qui étaient cachés en moi dans ma bouche ; je les suce et les lèche doucement. Je tourne ma tête par-dessus mon épaule, tu mouilles ton sexe par ta main et tu entres doucement en moi. Je te regarde toujours alors que tu agrippes mes cheveux pour mieux retenir ma tête. 

J’ai chaud — la chaleur de la canicule se mêle à celle de mon corps ; tu me fais tellement de bien. Mon corps entier est trempé ; le tien aussi. Nos voix déchirent et transpercent le silence de mon appartement. Nous allons jouir en même temps. 

Les spasmes de ton sexe éveillent mon envie pressante de jouir à nouveau ; tu t’accroches à mes hanches, tu râles un peu et moi aussi. Je relâche la tension et je te rejoins, eau à eau, orgasme à orgasme, vibrations à vibrations. 

Tu m’embrasses sur le front, le nez, la bouche. Tu files comme l’air après des amours et des caresses. La canicule revient au galop chercher mon sommeil, mais mon cellulaire vibre encore…



Photo Sascha Matuschak

Passion d’été

Un texto. Un lieu de rencontre. Une soirée.

Rien de plus pour enflammer mes sens et enfiler une robe sans porter de sous-vêtements. Avec toi, je me sens coquine et j’ai cette envie facile d’exciter ton corps, ton esprit et ton cœur. 

Je te rejoins à notre point de rencontre. Tu m’attends déjà à une table. Tu te lèves en me voyant et tu passes ta main sur ma hanche. Tu t’approches de moi et tu embrasses ma joue, près de mes lèvres. Je frissonne. La pointe de mes seins s’éveille et marque le léger tissu de mon vêtement. Tu le vois, je le perçois dans tes yeux. 

On s’assoit l’un en face de l’autre. Les jeux de pieds commencent. Et la valse des mains aussi. Ton regard dans le mien me fait fondre, je me laisse bercer par tes doigts malins qui cherchent l’entrée de mon corps près de mes cuisses.

J’appuie ma main devant ma bouche pour camoufler mes respirations et mes petits râlements. Tu m’excites. Tellement.

Tu ris. Moi aussi. 

On boit un verre, deux et trois. Je te fais des yeux de chatte, je ronronne à distance pour ton corps. Ta peau m’appelle et je veux répondre.

Maintenant.

Tu me demandes si je veux aller chez toi, ce à quoi je réponds : « S’il te plaît. »

On marche rapidement et légèrement alcoolisés, nous rions aisément. Tes doigts se glissent sous ma robe où tu pinces mes fesses sans retenue. On rit encore plus fort — ton sourire se transforme en désir indomptable. 

Ta main glisse contre ma nuque et tes doigts se fondent à la base de mes cheveux. Tous les vents de mon corps se lèvent, c’est une tornade dans mon ventre qui ravage mes sens et mon sexe. Je te désire. Tellement. 

Tu me pousses doucement vers la ruelle derrière nous. On rit encore, je regarde à gauche et à droite — tu ne regardes que mes yeux. Tu me colles doucement contre la brique d’un bâtiment. Tes mains se baladent sur mon corps, de mes seins à mon ventre. Tu respires fort, tu lèches ma bouche et mordilles mes joues. Je n’en peux plus. Je te veux. Je te veux en moi. Tellement.

Une de tes mains disparaît entre mes jambes où deux doigts viennent pianoter une mélodie d’amour en moi. Je mords une de tes lèvres afin de retenir mon souffle. Tu me regardes toujours dans les yeux, ma respiration s’accélère, mon bassin se cambre, mes cuisses se serrent, mon sexe vibre…

J’essaie de ne pas trop faire de bruit, de rester silencieuse, de cacher ma douceur, mais tu me dis : « Laisse-toi aller, amour de mon cœur. Jouis. »

Et comme ça, mes yeux dans les tiens, mon haleine qui se mélange à la tienne la bouche grande ouverte comme le ciel, je jouis sur tes doigts, sur toi, en pensant à toi, avec toi, grâce à toi.

On rit encore. Aux éclats. Tu m’embrasses le nez. Tu lèches tes doigts. Je t’embrasse sur la bouche. Tes doigts viennent encore pincer une de mes fesses.

Un regard. On sait. Alors on se met à courir pour se diriger chez toi.

Pour se faire l’amour. Parce qu’on s’aime. Tellement.

Photo Justin Luebke

Les vagues

Je déferle mon propre escalier pour me rendre au tien. Je traverse le pont en un éclair et déjà, en moins de 15 minutes, mon corps te rejoint comme en agonie. Tu me manquais. Tellement. Terriblement. Tremblement.

Tes yeux, ceux qui m’ouvrent la porte et qui font résonner tous les tambours de mon cœur m’attendaient aussi. Je te prends dans mes bras, ma langue glisse dans ta bouche. Mon corps appelait le tien. Depuis des heures, des jours, des semaines, des mois, des années ; depuis le début de ma vie.

Je t’attire en anguille vers ton lit, j’ai faim et soif pour ta peau. Mes mains contrôlent rapidement ton corps. Je te déshabille en une respiration, le temps que mes doigts fondent et coulent autour de ton sexe. Ce que je veux, ce soir, c’est de te rendre fou de la tête aux pieds.

Je me glisse entre tes jambes, j’ouvre tes cuisses pour retrouver ma place à moi. Ma place que tu partages et confies ailleurs, mais qui retrouve toujours sa vraie et unique chaleur avec moi. Ma place gardée au chaud, qui brûle et tremble quand elle sent et ressent le souffle de mon cœur près de ses racines. Celle qui soulève toutes les mers et les marées de mon corps. Toi, mon seul et unique océan.

Je bave et salive sur toi en te regardant dans les yeux. La houle se lève. Tu râles un peu, mes griffes sillonnent tous les périmètres de tes fesses. Tu entres dans ma bouche, ta respiration s’accélère ; la cadence du creux de ma gorge aussi. Les vagues se lèvent, tout doucement. 

Tu me dis de ralentir en repoussant ma tête, je vais plus loin et je lève mes yeux vers les tiens. Ta bouche en asphyxie, les perles de sueur de sexe au bout du nez et ton regard timide et désarmé me supplient d’arrêter. Je me cambre et mon bassin serpente tout doucement jusqu’au tien. Tempête.

Tu es là, au bout de moi, à cogner à l’entrée de mon corps, aspirant la chaleur et les respirations de mon sexe tout près du tien. Je vibre doucement au-dessus de ton être, c’est maintenant toi qui agonises pour retrouver ta place en moi. Celle qui a toujours été tienne.

M’attendre pour que tu entres te fait mal, ça brûle, ça chauffe en dedans. Avec peine et misère, tu essaies de retenir mon bassin :

« Laisse-moi entrer. S’il te plaît. Laisse-moi. »

Mais l’attente, l’attente de moi, l’attente de nous est meilleure que d’exaucer tes vœux. J’écarte l’entrée de mon sexe que je frotte sur toi en te regardant dans les yeux. Les vagues reprennent leurs remous de plus belle. Tu respires à t’en évanouir, ton corps a besoin du mien.

Je le sais, je le sens, je l’entends.

En retenant mon souffle, j’écarte mes jambes et je te laisse entrer, loin, le plus loin que tu peux aller. Des frissons se créent sur la peau de ton ventre et les poils de ton pubis se hérissent.

C’est ce que je veux. Tout le temps. Toi avec moi. Toi sur moi. Toi dans moi.

Nos corps dansent ensemble, comme une valse sans fin. La musique de nos corps, c’est le rythme de nos peaux qui résonne dans le vide de ta chambre. Je suis bien, toi aussi. On est bien.

La tempête se calme tranquillement. Tu me dis que tu vas jouir, mais c’est impossible sans m’entendre en premier. Tu me retournes et m’étends sur le lit, à plat ventre. Tu relèves mes hanches et tu entres. Fort.

Ton corps berce le mien. Je suis cambrée, le plus haut possible. À te recevoir et à te laisser m’envahir. Au complet. Je me retiens en tirant le drap. Ton corps devient le mien. Tu claques une de mes fesses. Je vibre tout doucement une première fois et inonde l’intérieur de mes cuisses. Ton corps est mien.

Tu respires plus fort. Tu accélères la valse. Tu t’accroches à mon bassin plus fermement.
Les vagues reprennent de plus belle. Nos sexes mouillés coulent ensemble et deviennent mers, marées et océans. On jouit ensemble. Tout près. Ton corps dans le mien.

Tu respires pour de vrai, enfin. Et moi aussi.

Je sais que tu pars encore, que tu me quittes un instant, que ton corps va flotter ailleurs. Le mien aussi, fleur libre que je suis.

Mais dans l’ivresse de toi, de moi, de nous, il n’y a jamais rien de plus beau que de se retrouver enfin ensemble.

Et ce, chaque fois que les vagues se lèvent dans nos corps.

Photo Ross Sokolovski

Un amour de saison

J’ai vécu un amour impossible, un amour d’été, un amour de saison qui m’absorbait et me faisait rêver. 

Vous savez, comme un cœur en fête, un mirage de sable, un étourdissement des doigts jusqu’aux orteils ?

Un amour impossible, oui. 



C’est le début de l’hiver, mon corps est frigorifié, toutes les raisons sont bonnes pour réchauffer mes veines. J’installe une application de rencontre, rapidement je commence à discuter avec un homme qui m’intéresse beaucoup. Beau, comme ça ne fait pas de sens. 

Une apparence de plage, de soleil même la nuit. Un corps de caramel, comme des vagues qui coulent à l’infini sur les rebords de peau. Des yeux qui perçoivent les galaxies et qui dessinent des histoires à en faire rêver. Une bouche myope, qui goûte sans fin à en redemander constamment, comme si elle ne mangeait rien d’autre que le corps devant elle. Des mains de tendresse, qui serpentent doucement sur l’épiderme, comme un satellite qui tourne et vrille autour du cœur. Et la rage au ventre, au commencement des cuisses, cachée au creux des abysses.

On s’écrit, on s’envoie des poèmes et des ritournelles. Je chante à même le bout de mes doigts sur l’écran. Je jouis sur ses photos, sur ses réseaux sociaux. Je m’endors la nuit avec la pensée de son sexe dans ma bouche, entre mes mains, au fond de moi. Je me réveille avec son corps flottant au-dessus du mien. Comme téléporté, il m’accompagne jour et nuit, surtout dans mes rêves éveillés. 

Et enfin, enfin, je rencontre son corps et son esprit. Dans la réalité, celle où il me couche et me déshabille tout doucement sur son lit. Détendue, en état d’asphyxie pour ses sens et ses membres, je fonds et coule sur sa peau à lui.

Il prend et transporte mon cœur ailleurs, loin. Il me fait l’amour comme ce que j’ai déjà lu auparavant, comme une histoire d’amour à des eaux de rose. Sa langue chatouille et éveille ma peau endormie sans lui. Ses doigts disparaissent constamment entre ma bouche et mon sexe et je perds connaissance la bouche grande ouverte jusqu’au ciel.

Comme il me fait jouir une première fois, il comprend les mécanismes de mon corps. Et c’est de cette manière qu’il m’a offert la plus belle histoire d’amour de toute ma vie. 

Je suis tombée en amour avec sa salive qui a parfumé le bas de mon ventre. Avec le bout de ses lunettes qu’il portait à ses dents. Avec sa main qu’il passait dans ses cheveux pour venir ensuite la lover près de ma nuque alors qu’il m’embrassait. Avec les odeurs de son corps bouillant sur le mien. Avec son souffle qui brûlait la peau de mon sternum. Avec ses yeux de tempête disparaissant entre les mers du bas de mon ventre. Avec sa façon de lécher le côté de mes cuisses tout en frottant son sexe près de mes pieds. Avec sa barbe captive entre mes ongles. Avec les poils fous sur ses pectoraux. Avec ses fesses musclant tous les recoins de mon matelas. Avec lui tout entier, sa tête, sa peau, sa voix — avec son râlement alors qui jouissait sur mon ventre et mes seins. 

Son sexe dans le mien est devenu un tatouage, comme un souvenir marqué à tout jamais sur et dans mon bassin. Mes hanches, elles sont devenues musique pour ses propres mouvements. Mes mains — celles qu’il aimait en silence, sont devenues le transporteur de mes émotions à son cœur à lui.

Il l’a échappé, il a brisé. Ce petit cœur solitaire, en manque de nous et de tout.

Les choses fragiles sont difficiles à porter et à retenir, comme un écho dans un coquillage. Les murmures secrets entre les branches, les mensonges que l’on raconte afin de se glisser dans un lit, près d’une peau mal-aimée. Il y a des gens qui malgré leurs belles paroles, cachent des démons au creux de leur gorge. 

Comme ces parfums qui disparaissent au gré des saisons.  



J’ai vécu un amour impossible, un amour à lever le cœur, un amour qui a duré quelques heures à peine. 

Vous savez, comme un coup de foudre, une sensation d’infinité, un sentiment de l’amour d’une vie ?

Un amour impossible, oui. 

Photo Davide Ragusa

Vibrances d’été

Vendredi soir, l’été arrive enfin et tout doucement. Il fait chaud, malgré le fait que le soleil soit maintenant couché. Les rues de Montréal sont bondées. Je marche rapidement, mes yeux croisent plusieurs regards. C’est enivrant ; les gens sont beaux.

Je dois la rejoindre près de la scène du spectacle qui se donne à l’extérieur. Elle m’a dit qu’elle serait en première rangée. Mais il y a beaucoup de gens et c’est presque impossible de me faufiler entre toute cette foule. Je lui envoie un message texte. Sans réponse. 

J’essaie d’avancer tranquillement. Rien à faire. Je ne passe pas. Le spectacle commence, je me dis que je peux essayer de passer entre les gens au fil de la soirée. Je reste là.

La musique est bonne. Il fait noir, les têtes sont éclairées par les projecteurs de la scène. Il fait chaud. L’odeur de l’été est là. Les corps transpirent, la sueur des gens se mélange et émane au-dessus de l’amas de personnes. C’est magnifique. 

Je lève les yeux. Mon regard tombe direct dans celui d’un étranger qui m’observe avec une confiance déstabilisante. J’ai un drôle de frisson et j’ai l’impression qu’il le ressent à même les quelques mètres qui nous séparent. Il continue de me regarder, il me sourit.

Il s’approche tout doucement, faisant serpenter son corps entre ceux des autres parmi la foule. Il réussit à passer, comme s’il était destiné à me rejoindre. L’énergie qui émane de sa peau me rend tout doux ; c’est la première fois de ma vie qu’un homme me fait cet effet. Il s’approche de plus en plus, je suis un peu nerveux.

Il arrive à mes côtés, il colle son bras contre le mien. Connexion, magnétisme, fusion. J’ai un drôle de vertige qui me tient à peine debout. La musique m’envoûte, tout comme le bel inconnu à mes côtés. Sa main flâne autour de la mienne, de mon bras, de ma cuisse et finalement de mes hanches.

Ses doigts commencent à caresser mon sexe qui durcit au travers mon pantalon. Son odeur me rend fou, sa barbe, ses yeux en amandes, sa bouche, sa peau ambrée qui brille sous les projecteurs… Il m’ensorcelle et je me sens complètement impuissant à ses côtés. 

Je le regarde du coin de l’œil, il est simplement là, près de moi à me ressentir et découvrir mon énergie. Je suis en transe pour et avec lui ; j’ai un coup de foudre qui transperce mon corps et mon cœur. 

Ses lèvres se promènent au creux de ma nuque, j’ai l’impression que je vais m’évanouir. La musique qui me berce, son odeur qui fusionne à ma peau, son corps contre le mien, sa langue qui possède et berce tous les sens de mon âme…

Je suis à court de souffle tellement mon niveau d’excitation est élevé. Il le ressent, il accélère la cadence du frottement de sa main contre mon sexe. J’essaie de me calmer et de contrôler ma respiration, mais j’en suis incapable ; je jouis en lâchant un soupir caché sous la voix de la chanteuse. Je ferme les yeux, ses doigts glissent entre les miens, il serre ma main très fort. On se regarde encore dans les yeux, c’est vrai et fort. Comme si on se reconnaissait finalement. 

Mon cellulaire vibre au creux de ma poche et me sort durement de ce moment avec lui. Je relâche sa main pour sortir mon téléphone. Elle m’a répondu : « Je suis en avant, essaie de me trouver, je vais lever les bras pour que tu me voies. Passe entre les gens, je t’ai gardé une place près de moi ! »

Je le range à nouveau à l’intérieur de ma poche et je reprends sa main. Je la serre fort. Et je reste là, avec lui. Au milieu de la foule inconnue qui m’a fait ressentir les plus belles vibrances de l’été. 

Photo Jacky Zeng

Musique de nos coeurs

Je sors du bureau, il est passé 21 : 00. Je suis exténuée, mon corps veut se coucher en même temps que le soleil. Je marche tranquillement vers ma voiture et du coin de l’œil, j’aperçois un nouveau petit bar de quartier qui vient tout juste d’ouvrir. 

J’hésite à ouvrir la porte de ma voiture. Allez, un verre et je rentre à la maison par la suite. Je traverse la rue rapidement et me dirige vers le bar aux allures quelque peu obscures. Je suis intriguée — une affiche indique un spectacle ce soir. Un chanteur et sa guitare acoustique. Bon, encourageons les artistes locaux, que je me dis.

J’entre, c’est sombre et feutré. L’ambiance est lourde, mais calme. Il y a plusieurs personnes sans que ce soit étouffant. Je me sens bien. Je m’installe au bar et je commande un verre de vin. 

Je prends une gorgée à peine de mon verre que ledit chanteur embarque sur la scène. Je m’étouffe un peu — je suis hypnotisée par sa beauté. J’essuie ma bouche avec le revers de ma manche et je souris à un inconnu à mes côtés qui me demande si je vais bien. 

Il commence à chanter, à gratter sa guitare. Une boule de chaleur m’envahit et grossit au creux de ventre. Je ressens un drôle de vertige — je suis à la fois captivée et fascinée par ses lèvres, sa voix, ses yeux, ses doigts sur les cordes, son corps qui bouge avec sa propre musique. Je ferme doucement les yeux, je me laisse bercer par les notes, les paroles et ce que tout mon être ressent dans le moment présent. 

Je me sens vibrer, comme mon âme qui décolle et vole. Je frissonne, mon cœur bat à la vitesse de l’éclair. Un mal de cœur s’empare de moi tellement je suis étourdie par lui. 

Le temps passe vite, son spectacle est déjà fini. Un étrange sentiment m’habite, comme un vide, une absence. Je termine mon verre et je scrute l’arrière-scène. Je trouve facilement comment m’y rendre subtilement. Je pousse quelques rideaux et je l’aperçois au fond d’une petite pièce. La porte est à moitié fermée, il boit une bière tranquillement. Je m’approche, il entend mes talons et lève les yeux. Je lui souris, lui aussi. Je me présente, il me dit d’entrer. Il est très attirant oui, mais c’est le timbre de sa voix qui me fait perdre tous les sens de mon corps. Je suis en transe pour sa bouche. 

On rit, on parle, il chante encore pour moi. Je m’approche de lui et je lui dis : « Tu sais comment venir me chercher, toi. ».

Il me regarde droit dans les yeux et me dit : « Ce serait plate de chercher pour te faire venir, en effet. »

La boule dans mon ventre explose. Mon corps s’élance vers le sien comme un aimant et ses mains se collent automatiquement à mes hanches. Il me retient fort, fermement, et penche sa tête vers la mienne pour m’embrasser.

Sa langue dans ma bouche réveille toutes les mers et les vagues endormies dans mon corps. J’ai le mal de mer ; je navigue entre les eaux de sa bouche. Mon cœur en coquillage lance un cri : c’est un écho éternel qui se crée entre nous deux.

Une de ses mains fait vibrer le rythme de ses doigts vers mon pantalon, je sens qu’il va jouer de moi et de mon corps comme d’un instrument. Sa main enveloppée entre mes jambes est inondée par la rivière de la boule de chaleur explosée. Je suis tellement excitée que j’ai peine et misère à retenir mon souffle.

Je jouis sur ses doigts qu’il vient ensuite porter à ma bouche. Mes mains coquines sentent qu’il est excité lui aussi. Je m’agenouille devant lui et je le prends dans ma bouche. Son sexe vient se lover au creux de ma gorge, comme les paroles de ses chansons. La musique de son corps résonne dans mon palais ; je veux l’ensorceler comme il a jeté un sort à mon ventre.

Il respire fort et souffle mon nom entre ses lèvres : « Petite grande tornade, tu me fais capoter. »

Et moi, affamée pour son corps, son sexe, sa voix, son odeur, son cœur et tout son être, je me relève devant lui et me penche vers l’avant pour le laisser entrer en moi. Je sens la tempête, les remous et la pluie infinie nous envahit tous les deux. Nos sexes mouillent et se mêlent en douce alchimie.

Bercés par l’excitation, nous jouissons en même temps, ses mains accrochées à mon bassin relevé pour lui laisser toute la place dont il a besoin pour me prendre, me pénétrer, se cacher dans les abysses de mon…

J’ouvre les yeux en sursaut, le gars à mes côtés me redemande si je vais bien : « Tu t’es endormie, on dirait… comme si tu étais dans la lune, ou je ne sais trop quoi. » Je lui souris et lui demande où est passé le chanteur qui n’est plus sur la scène. Il me fait signe qu’il est sorti derrière les rideaux. 

Je me lève et confiante, je sais exactement où porter mon corps pour le retrouver. Pour le retrouver comme une mélodie à mes oreilles, à ma bouche, à mes mains. Pour jouer la chanson de nos peaux, de nos cœurs, de notre vie. 

Photo Sebastian Kanczok

Retrouvailles

Fin de soirée. Nous sommes encore devant la télévision. Je te regarde du coin de l’œil, tes yeux se ferment constamment — tu essaies de te battre contre le sommeil qui t’envahit. 

C’est la routine de nos soirées d’amour : le retour du boulot, le souper, faire prendre le bain aux enfants et les coucher, la télé, les yeux fermés, les corps éloignés.

Est-ce que notre couple s’est perdu quelque part ? As-tu oublié l’effet de mes lèvres sur les tiennes ? Suis-je devenue un souvenir du passé ? As-tu encore envie de ma peau nue contre ton corps ?

Tu me dis que tu vas te coucher ; tu es trop fatigué. Tu m’embrasses sur le front, je souris. Cinq minutes à peine sont passées que je t’entends déjà ronfler. Du salon, j’entends aussi les enfants respirer tout doucement. Je suis seule, sur le divan, le visage éclairé par la lumière de l’écran de télévision. Je suis un peu fatiguée, mais je n’ai pas envie de me coucher. 

Je change le poste jusqu’à tomber sur un film pornographique. Mes yeux se réveillent, mes sens aussi. Ce n’est pas vraiment mon habitude de regarder ce genre de film, mais… le bas de mon ventre s’agite et se réchauffe rapidement.

J’observe attentivement les caresses et les corps entrelacés. Assise à cheval sur son partenaire et dos à lui, la femme fait serpenter tout doucement son bassin, comme une chatte. Elle aime ce qu’elle lui fait ; ses yeux s’enflamment et ses mains agrippées aux cuisses de l’homme le confirme bien. 

D’une main, il lui agrippe les cheveux, tandis que de l’autre, il claque ses fesses. Elle gémit et se lèche les lèvres, sa propre main va se lover entre ses jambes. La mienne aussi. 

Je m’agenouille sur mon sofa et m’agrippe à un coussin. Mes doigts sont déjà cachés en moi et je compte jouir en même temps qu’elle. J’accélère le rythme et je me frotte sur ma paume de main. 

À l’écran, mademoiselle ouvre la bouche et commence à râler. Je mords le coussin pour enterrer mon souffle – mais tu sors de la chambre à l’instant même. Coït interrompu. 

Je me sens ridicule — tu me souris. Tu ne dis rien et tu t’approches doucement de moi. Tu retires mon bas de pyjama et tu couches mon bassin près du rebord du divan. Tu t’agenouilles et ta tête vient se cacher entre mes cuisses. 

Ta langue au bas de mon ventre connait sa place ; malgré les semaines passées sans se caresser, ta bouche ne peut jamais m’oublier. Elle me sent, elle me goûte, elle me prend, elle me touche ; elle me reconnait. Toujours. 

Je me frotte sur ton visage et retiens ta tête ; je compte jouir sur ta bouche. Tu me fais du bien, tellement de bien. Ta langue navigue sur ma peau, entre et sort et caresse doucement toutes les petites cachettes secrètes. Tu lèves les yeux vers les miens, je jouis instantanément en tentant d’être le plus silencieuse possible. 

Malin comme tu es, tu sors ton sexe de ton pantalon et tu m’étends sur le sofa. Tu agrippes ma gorge et tu viens te lover au creux de cette dernière. Je te prends avec envie et désir. J’agrippe tes fesses pour pousser ton corps à aller plus loin en moi. Tu lâches un léger cri de satisfaction et je sens ton cœur battre sur ma langue. 

Quelques coups de bassin à peine et je sais que tu vas venir ; mes lèvres reconnaissent les pulsations de ton sexe — je sais toujours comment te satisfaire. Tu ouvres encore la bouche afin de râler de plaisir, mais je te pince une fesse pour te rappeler de conserver le silence.

Tu sors et jouis sur mes lèvres, ma nuque et mes seins. On se regarde et on se sourit. Tu viens pour m’embrasser, mais…

« Maman..? »

On rit doucement, tu me fais signe que tu vas t’en occuper. Tu me fais un clin d’œil en sortant du salon. Je lève les yeux vers la télévision et le film est terminé. Je l’éteins et je sors du salon en souriant.  

Photo Nadine Shaabana

Dernier envol

🖤 Audio de Dernier envol 🖤

Mon amour, mon hirondelle, ma reine des quatre saisons,

Si je t’écris aujourd’hui, c’est pour m’imprégner une dernière fois de toi et de nous. Mon cœur en sang, mes mots doux, ma colombe qui s’envole sans vœux exaucés, je me crève les yeux juste à penser que tu m’as échappé, que tu as glissé entre mes doigts fragiles et frêles.

Tu es partie au début du printemps, quand les tulipes commençaient à se pointer le bout du nez et que les journées s’allongeaient. Ton corps s’est dégourdi, comme ton cœur s’est alourdi. Je me suis affaibli.

Je me souviens de nos mains entremêlées dans ton lit. Tous deux nus, les peaux collées et avides de plus et jamais de moins. Quand tu me faisais l’amour, c’est le monde entier qui se dévoilait et s’ouvrait à moi. Comme tous les petits recoins des pétales d’une rose immortelle.

Ton corps.

Une œuvre d’art que je caresse encore en silence et en cachette, à distance, à m’imaginer ta peau glisser sur la mienne laissant son odeur entre mes pauvres doigts faibles et mes draps. Encore et encore. Mon ange d’une vie, ma femme fatale, mon âme qui vole et s’envole. Loin.

Tu me manques.

Ta façon de me regarder le matin. Le bout de tes seins qui pointent vers le ciel sous ton chandail. Les marques zébrées de ta peau, sous tes fesses, qui démontrent le corps d’une vraie et belle femme. Ton rire qui perce le silence du corridor de mon appartement vide sans toi. Tes yeux plongés dans les miens quand tu glisses ta langue sur mon sexe. Tes mains fines qui pianotent les notes de notre histoire d’amour sur mon ventre frissonnant. Ton esprit tout doux qui tourmente le mien. Ton intelligence qui me déstabilise. Ta fougue incroyable. Ton ambition sans fin et sans limites.

Je t’aime.

Notre amour, nous deux me manque.

Tes doigts dans ma bouche. Tes jambes qui emprisonnent mon corps. Tes fesses qui claquent sur mes hanches. Ton sexe qui mouille le mien. Tes orgasmes qui rejoignent les racines et l’essence même de mon âme. Ta langue qui frétille et dessine son chemin au travers mon esprit. Le bruit de nos corps parfaitement en communion qui fait trembler toutes les terres de la ville et du monde entier.

L’été va arriver, la finesse de tes jambes va se dévoiler. Ton corps allégé par la perte du mien. Ton âme légère et frivole qui va semer son cœur auprès d’autres papillons. Je resterai là, dans le cocon de notre amour à tisser et à pleurer nos beaux jours.

Je resterai là à t’attendre ma belle et douce amour d’une vie. De l’automne à l’hiver et au renouveau du printemps et des abeilles d’été, je t’attendrai ma beauté, ma douceur, ma princesse.

Je t’attendrai pour m’envoler auprès de toi une dernière fois.

Photo Sharon McCutcheon